Voici un texte assez terrible sur la mort et l’enterrement.
« Question des cimetières musulmans en Suisse
Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh
Docteur en droit, responsable du droit arabe et musulman
Institut suisse de droit comparé, Lausanne, Suisse »
[…]
Le droit musulman partage le monde sur la base de la religion. Il y a d’un côté la Terre de l’Islam (dar al-islam) et de l’autre, la Terre de la guerre (dar al-harb), appelée, souvent la Terre de la mécréance (dar al-kufr), qui peut bénéficier d’un traité de paix temporaire devant ainsi Terre de traité (dar ahd). Mais un jour ou l’autre, elle doit tomber sous le pouvoir musulman. A l’intérieur de la Terre d’Islam, on retrouve une autre division religieuse. Il y a les musulmans, les Gens du livre (juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens et samaritains) qui ont le droit de vivre en Terre d’Islam avec des restrictions notamment en matière de liberté religieuse et de droit de famille. Les musulmans les tolèrent avec l’espoir de les voir un jour se convertir à l’islam. Ceux qui n’appartiennent pas à ces deux catégories, à savoir les polythéistes, n’ont pas le droit de vivre en Terre d’Islam, selon le droit musulman classique. D’autre part, il ne peut exister dans la péninsule arabique que des musulmans. Ce système n’a pas totalement disparu même s’il a connu des modifications à travers les siècles. Ainsi il y a des chrétiens qui travaillent en Arabie, mais ils n’ont pas le droit d’y pratiquer leur religion. En règle générale, le musulman doit vivre dans la Terre de l’Islam, et ne peut se rendre dans la Terre de la mécréance qu’en cas de nécessité. Le droit musulman prescrit entre les morts la division qui existe entre les vivants. Les musulmans doivent être enterrés dans un cimetière qui leur est propre, et il est interdit d’enterrer un mécréant avec eux. Selon Mahomet, le mort subit le châtiment ou jouit de la félicité déjà dans la tombe. De ce fait, il faut éviter de mettre un croyant près d’un mécréant pour qu’il ne souffre pas de son voisinage. Mahomet aurait dit aussi: « Je suis quitte de tout musulman qui est avec un polythéiste »[5]. Si une chrétienne meurt enceinte des oeuvres d’un musulman, elle doit être enterrée dans un lieu à part, ni dans le cimetière des musulmans (pour que ces derniers ne subissent pas un préjudice par sa présence), ni dans celui des chrétiens (pour que l’enfant, supposé musulman, ne subisse pas un préjudice par leur présence)[6]. L’apostat est jeté dans une fosse « comme on jette un chien ». Et s’il a un parent musulman, il serait préférable de le lui laisser pour le laver comme on lave une robe impure et l’enrouler dans un habit usé[7]. Quant aux suicidés et condamnés à mort pour une autre raison que l’apostasie, ils sont enterrés dans le cimetière musulman, mais l’imam en personne ne priera pas pour eux en signe de désapprobation de leurs délits[8]. Le mécréant est enterré dans le cimetière des mécréants. Un musulman ne s’occupera de son père mécréant que s’il n’y a personne d’autre. Il ne priera pas pour lui. Le Coran ordonne: « Ne prie jamais pour l’un d’entre eux quand il est mort, ne t’arrête pas devant sa tombe. Ils ont été incrédules envers Dieu et son Prophète et ils sont morts pervers » (9:84)[9]. Il est interdit d’enterrer un mécréant en Arabie. Et si on l’y enterre, on doit l’exhumer et le rapatrier parce que, selon Mawerdi, « l’inhumation équivaut à un séjour à demeure »[…] »
Voilà un texte très cru et à mes yeux très violent. Je sais que tout le monde ne pense pas cela et que seuls les islamistes partagent la Terre ainsi en deux zones, la terre de domination musulmane et la terre de guerre. Les autres musulmans parlent d’une troisième terre, celle de la paix, ceele des pays avec lesquels on est non pas en trêve mais bien en paix.
Je voudrais dire cependant que chez les Juifs et chez les chrétiens aussi il y a eu (il y a …) parfois des comportements très durs quand il s’agit d’enterrer les morts. Tout particulièrement quand il s’agit des suicidés. Heureusement en particulier qu’il existe en France un judaïsme libéral pour s’occuper d’enterrer avec le respect nécessaire, et près de sa famille, celui qui malheureusement s’est suicidé. Il est important que les religieux réfléchissent à ceci: « Comment pouvons nous traiter les humains aussi humainement que les athées et les déistes? » Sinon tous ceux qui réfléchissent un peu continueraient à fuir les lieux de culte et la pratique religieuse disparaîtrait.
Je donne à ce sujet un extrait d’un article qui évoque le problème: » [certains] ne veulent pas enterrer les morts dans des conditions “particulières” (la loi juive oblige d’enterrer un corps à part dans un cimetière). Le judaïsme voit dans le suicide un des péchés les plus graves. Le suicide a toujours été interdit par la loi juive à l’exception de trois cas bien précis : si quelqu’un est forcé par autrui à commettre un meurtre, s’il est forcé à commettre un acte d’idolâtrie, ou s’il est forcé à commettre un adultère ou un inceste. Dans ces trois cas seulement, le suicide est permis. En 2007, le journal Yedioth a mis une information sur ce sujet uniquement dans une page intérieure du journal. Selon un texte de référence, “le Judaïsme enseigne catégoriquement le principe selon lequel l’homme n’est pas habilité à porter atteinte à soi-même (“ein adam rachaï lehabel beatsmo”, Traité Baba Qama, 91 b); cela est aussi clair dans la Michna que dans le Talmud, dit le Maguid Michna (sur Michné Torah, Hilkhot hahovel ve hamézik, 5, 1)”. »
Extrait de Israelnews
Soyons humains. D’ailleurs qui est bien sûr que vivre confortablement chez nous ne suppose pas de soutenir quelque part sur terre une politique qui conduit au meurtre, par exemple dans la mesure où un enfant meurt de faim sur terre toutes les quinze secondes? N’est-ce pas cela se livrer à un acte d’idolâtrie, vivre en soutenant un système économique planétaire qui comme un dieu Moloch inclut que des millions d’enfants meurent de faim? Alors ne pourrait-on pas pardonner voire disculper .ceux qui ne supportent plus la vie non pas dans l’absolu, mais dans un système social de ce genre? Pour ma part j’espère au contraire vivre assez longtemps, le plus longtemps possible, pour essayer avec les autres d’éradiquer la misère de la planète, et un jour me dire et dire à la fin des repas : « Aujourd’hui que je suis vieille, je ne vois plus de juste manquer de nourriture ni envoyer ses fils mendier »
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