Jeunesse à BrightonNos banlieues ont-elles un sentiment d’appartenance nationale suffisamment fort pour résister aux numéros de charme de pays riches? On connaît la force de pénétration dans un certains nombre de pays de l’argent de particuliers très riches d’Arabie Saoudite auprès de jeunes gens ainsi éloignés de leurs études et aussi de leur estime pour le pays où ils vivaient, au profit d’organisations salafistes les entraînant au besoin jusque dans les camps d’Al Qaïda. On voit maintenant les Etats-Unis entreprendre de séduire notre « Neuf Trois » au point peut-être d’affaiblir le sentiment d’appartenance à la nation française au profit d’une nation américaine qui ne demande pas mieux que de se trouver des relais ici.

« […] L’Amérique ne se contente pas d’aller dans les banlieues françaises. Elle invite aussi des acteurs de la diversité à se rendre chez elle. En trois ans, une cinquantaine d’entre eux, conviés par le Département d’Etat, ont eu droit à cette forme de reconnaissance. Cette année, Fayçal Douhane, Amirouche Laïdi, le président du Club Averroes qui milite pour la diversité dans les médias, et Stéphane Pocrain, ex-porte-parole des Verts, s’y sont rendus. Ali Laïdi, frère d’Amirouche, en revient. En avril 2008, Mohamed Hamidi, du Bondy Blog, et Karim Zéribi, homme politique et responsable associatif de Marseille, y effectueront un voyage de trois semaines. De même que Patrick Lozès, le président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires), un groupe de pression mis en relation avec son grand frère américain, le NAACP, grâce aux bons soins de l’ambassade US à Paris.« Les Etats-Unis ont une avance considérable en matière de représentation des minorités de couleur, mais sexuelles aussi, à tous les échelons de la vie tant politique qu’économique, relève Patrick Lozès.
La France ne peut qu’en prendre exemple. Par ailleurs, il est évident que les Américains ont des visées économiques chez nous, auprès des Noirs notamment. Savez-vous, simple anecdote mais révélatrice, que, si je me coupe en me rasant, je ne dispose pas en France de pansement correspondant à la couleur noire de ma peau. Les entreprises américaines ont pensé à ça. » Amirouche Laïdi, lui, a retenu de sa tournée aux USA ce fait marquant : « Le maire noir d’Iowa City, une ville de 50 000 habitants où les Noirs ne représentent que 2 % de la population. Mais attention, prévient-il, tout n’est pas bon à prendre : leur système de prévoyance-santé est mauvais. Il est important que nous conservions
la Sécurité sociale ».

Ces invitations lancées aux « futurs leaders » de
la France, aujourd’hui bataillant dans leur propre pays mais distingués par Washington, sont une façon pour les Etats-Unis de se doter de relais d’opinion parmi les Français noirs et arabes, de pacificateurs à l’heure où il convient de gérer les retombées désastreuses du conflit irakien.[…] » (extrait d’un article d’ Antoine Menusier paru dans le magazine suisse L’Hebdo du 15 novembre et dans Courrier International du 29 novembre.)

Dans les établissements scolaires les professeurs et les élèves inventent  peu à peu la France de demain, faite de négociations et de reconnaissance mutuelle progressive. Encore faut-il que ces évolutions nouvelles ne soient pas cassées par des gens qui se contenteraient à propos desmouvements lycéens actuels d’affirmer « les profs les manipulent ». Les élèves, déjà citoyens ou leaders politiques, ou apprentis citoyens, n’attendent pas des professeurs qu’ils les dirigent, alors que souvent pour eux le professeur est un vieux monsieur ou une vieille dame qui aide à connaître certains repères grâce à l’expérience que son grand âge et ses lectures lui ont assurée. Ce professeur doit parfois se gêner un peu pour admettre qu’il n’a plus vingt ans et ne peut tout comprendre du monde dans lequel il vit, cependant il est aussi celui qui peut le mieux parfois assurer la continuité de l’histoire et de la culture en opérant les soudures et les rapprochements possibles, à l’occasion des cours et des discussions, entre des univers qui se sont toujours ignorés ou méprisés, et les nouveaux univers du centre-ville et de la périphérie. Une différence se creuse dans les banlieues, notamment entre l’Ile de France et la province: que voulons-nous être,  des banlieusards fermés sur leur petit coin de quartier et voyageant « au bled » sans élargir  davantage leur horizon et en dérivant vers l’analphabétisme?  ou des banlieusards ouverts sur le monde entier et soucieuses d’être des « gagnants » au sein d’une culture métissée dynamique protégée par un Etat français riche, démocratique et doté d’une place intéressante dans l’Europe et dans le monde.?

Pour se faire une idée un peu  souple du monde de la banlieue parisienne on peut lire le Bondy blog, d’abord ses archives dans son premier site, et puis dans son site actuel.

Voici un lien vers une liste de cent livres sur la langue française, pour voir ce qu’on dit de savant sur le fait de parler une langue en général, et le français en particulier. Par ler français c’est parler avec tout le monde, c’est lier des liens d’amitié et d’échange avec des individus dont les pays, les clans, ou les pays d’origine sont en guerre ou ne se parlent pas. C’est élaborer à plusieurs des projets de vie ou d’entreprise. C’est fonder une famille avec presque qui on veut.

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