Quelques extraits: Chapitre un: »Si loin que vous alliez, si haut que vous montiez, il vous faut commencer par un simple pas. »
Chapitre sept: « Au milieu de l’océan de l’encre, il faut établir fermement l’esprit; à la pointe du pinceau, que s’affirme et surgisse la vie ; sur la surface de la peinture s’opère une complète métamorphose; au milieu du chaos s’installe et jaillit la lumière!
A ce point, quand bien même le pinceau, l’encre, la peinture, tout s’abolirait, le Moi subsiterait encore, existant par lui-même. Car c’est moi qui m’exprime au moyen de l’encre, et non l’encre qui est expressive par elle-même; c’est moi qui trace au moyen du pinceau, et non le pinceau qui trace de lui-même. J’accouche de ma création, ce n’est pas elle qui pourrait accoucher d’elle-même. »
Chapitre 15: « Quand l’homme se laisse aveugler par les choses, il se commet avec la poussière. Quand l’homme se laisse dominer par les choses, son coeur se trouble. Un coeur troublé ne peut produire qu’une peinture laborieuse et raide, et conduit à sa propre destruction. Quand ténèbres et poussière contaminent le pinceau et l’encre, c’est la paralysie. »
Tiré de Shitao, Les propos sur la peinture du moine Citrouille-Amère. Traduction et commentaire de Pierre Ryckmans, Plon, réédition 2006.
Oui mais qui est celui qui peut dire « Je »? Quel est ce je qui en moi est à la source de ma pensée, à la source de la création? Certains ont réussi à ouvrir en eux des portes qui ont conduit le ciel à ouvrir les siennes, et un « je » merveilleux nous regarde par leurs yeux, et parfois ils arrivent à peindre ce que ce regard voit, au lieu de s’abolir totalement dans ce regard.
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