Pourtant l’Islam de France en particulier nous a habitués au respect mutuel des musulmans quelle que soit leur provenance. On en veut pour preuve cette video ci-dessus qui reprend une émission de dimanche matin, sur Cheik Ahmadou Bamba et les Mourides.

Mais apparemment il arrive que certains veuillent se croire plus « arabes » que d’autres du simple fait qu’ils persécutent et massacrent ceux qu’ils identifient comme « noirs et non arabes », que ceux-ci soient musulmans ou chrétiens. C’est le cas à l’est du Tchad, où s’exportent les milices qui sévissent au Soudan pour piller, violer et massacrer.

Le village de Um Zeifa au Darfour est détruit par les JanjawidsPendant plusieurs siècles (du VIe au XVIe siècle), la nation soudanaise s’est façonné une double identité, d’abord chrétienne, puis arabo-musulmane. En effet, deux royaumes chrétiens se constituèrent vers le VIe siècle: le royaume de Dongola qui s’étendait d’Assouan à Khartoum et celui d’Aloa, au sud de Khartoum. Vers 640, la conquête de l’Égypte par les Arabes coupa ces royaumes du reste du monde chrétien. Les catholiques continuèrent cependant de subsister au sud du Soudan, alors que les autres communautés disparurent partout au Maghreb (Algérie-Maroc-Tunisie) et dans la péninsule Arabique. Puis une histoire riche en péripéties montra qu’une frontière cruciale entre le monde chrétien et le monde musulman passait au travers du Soudan.

L’histoire récente du Soudan, avec la volonté du pouvoir d’Etat pendant un temps de détruire totalement tout christianisme en contraignant le Sud à l’Islam, pourrait faire croire que ceux du Nord qui se disent Arabes se sont opposés à ceux du Sud parce que ceux-ci étaient pour une bonne part chrétiens, protestants ou catholiques. Mais ce qui se passe ces derniers temps du côté du Tchad raconte encore une autre histoire. Ces agressions qu’on aurait pu croire religieuses et tendant à l’écrasement des chrétiens au nom de l’islamisme, s’avèrent véritablement dirigées contre les noirs identifiés comme « non arabes », même quand ils sont musulmans.

Un survivant de l’attaque contre Bir Kedouas, au Tchad, de 2006 a relaté la mort d’Abdelkarim Abdulaye, l’imam local, âgé de soixante-dix ans: «Aux environs de 10 heures, la population était au village quand les Janjawids [milices fascistes venues du Soudan, plutôt soutenues par le gouvernement soudanais, et qui ne recontrent pas de résistance de la part du gouvernement tchadien] sont arrivés, ils étaient plus de 300, et ils étaient composés de trois colonnes et se dirigeaient dans des directions différentes, ils poussaient des youyous, ils criaient “nous sommes venus pour tuer les esclaves noirs”, ils sont rentrés dans les maisons et ont poursuivi les gens qui essayaient de fuir. Je courais à côté de l’imam qui était très âgé. Il a été atteint par quatre balles qui l’ont touché au dos et à la jambe. Ils ont ensuite mis le feu au village, seules 10 d’entre les 100 maisons ont été épargnées. Les gens se sont réfugiés dans le village de Muruske.» (Source: le rapport d’Amnesty International de 2007 sur le Tchad)

 Par ailleurs, des indications un peu précises sur l’évolution des sols et des cultures au Soudan montre que le Sud du Soudan peut susciter une sorte de convoitise de la part du Nord, pour sa relative richesse, et que mettre cette région du Sud au pas est une tentation forte pour le Nord qui voit que sa dépendance vis-à-vis du Sud sur le plan des approvisionnements est destinée à croître.

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      « Les inondations les plus dévastatrices sont celles du Nil bleu, qui sont causées par le déboisement et le surpâturage dans le bassin versant supérieur du fleuve. L’érosion des berges dues à la dégradation du bassin hydrographique et aux inondations qui s’ensuivent est particulièrement forte et destructrice le long de la bande fertile en bordure du Nil.
      « Le PNUE prévoit que les lâchers d’eau pulsés à partir du nouveau barrage de Méroé deviendront une cause majeure d’érosion des berges du Nil principal en aval », constate le rapport.Une gestion durable de l’agriculture, le plus important secteur économique du Soudan procurerait des avantages importants.
      « La culture pluviale mécanisée, désorganisée et mal gérée, qui couvre une superficie estimée à 6,5 millions d’hectares, a eu un effet particulièrement destructeur, entraînant une déforestation massive, la destruction de la faune et de la flore, et une forte dégradation des terres », constate le rapport.Déplacement de la population
      On compte cinq millions de déplacés internes et de réfugiés au Soudan. La dégradation de l’environnement est l’un des facteurs contribuant au déplacement de la population, l’environnement étant fragilisé encore davantage par le seul volume de déplacés et de réfugiés présents dans certaines régions.Les impacts environnementaux de nombreux camps sont importants, notamment du point de vue du déboisement pour l’alimentation en bois de chauffage. L’étude du PNUE a constaté qu’on pouvait observer un déboisement important jusqu’à 10 km des camps au Darfour. La situation est aggravée par la fabrication de briques dans certains camps.
      Il faut un gros arbre pour alimenter le feu nécessaire à la fabrication de 3 000 briques environ. En outre, l’extraction de l’argile nécessaire à la fabrication des briques peut endommager les arbres en exposant les racines, et créer également des fosses où l’eau s’accumule et les moustiques prospèrent.
      « Il est possible que certains camps du Darfour viennent à manquer de bois de chauffage utilisable dans un rayon faisable à pied, ce qui entraînera de sérieuses pénuries de combustible », constate le rapport.Le retour des déplacés dans leurs villages d’origine est indubitablement un objectif louable mais, selon le rapport, cela risque d’être impossible dans certaines régions du fait que la dégradation de l’environnement est trop avancée.Une analyse préliminaire de la durabilité environnementale de certains États, réalisée par le PNUE, indique que « la situation au Darfour est particulièrement claire ». De nombreuses régions du Nord-Darfour et du Darfour occidental sont victimes d’une désertification et d’une dégradation des terres accélérées. Les autres États confrontés à des problèmes similaires sont le Sud-Kordofan, le Kassala oriental, le Nil bleu septentrional, le Nil supérieur septentrional et le nord de l’État Unity.
      « Dans la majeure partie du Sud-Soudan, la situation est relativement positive du fait que les précipitations plus importantes assurent une meilleure productivité agricole », constate l’étude du PNUE.Les forêts
      Au Soudan, les forêts sont en train de disparaître avec une grande rapidité. Le couvert forestier a diminué de 11,6 pour cent depuis 1990, ce qui représente environ 8,8 millions d’hectares.
      L’agriculture sur brûlis et les demandes en énergie en sont essentiellement responsables. Le PNUE estime que les besoins en bois de chauffage se situaient autour de 27 à 30 millions de mètres cubes en 2006.
      « Au niveau régional, deux tiers des forêts du nord, du centre et de l’est du Soudan ont disparu entre 1972 et 2001. Le Darfour a perdu un tiers de son couvert forestier entre 1973 et 2006. Il est estimé que le Sud-Soudan a perdu 40 pour cent de ses forêts depuis l’indépendance et le déboisement se poursuit », constate le rapport.Une étude complémentaire de l’ICRAF, le Centre international pour la recherche en agroforesterie, commandée par le PNUE pour le rapport, indique que le Soudan a perdu 30 pour cent de ses forêts depuis l’indépendance, la majorité des forêts du nord ayant déjà disparu.
      À Timbisquo et Um Chelluta, deux sites au Sud-Darfour, les taux annuels de déboisement sont respectivement de 1,3 et 1,2 pour cent. Globalement, le taux de déboisement des forêts naturelles au Soudan pourrait approcher les deux pour cent par an.La demande de charbon est signalée comme une question névralgique et une source potentielle de conflit entre le Nord et le Sud Soudan, ainsi qu’au Darfour.
      Le PNUE prévoit que dans cinq à dix ans, les États du nord du Soudan pourront obtenir des approvisionnements suffisants en charbon uniquement du Sud Soudan et du Darfour, car toutes les autres réserves importantes auront été épuisées », constate le rapport. (Source: Notre planète-info)

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