Les Lambertistes sont une figure du paysage français. Eux-mêmes ne s’appellent pas ainsi. Leur dirigeant montra une vision tellement stratégique de la politique, me semble-t-il, que les idées elles-mêmes finirent par ne plus être très importantes. Ses positions pendant la guerre, bien qu’il fût né juif, poussèrent très loin le mépris de toute différenciation entre la droite et l’extrême-droite, et encore aujourd’hui on voit bien que les héritiers politiques de Louis Lambert ne répugnent pas tant que ça à des alliances avec des groupuscules douteux, plus « rouges-bruns » que vraiment lepénistes. Mais il est vrai qu’on peut toujours se demander qui est lambertiste: on voit souvent manier cette étiquette de façon un peu légère, avec une sorte de paranoïa pouvant conduire à bien des injustices.
Extrait d’un article sur les lambertistes et Pierre Lambert : « Durant la guerre et sous l’occupation, les trotskistes sont émiettés, désorientés, perdus. Le principal dirigeant, Testu (Henri Molinier), ne « voit de solution que dans les organisations fascistes et staliniennes qui naîtront du triomphe du pacte germano-soviétique ». Testu préconise jusqu’en 1941 de poursuivre le travail d’entrisme, mais aussi dorénavant dans certains mouvements collaborationnistes. Une petite fraction clandestine pénètre le Rassemblement national populaire de Marcel Déat (Testu y aurait même pris, selon certaines sources, la parole lors d’un meeting). En 1940-1941, Lambert, futur dirigeant de l’OCI, s’oppose clairement et nettement à l’orientation de Testu et milite sur des positions internationalistes. Il est l’auteur notamment, sous pseudonyme, d’articles sur les processus militaires de la guerre en cours.
- En 1943, Pierre Boussel, dit Lambert, est exclu avec sa compagne pour avoir tenté d’organiser des jeunes stagiaires pour le compte de l’opposition interne. Il demande alors son adhésion, en décembre 1943, à un autre groupe : le Parti ouvrier internationaliste (POI) qui développe surtout une action de reconstruction des syndicats ouvriers clandestins et de fraternisation avec les travailleurs allemands sous l’uniforme, ainsi que contre la Collaboration, le gouvernement de Vichy, le patronat et les nazis. D’autres membres du POI et des militants trotskistes participent activement aux maquis de la Résistance.
« Derrière un soldat « nazi » se cache un travailleur allemand ! » explique la thèse de ralliement. Le POI sera en effet le seul parti politique qui essaiera, durant cette guerre, de favoriser la fraternisation internationaliste contre les nazis et Vichy. Il paiera cette action de la mort par la hache de nombreux militants tant allemands que francais (groupe dit « Widelin » qui publiait le journal en langue allemande « Arbeiter und Soldat »- traduction: « Ouvrier et Soldat »).
Deux militants trotskistes en Bretagne – Gueguen et Bourhis – sont parmi les otages de Châteaubriant en 1941. D’autres militants sont pris pour le STO, d’autres sont victimes de la fureur de la Gestapo (surtout les militants trotskistes allemands, soldats et marins), d’autres encore meurent en camp de concentration ( Source: Quelques enseignements de notre Histoire- Éditions Selio).
- Janvier 1944 : les groupes trotskistes s’unifient dans le Parti communiste internationaliste (PCI), section française de la quatrième internationale, dont l’organe est La Vérité, pour qui « le fascisme est le fruit naturel du capitalisme, et on ne peut le finir qu’en abattant le capitalisme ». Le PCI se démarque notamment en se prononçant contre l’union sacrée aussi bien extérieure (les Alliés et l’URSS) qu’intérieure (De Gaulle et le PCF). Cette attitude leur vaudra l’inimitié farouche du PCF qui les qualifie d’« hitléro-trotskistes » dans sa presse et ses tracts. »
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