Les terroristes rencontrent des revers considérables en ce moment. Ainsi, en Irak, la sécurisation en bonne voie de la ville de Bagdad, notamment, conduit les terroristes à martyriser de multiples Oradour, petits villages des campagnes, pour masquer par des chiffres macabres leurs difficultés actuelles. En Algérie aussi, les terroristes perdent le terrain. Voici un article du journal Liberté, quotidien algérien.
Editorial (Jeudi 16 Août 2007) du journal Liberté
« Un coup d’épée dans l’eau »
Par :N. Setbi
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« Outre le besoin de s’affirmer comme acteur dans l’équation sécuritaire, le GSPC, à travers l’attentat contre l’ancien “émir” de l’AIS, vise aussi un symbole, celui du repentir.
L’attentat terroriste qui a ciblé mardi Mustapha Kertali, lui-même ancien terroriste, faut-il le rappeler, n’est pas fortuit dans son timing. Il s’est produit, en effet, dans un contexte sécuritaire marqué par une offensive tous azimuts de l’armée contre les maquis islamistes en Kabylie, au centre et à l’est du pays.
Cette offensive, où des moyens de lutte sophistiqués, tels que le matériel de vision nocturne, sont mis en œuvre, s’est soldée par un bilan catastrophique des groupes armés en pleine déroute. Devant une telle situation, où pertes humaines se conjuguent avec tarissement du recrutement, il était prévisible que le GSPC fasse un acte spectaculaire, sorte de diversion pour dissimuler sa perte de vitesse sur le terrain et surtout faire croire qu’il est maître de la situation. Mustapha Kertali, qui reste tout de même une des figures emblématiques de la mouvance islamiste, est une cible privilégiée pour le GSPC dans sa quête à vouloir renverser la vapeur, au moment où les médias nationaux et internationaux rapportent quotidiennement ses revers.
Mais outre le besoin de s’affirmer comme acteur dans l’équation sécuritaire, le GSPC, à travers l’attentat contre l’ancien “émir” de l’AIS, vise aussi un symbole, celui du repentir. De la part des commanditaires de l’attentat, c’est une manière de signifier à ceux qui endurent le calvaire dans les maquis, comme en témoignent les aveux de Mossâab Abou Daoud, que la tentation de la reddition pourrait en faire des cibles d’attentats en guise de représailles. Mais d’autres attentats contre, aussi bien des anonymes ou des figures connues, ne changeront strictement rien à la situation des groupes armés résiduels qui ont bel et bien consommé leur défaite. Leurs chefs sont les premiers à le savoir même s’ils persistent dans leur jusqu’au-boutisme. Et de là à estimer que l’attentat contre Kertali plomberait la réconciliation nationale, cela reviendrait à se méprendre sur ce processus, trop ancré dans la société qui y adhère pleinement, pour être remis en cause par un attentat, aussi spectaculaire qu’il soit. C’est que l’Algérie a décidé de passer à autre chose. »
N. S.
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