D’un côté la science permet de
développer des technologies militaires toujours plus
inquiétantes, toujours plus d’engins dde surveillance,
toujours plus miniaturisés. D’un autre côté la science
permet d’envisager une technologie qui nous évitera
peut-être un jour de cuire comme des homards, à cause
du réchauffement de la planète s’il est dû à la quantité
croissante de gaz carbonique dans l’atmosphère. Un article
nous parle d’un nouveau matériau, nous avons déjà parlé
dans ce blog de la possibilité de recourir à des sortes
d’éponges pour absorber un gaz et peut-être nous tirer
d’affaire.
Voici cet article paru dans le Monde daté du 24 mai 2008:
« Le MIL-101 permettra-t-il un jour
de piéger efficacement le carbone émis par les automobiles
ou par les grandes installations industrielles comme les
centrales électriques à charbon ? Cette substance, en tout
cas, se comporte comme une véritable éponge à CO2.
Le MIL-101 (pour « matériau de l’Institut Lavoisier n0 101 »),
dont le descriptif est à paraître dans la revue Langmuir,
est l’un des plus récents « solides poreux » synthétisés
par les chimistes.
Diffuser lentement le principe actif d’un médicament ;stocker de l’hydrogène à basse pression ; dépolluer l’air
et l’eau à faible coût : tels sont les espoirs offerts par
ces matériaux « hybrides ». Mélanges d’éléments organiques
et inorganiques, ils ont en effet la capacité d’ »adsorber »,
puis de « désorber » d’énormes quantités de gaz en fonction
de la température et de la pression ambiante.
Un kilogramme de MIL-101 – du téréphtalate de chrome
à l’état pulvérulent – engloutit ainsi près de 400 m3 de
CO2 à haute pression et à température ambiante. « L’intérêt
de ce matériau est qu’il ne coûte que quelques dizaines
d’euros le kilo, et que sa synthèse est peu coûteuse en
énergie », explique le chimiste Gérard Férey, fondateur de
l’Institut Lavoisier (CNRS/université de Versailles) et coauteur
de la découverte. Des retombées industrielles existent déjà.
Le chimiste BASF l’utilise notamment pour tapisser l’intérieur
de ses conteneurs à CO2 : dans des conditions identiques
de pression et de température, leur capacité de stockage
est multipliée par un facteur 9.
D’autres applications pourraient voir le jour. Comme le
remplacement des réservoirs à hydrogène, dont les très
hautes pressions constituent un facteur entravant le
développement des véhicules à piles à combustible.
Pour l’heure, le matériau développé à l’Institut Lavoisier
ne stocke l’hydrogène qu’à très basses températures
(environ – 200 °C). Mais les chercheurs espèrent parvenir
à des températures de l’ordre de – 120 °C. Dernier
atout : le développement rapide des capacités de
calcul et de simulation numériques, qui permet
désormais de prévoir les dimensions de la structure
cristalline d’un matériau en fonction des ingrédients
de départ. Or c’est précisément la taille de ces mailles qui
importe, puisque c’est à l’intérieur que les molécules-
cibles (des composés chimiques indésirables, mais aussi,
pour un usage médical, d’éventuelles molécules
thérapeutiques) seront piégées.
Article paru dans l’édition du 25.05.08 du Journal Le Monde
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