Dans un article paru le 6 décembre dans le New york Times le journaliste Machael R. Gordon analyse le développement des opérations d’un groupe qui se fait appeler « Al Qaida en Mésopotamie ». On voit que récemment une certaine paix s’est installée en Irak, que certains analystes disent risquer de n’être qu’une simple trève, dans la mesure où les tribus sunnites et autres qui se sont engagés dans la lutte contre Al Qaida, après avoir été souvent parties prenantes de l’insurrection, attendent du gouvernement des emplois d’Etat, tandis que le gouvernement hésite un peu à donner des armes d’Etat à des troupes nouvelles qui il y a peu frappaient d’attaques meurtrières les shiites. Ces derniers étant moins attaqués ont à leur tour cessé leurs attaques: on semble assister à un cercle vertueux, même si l’on peut craindre de nouveaux affrontements si les tribus n’obtiennent pas satisfaction. On voit que ce qui est en jeu est notamment une question de confiance. Les insurgés d’Al Qaida, dans le Nord de l’Irak, autour de Mossoul, où ils se sont déplacés, après avoir été battus malgré de multiples assassinats de chefs de tribus sunnites, se financent par les réserves de pétrole qu’ils détournent, et des fonds provenant d’autres entreprises. De plus ils font, avec la complicité des autorités locales, du trafic de maisons. Il semble que 60 % des insurgés sont des Lybiens ou des Saoudiens.
Le chef parfois appelé l’émir de ces insurgés se nomme Abu Ayyub al-Masri (en arabe أبو أيّوب المصري ), on dit qu’il est né en Egypte en 1967 mais parfois on le dit tunisien, d’autres fois égyptien. On a dit à plusieurs reprises qu’il était mort, en 2006, en mai 2007, et fin septembre 2007.
Dans un article récent (Nassirya : 22 / 11/2007) on rapporte également une forte activité de tribus shiites, celles-ci, pour lutter contre les manoeuvres de l’Iran en Irak. Extrait de cet article:
« Un rassemblement « des tribus chiites du sud d’Irak » accuse l’Iran et ses agents locaux de crimes dans les provinces du sud et réclame de l’ONU l’envoi d’une mission d’enquête !
Un communiqué émanant « d’un rassemblement des chefs de tribus chiites » a dénoncé ce qu’il appelle « les crimes commis par le régime iranien en Irak au cours des quatre dernières années ». Ce rassemblement se dénomme « Rassemblement National Indépendant des Tribus chiites du sud d’Irak ».
Le communiqué, signé par plus de 300.000 citoyens des provinces du sud, dont des religieux, des intellectuels et des chefs de tribus, accuse le régime iranien d’exercer sa terreur et d’alimenter le désordre et l’insécurité dans les régions du centre et du sud du pays.
Ce communiqué constitue la plus grave condamnation de l’infiltration iranienne en Irak, émanant du sud du pays à majorité chiite. Il réclame l’intervention des Nations Unies pour enquêter sur les crimes du régime iranien dans le sud d’Irak.
« Les coups les plus durs qui nous ont été assénés à l’aide de couteaux empoisonnés, c’est quand le régime iranien a instrumentalisé honteusement le confessionnalisme pour parvenir à ses objectifs vils » déclare le communiqué. Et d’accuser ouvertement Téhéran d’exécuter un plan de partition de l’Irak : « les iraniens s’attaquent maintenant à nos intérêts nationaux fondamentaux et commencent à exécuter un plan de partition de l’Irak et la scission des provinces du sud de notre mère patrie ».
Poursuivant, le communiqué signale que parmi les signataires, il y a 14 chefs religieux, 600 chefs de tribus, 1250 avocats et juristes, 2200 médecins, ingénieurs et universitaires et 25 femmes. Cependant il n’a mentionné ni les noms des tribus, ni ceux des signataires.
Le Communiqué réclame aussi la démission du gouvernement Maliki et la formation d’un gouvernement sous la présidence de Yad Allaoui.
Il faut signaler que les différents s’exacerbent entre les divers groupes chiites au sud et se transforment souvent en confrontations armées dans nombre de villes, telles que Dywania, Kerbela et Bassora. Les partisans de Moktada Sadr, qui font l’objet d’une campagne d’arrestations et de liquidations, accusent de plus en plus l’Iran et certains de ses agents en Irak, tel que le Conseil de la révolution de Abdel Aziz Hakim, de procéder à l’élimination des courants patriotiques et arabes, en préambule à la scission des provinces du centre et du sud et leur passage sous domination iranienne.
Rappelons que les Etats-Unis, certaines formations politiques irakiennes ainsi que des pays arabes, accusent l’Iran d’alimenter les conflits interconfessionnels et de soutenir des courants extrémistes de tout bord, alors que certains hommes politiques irakiens proches de l’Iran, soutiennent que ce dernier ne fait qu’exercer son droit d’autodéfense face aux menaces américaines.
D’autre part, certaines sources tribales au sud de l’Irak, ont exprimé leur intension de constituer des « Majales Assahoua ou Conseils d’Eveil »- (Conseils tribaux, financés et armés par l’occupant -NDT). Certains volontaires de Nassirya ont affirmé que des chefs de tribus distribuaient des formulaires aux jeunes candidats volontaires. Mais des sources proches du gouvernement Malki ont déclaré que ce dernier n’avait pas l’intention de constituer de tels conseils dans le centre et le sud du pays.
Pour sa part, Sharwan Al Waîli, a démenti que quelqu’un ait été chargé, dans le sud et particulièrement à Nassirya, de constituer de tels conseils, ajoutant que c’est tout simplement de l’arnaque puisque le formulaire destiné au volontariat était vendu entre 25 et 50.000 dinars. »
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