La Chine fait quelques efforts pour influer sur le Soudan dans le sens de l’ONU.
le 9/4/2007 à 23h21 par AFP
« La Chine a conseillé lundi au Soudan « plus de souplesse » sur un plan de l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, destiné à renforcer les opérations de maintien de la paix au Darfour.« La Chine apprécie les efforts du Soudan pour ramener la paix au Darfour mais espère plus de souplesse sur le plan Annan », a déclaré à des journalistes l’émissaire chinois Zhai Jun, à l’issue d’une visite de trois jours au Soudan.
M. Annan a proposé l’an dernier un plan prévoyant d’associer l’ONU à la mission de l’Union africaine (UA) au Darfour dans une force « hybride », une idée rejetée par Khartoum.
« Il n’y a pas de contradiction fondamentale entre les craintes soudanaises (d’une intervention internationale) et le plan Annan », a estimé M. Zhai, un haut responsable du ministère chinois des Affaires étrangères.
La Chine, de loin le premier acteur économique étranger au Soudan, est considérée comme l’un des pays les plus influents sur Khartoum.
L’émissaire s’est employé à dissiper l’impression que son pays soutenait le Soudan dans son refus d’une force de l’ONU au Darfour.
« Nous espérons voir nos amis soudanais accepter ce plan. L’appellation de la force, qu’elle soit hybride ou conjointe, n’est pas importante », a estimé M. Zhai, qui s’exprimait dans un arabe parfait. […] »
Il est regrettable que la Chine permette à certains pays de continuer leur politique, cependant il est vrai aussi que ce n’est pas une situation très saine que les pays occidentaux puissent tenter de mettre un pays à genoux quand il est déjà pauvre et qu’ils usent de leur puissance économique pour détruire son économie. Cela peut entraîner comme dans l’Irak de Saddam Hussein des comportements de manipulation de l’opinion publique par la famine: Saddam Hussein poussait à l’absurde la logique du blocus et confisquait la nourriture des bébés pour en faire de la vente par contrebande dans les pays autour de l’Irak. Il était en train de détruire le régime jordanien par ses trafics en contrebande. L’usage de la force à un prix: il développe l’amertume chez les humains, car ceux-ci ne sont pas des animaux qu’on dresse. Il faut parfois accepter de laisser du temps passer, si nous ne voulons pas que se développe à l’échelle planétaire une sourde révolte contre le gouvernement mondial de fait qui se met progressivement en place. Il n’y a pas de réelle démocratie là où il n’y a pas d’indépendance suffisante.
En ce qui concerne les Ouïgours la situation est inquiétante, d’autant plus que depuis longtemps les populations musulmanes de Chine sont tentées d’imiter les mouvements islamistes hostiles à l’Occident en s’opposant au gouvernement « athée » chinois. Il y a eu des Ouïgours retrouvés dans Al Qaida. Depuis le 11 septembre la Chine s’est rapprochée des Etats-Unis en soulignant que chez elle aussi cela pouvait arriver. Mais il faut dire que la politique chinoise n’est pas faite pour calmer l’esprit de révolte: les Ouïgours souffrent de mépris et de discrimination dans leur propre région, selon ce texte d’un site turc:
« Depuis 1961, la Chine a fait exploser quarante-six bombes nucléaires sur le site du Lop Nor au Turkestan. Les retombées radioactives ont créé en trente-cinq ans un désastre écologique, polluant les sols, l’eau, les plantes et la nourriture, ce qui aurait entraîné la mort de 200 000 personnes. Une recherche récente menée secrètement par une équipe scientifique anglaise a révélé une grave pollution nucléaire et une augmentation dramatique des taux de cancer.
Les Ouïgours ne peuvent pas travailler dans les institutions de l’Etat.
[…]
Une politique d’implantation massive de colons a été mise en place depuis 2005 afin de mettre le peuple Ouigour dans un état de minorité ethnique dans son propre pays.
Les nouveaux colons issus d’autres provinces chinoises ont à leur disposition les terres les plus fertiles. De ce fait 80% des populations qui travaillent sont d’origine chinoise tandis que les Ouïgours bénéficient d’emplois subalternes et ne représentent que 15 à 20 % des effectifs. A Urumqi 450 personnes toutes chinoises travaillent dans des ateliers de laine contre 15 travailleurs Ouïgours. Les employés et le staff des hôtels de tourisme et à 90% chinois. Les Ouïgours de la campagne et des villages ne peuvent se rendre dans les villes et les quelques Ouïgours demeurant dans les villes et villages ne peuvent se rendre à la campagne sans un Visa qu’il est illusoire d’obtenir. »
Pourtant je me dis que paradoxalement c’est en France que les autorités chinoises testent les réactions d’une démocratie à des formes normales de liberté d’expression qu’elles revendiquent en France en les refusant en Chine même: ainsi, une manifestation a eu lieu à Paris avec parfois des termes douteux sur les « étrangers » désignant par ce terme les Français sur leur propre sol.
Photo de manifestants chinois contre la « manipulation » de l’information:

Mais la Chine peut trouver à l’étranger des types d’opposition divers, pacifiques en France, plus armés ailleurs, ainsi cette histoire curieuse au Soudan:
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(13 décembre 2007) • H.E. |
Un mouvement de guérilla anti-chinois, eh bien oui, ça existe désormais en Afrique. Le 11 décembre, un groupe d’une vingtaine d’hommes armés ont attaqué et neutralisé l’élément soudanais de protection des installations pétrolifères de Rahaw, dans la province de Kurdofan, à l’est du Darfour et au sud-ouest de Khartoum. Le site de Rahaw, développé par la compagnie chinoise Great Wall, pourrait produire 35.000 barrils par jour.Le commando aurait saisi des véhicules, de l’armement, et détruit des installations en vue d’arrêter la production. On ne sait pas s’il y a eu des victimes chinoises ou des disparus. Mais ces « rebelles » se sont réclamé d’un certain mouvement « Justice et Egalité » et leur chef Abdelaziz Nur El Asher a affirmé que leurs opérations militaires continueraient au Kurdofan jusqu’au retrait total des Chinois de la région, voire du Soudan tout entier. Plus au sud, le champ de Hajlil avait déjà été ainsi attaqué et temporairement occupé le 23 octobre dernier.Le ministère chinois des AE a vivement protesté, affirmant que « la sécurité des personnels chinois au Soudan doit être réellement garantie ». Les Chinois ne seraient au Soudan que pour aider au développement du pays, pour réaliser des projets gagnant-gagnant, pour contribuer à l’essor économique et social et améliorer la vie des gens.Il y a beaucoup de rebellions diverses au Soudan. La présence chinoise est devenue importante, mais les Chinois ont des contacts limités avec les Soudanais, en dehors des milieux gouvernementaux et pétroliers. Ils n’en ont aucun avec les « rebelles » de toutes obédiences.S’il ne s’agit pas seulement d’une anectote, la roue de l’histoire tourne. Sauf changement imprévu, Pékin pourrait bien involontairement se trouver dans le rôle, assez déplaisant, de protecteur du régime et d’exploiteur des ressources du Soudan. |
On comprend que la Chine se montre plus souple pour le Soudan que pour le Tibet: au Soudan l’Onu a des chances en fait de lui rendre service à elle, en protégeant ses installations économiques et pétrolières. En revanche au Tibet ou en pays ouïgour l’Onu et autres ne peuvent que la gêner donc elle ne veut pas les écouter ni leur permettre de circuler librement. Cependant on ne peut pas lutter contre la menace terroriste avec des armes seulement: il faut lutter avec les « armes » de l’espoir, du respect, ouvrir des perspectives d’avenir, sinon malgré la répression, la peine de mort, etc. il risque d’y avoir toujours plus de gens qui préfèrent susciter l’horreur par leurs attentats que le mépris par leur misère et leur chômage.
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