On dit, en s’appuyant sur le Talmud: il ya 613 commandements dans le judaïsme. Le problème, c’est comment savoir ce que c’est? Certains, de nos jours encore, s’appuient sur un livre du grand philosophe et théoricien du judaïsme que fut Maïmonide. Or, Maïmonide énonce au début de son traité certaines règles qui ont présidé à son choix pour faire sa liste. La première règle par exemple dit: « Il ne faut pas inclure dans cette liste des commandements d’origine rabbinique ». La règle qui nous intéresse ici est la troisième règle : »Il ne faut pas inclure dans cette énumération les commandements qui ne sont pas obligatoires à toute époque. » Il donne en exemple certaines règles concernant les déplacements dans le désert, avant l’arrivée en Terre promise. Eh bien, que faire aujourd’hui avec ces commandements concernant les esclaves, que Maïmonide (au XIIe siècle) a considérés comme non temporaires, alors qu’il est manifeste aujourd’hui que personne ne peut vouloir que l’esclavage soit une donnée éternelle? Exemple 232e, 233e, 234e, 235e. Il y en a une dizaine à peu près.
D’abord, nous pouvons dire que les esclaves étaient ou hébreux, ou cananéens. Il n’y a plus de cananéens. Quant aux Hébreux, ils ne vont plus se mettre en esclavage mutuellement. Enfin une société qui prend pour fondement de son identité juive la libération de l’esclavage ne peut vouloir que l’esclavage soit une donnée permanente. Enfin si le texte précise qu’on ne peut mettre en esclavage une femme avec qui on a eu des relations de tendresse, alors on peut dire que nul ne peut être mis en esclavage de nos jours où tout être humain a droit à des manifestations de tendresse amicale, amoureuse, familiale, ou simplement humaine. D’ailleurs même l’esclave cananéen devait être libéré, au nom de la célèbre règle « oeil pour oeil, dent pour dent, etc. », si son maître l’avait blessé, or on peut dire que par définition un maître d’esclave a toujours déjà blessé son esclave.
Si nous considérons que ces commandements ne devraient plus faire partie de la liste de Maïmonide, vu sa troisième règle et étant donné que nous ne saurions considérer l’esclavage comme une donnée éternelle, alors il faut trouver une dizaine de nouveaux commandements, tirés de la Bible, pour les remplacer et retrouver ce chiffre de 613 commandements à vocation, selon Maïmonide, intemporelle.
Mais on pourrait aussi penser que la liste des commandements pourrait ne pas respecter la troisième règle de Maïmonide, et qu’on se doit de regarder ces commandements comme n’étant pas tous à valeur intemporelle.
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