Le pourcentage de firmes américaines offrant à leur employés une couverture médicale a chuté de 66% en 2002 à 61% en 2006
(Source: « Employer Health Benefits 2006 Annual Survey, » The Kaiser Family Foundation. )
SERMENT D’HIPPOCRATE Devant le refus de certains médecins de recevoir les bénéficiaires de la couverture maladie universelle, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations s’apprête à lancer un rappel à l’ordre
Qui veut encore soigner les pauvres ?
Article paru dans l’édition du 11.11.06 du Journal Le Monde
« […]Parmi les motifs invoqués pour expliquer les refus de soins figure en priorité la question financière. Les médecins de secteur 2 étant contraints de pratiquer les tarifs de la Sécurité sociale quand ils reçoivent des patients CMU, certains rechignent à multiplier ces consultations qui font baisser leur chiffre d’affaires.
Les réticences des praticiens se sont par ailleurs accentuées depuis la réforme de l’assurance-maladie de 2004, qui pénalise de 10 % les patients hors parcours de soin. Dans le cas des patients CMU, ces pénalités sont souvent défalquées des honoraires des praticiens. « Du coup, cette réforme a offert un nouveau prétexte aux médecins qui rechignent à soigner les pauvres pour ne pas le faire », déplore le docteur Philippe Foucras, fondateur du Comégas.
[…]Illégale et antidéontologique, la pratique du refus de soin pourrait toutefois prospérer tant les sanctions sont rares. Les caisses primaires d’assurance-maladie ne sont quasiment jamais saisies de plaintes de bénéficiaires de la CMU.
Le conseil de l’ordre n’a eu, pour sa part, connaissance que de deux sanctions disciplinaires, l’une se soldant par un blâme, l’autre par une interdiction de dispenser des soins pendant un mois. « La plupart des patients CMU n’ont ni le temps, ni les moyens d’engager des démarches, ils préfèrent se concentrer sur la recherche d’un médecin plus conciliant, souligne le docteur Foucras. Pour eux, se voir opposer un refus de soin, c’est malheureusement une exclusion qui s’ajoute aux autres. » »
(L’article était de Cécile Prieur)
Moi je ne suis pas parmi ces pauvres. J’ai de la chance, on me soigne, on est gentil, je ne fais pas tache aux yeux des médecins. Certes, parfois je vois bien dans les files d’attentes qu’il faudrait se déguiser en malade: des habits gais, un air de volonté farouche de ne pas avoir l’air malade, et vous êtes sur la touche: tout le monde veut vous passer devant. Si vous vous asseyez devant un comptoir, c’est tout juste si certains ne vous pousseraient pas du siège, le nez au dessus de vos papiers médicaux et de ce que l’assistante tape sur son ordinateur. Un détail amusant, corrigé depuis : un ordinateur était placé devant une vitre et son écran s’y reflétait: on pouvait tout lire des renseignements supposés confidentiels. Une femme traînait son ambulancier derrière elle depuis des heures. Le médecin lui a dit: c’est la dernière fois que je signe pour une ambulance! Elle aimait je crois avoir un esclave captif à ses côtés. Les malades ne sont pas toujours des anges. Parfois c’est eux qui ne veulent pas qu’un pauvre s’asseoie à côté d’eux dans la salle d’attente. Sinon, si les gens étaient plus charitables, il y aurait plus de médecins pour soigner les pauvres.
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