J’habite au Kremlin-Bicêtre et ici nous nous enorgueillissions de notre voisin le dernier poilu, Lazare Ponticelli. Le dernier poilu a accepté une cérémonie nationale à sa mort «si c’est dans la dignité, sans tapage important, ni de grand défilé», en souhaitant «une messe aux Invalides en hommage à mes camarades morts dans cette horreur de la guerre et auxquels j’ai promis de ne jamais les oublier».
Lazare Ponticelli, d’origine italienne et naturalisé Français en 1939, a voulu par ailleurs être inhumé dans le caveau familial au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).
Le Kremlin-Bicêtre est une ville de gauche et il était bien de chez nous, avec sa passion pour dire sa révolte devant la guerre, devant cette horrible machine qui nous pousse à tuer sans raison quelqu’un que nous ne connaissons pas, qui pourrait être notre ami, qui pense à ses enfants et voudrait bien les revoir, comme nous voudrions bien revoir nos propres enfants.
Je m’étais juré d’attendre la mort du dernier poilu avant de dire tout le mal que je pensais de cette guerre de 14-18. C’est trop difficile de dire devant des gens qui se sont battus dans de telles circonstances que cette guerre était inutile et nuisible, qu’elle a servi de prétexte pour instaurer une véritable dictature en France à cette période, qu’elle a habitué la démocratie à se nourrir de propagande et de fanatisme. Il faut ajouter que des deux « démocraties », la française et l’allemande, les Allemands ont remporté, de peu sans doute, la palme de la barbarie, en y expérimentant les gaz, déjà. Quelle sinistre ironie de l’histoire que le message logique de ceux qui ont vécu cette période, « Plus jamais ça », soit devenu l’alibi chez certains pour tout laisser faire à Hitler, le continuateur de cette folle machine moderne à tuer les hommes et à les gazer.
Alors sans oublier la noblesse de ces soldats faisons l’effort de travailler très fort à connaître vraiment l’histoire de notre pays, et des pays d’Europe, entre 1914 et 1918 pour voir comment la démocratie peut devenir en si peu de temps une dictature censurant la pensée dans tous les domaines, censurant les lettres des soldats comme les articles de philosophes, et traitant au combat les soldats comme des robots ou comme des bêtes, que l’on s’autorise à droguer même pour en faire de la chair à canon aussi décérébrée que possible. et que l’anticommunisme encore si virulent ne serve pas à étouffer indéfiniment toute réflexion sur ceux qui ont bâti sur l’anti-communisme le fascisme multiforme et tentaculaire du XXe siècle, y compris la CIA du Viet Nam et le Ben Laden de l’Afghanistan.
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