Jean-Frédéric Neuburger s’est passionné pour un travail avec de jeunes musiciens, et a même mis la main à la pâte au cours des répétitions, comme ici sur ces photos dans Ouest France de Jean-Frédéric Neuburger au synthétiseur (et des autres musiciens, et aussi de Jean-Frédéric Neuburger avec René MArtin)
Voici un article sur cette expérience dans le journal Presse Océan:
« Paru dans l’édition du mardi 29 janvier 2008
Schubert rattrapé par le rap !
Le groupe Tchi-Tchi lors du filage de l’atelier des trois coups de la Folle journée 2008. Ils jouent ce soir à 19 heures au Pole Campus et demain à la cité des Congrès : Photo : Arnaud Jaffré
Ce soir et demain, la Folle Journée démarre avec six groupes de musique actuelles. Ceux-là ont transcrit Franz Schubert sur leurs instruments électriques. Ça va cartonner !
C’est du René Martin pur jus. L’homme qui voulait construire des passerelles entre U2 et Beethoven, Radiohead et Stravinski, Schubert et la fine fleur musicale de la scène nantaise, a réussi son pari. Durant deux mois, les formations Rapacité (rap), les Vilains Voisins (rock), Tchi-Tchi (jazz), Amnesia (rock), Moody Nation (électro-pop), Spoonlight (pop rock) ont oeuvré dans l’ombre et travaillé avec un pianiste. Jean-Frédéric Neuburger, jeune prodige de 21 ans, lancé depuis trois ans sur la scène internationale, a ainsi été choisi par René Martin, le créateur de la Folle Journée, pour réaliser cette incroyable expérience. « Mon but est d’améliorer l’effet sonore et de proposer des solutions stylistiques adaptées », indiquait ce pianiste lors des répétitions (nos éditions du 13 janvier) à la Maison de quartier de Doulon.« Le plus populaire de tous »
Ce soir au Campus de Nantes (lire encadré), les six formations vont se lancer à l’assaut d’un public inconnu et surtout jouer un musicien qu’ils ne connaissaient pas auparavant. Franz Schubert, un monstre sacré de la musique classique, un Viennois, mort à 31 ans en 1828, « le plus populaire de tous », assure René Martin.
Schubert, on l’imagine, aurait apprécié cette fusion entre deux mondes et entendre Les Vilains Voisins revisiter sa « Symphonie n° 8 en si mineur D. 759 » ou la clique aux Spoonlight s’enflammer sur son époustouflant « Ständchen » (Sérénade). « J’ai toujours été préoccupé de provoquer des rencontres », confie René Martin, quand on lui demande le pourquoi de telle idée. « Le vrai drame, c’est lorsque les gens n’ont pas la chance de la rencontre qui peut faire changer votre vie. De l’avoir vécu, ça me permet d’y croire », dit encore celui qui fut ébloui en découvrant le musicien Bartok à l’âge de 17 ans.
Des heures de travail
Alors, il est heureux, ravi, d’avoir réussi à convaincre de jeunes musiciens, issus du rap ou de l’électro, de la pop et du jazz, d’écouter Schubert. « Dès le mois d’avril dernier, on leur a fait écouter cette musique. Ils ont choisi sur des compilations. Durant plusieurs mois, on a fait un vrai travail de transcription dans leurs locaux de répétition. On n’est pas des faiseurs ! Pour donner un seul concert, ce sont des heures et des heures de travail. Je suis très admiratif de ce qu’ils ont fait. » La première cerise sur le gâteau, ce sera ce soir devant d’autres étudiants. Le lendemain, direction la Cité des Congrès, là même où vont se côtoyer les plus grands musiciens de ce monde. La Folle Journée ne fait que commencer et se poursuit jusqu’au 3 février. »
Stéphane Pajot
Laisser un commentaire