Voici un article très synthétique sur un nouvel outil d’analyse: la classification des « villes mondiales » selon notamment les flux échangés: marchandises, informations, etc.
« HIÉRARCHISER
Une hiérarchie des villes globales dans le monde
La classification deTaylorLes villes mondiales sont liées au phénomène actuel de mondialisation, leur hiérarchie se fait donc en fonction de critères économiques. Le produit urbain brut (P.U.B) est l’identique du P.I.B mais il s’applique aux villes. Le classement des villes en fonction de ce critère est celui-là: Comparaison de 25 premières agglomérations du monde par la valeur du PUB et des PIB de quelques États (en milliards de dollars, 1997)
Nous pouvons remarquer que certaines villes, comme Nagoya, ont un P.U.B supérieur à celui de certains pays qui ont souvent un faible poids politique, comme la Hongrie. Or justement cela est intéressant, pour des villes mondiales, de voir qu’elles ont un fort poids économique, ce qui revient à dire qu’elles ont un fort poids décisionnel. Cependant, ce tableau fait apparaître Osaka en 3ème place et Londres en 10ème place. La place de Londres se trouve largement remise en cause. Mais aucun géographe des villes mondiales n’a pourtant été jusque là. Le classement en fonction des P.U.B ne semble donc pas pertinent. Cela peut s’expliquer, en effet une ville est aussi un « micro-système » économique qui produit et qui consomme dans son enceinte; ces fonctions sont comptabilisées dans le P.U.B, alors qu’elles ne le sont pas lorsque l’on mesure la « mondialité » (world-cityness) d’une ville ou sa capacité à exercer une influence sur le monde. En effet, une ville mondiale produit, mais surtout, selon la N.D.I.T, elle est un centre de commandement qui décide, la fonction de production est donc moins importante dans la hiérarchie de ces villes. La classification des villes mondiales ne peut donc se faire qu’à partir d’un seul critère, même s’il est pertinent. Saskia Sassen puis P.J Taylor proposent un autre type de hiérarchie appuyée sur un système de mesure des villes globales à partir de critères cohérents. Ils partent tous les deux du même point de départ: c’est la production de services qui est le meilleur moyen de connaître la « mondialité » d’une ville. Avant de faire un classement général, l’équipe du GaWC a procédé à un classement intermédiaire pour chacun des quatre secteurs retenus. Le GaWC détermine les firmes qui sont représentatives au niveau mondial, il leur demande ensuite les renseignements pertinents. Pour ces premiers classements, le GaWC regarde dans quelle ville se trouve le siège social et dans quelle(s) ville(s) la firme a installé des succursales. Le GaWC ne prend en compte que les villes où se trouvent des succursales principales, considérant qu’une firme ne peut pas avoir plus de 150 de succursales principales. Le GaWC insère une ville dans son classement intermédiaire uniquement si elle a deux succursales. Les villes sont classées, pour chacun des quatre critères, en trois catégories (primordiale, majeure, mineure). Pour obtenir son classement final, le GaWC a mis une note sur une échelle de 1 à 12. 12 étant la note maximale. A partir des classements intermédiaires, le GaWC a regardé le nombre d’apparition des villes dans chacune des catégories. Par exemple, Londres, New York, Paris et Tokyo sont des villes mondiales de « plein exercice » car elles ont 12. En effet, ce sont les seules villes qui apparaissent quatre fois en tant que villes primordiales dans les critères. C’est la combinaison de ces quatre classements qui donne le classement des villes mondiales que voici:
Source : www.lboro.ac.uk/gawc/rb/rb5.html#t7 Les villes ont une note sur une échelle de 1 à 12. 12 étant la note maximale. Ensuite, le GaWC définit aussi quatre catégories de villes: a , b , g et les villes mondiales en formation. Villes mondiales a : de 10 à 12 Villes mondiales b : de 7 à 9 Villes mondiales g : de 4 à 6 Villes mondiales en formation sont divisées en trois catégories: tout d’abord celles pour qui s’est une évidence (3), celles pour qui cela se confirme (2) et enfin celles pour qui cela semble se confirmer (1). Toutes les autres villes du monde ne sont font pas partie des villes mondiales. Londres, New York, Paris et Tokyo sont des villes mondiales de « plein exercice » car elles ont 12. En effet, ce sont les seules villes qui apparaissent quatre fois en tant que villes primordiales dans les critères. Il n’y a pas de surprise pour les villes classées a, elles sont effectivement des villes qui concentrent beaucoup de services. On voit apparaître des régions du monde qui concentrent ces villes: les Etats-Unis, l’Europe de l’Ouest et la région Asie-Pacifique, qui représentent les pôles de la Triade, ce qui pour Taylor montre bien la »mondialisation inégale ». Les villes b se situent principalement dans les régions précédentes mais on voit apparaître des régions hors de la Triade, comme Sydney, Mexico, Moscou et Sao Paulo (qui fait apparaître une quatrième région: l’Amérique du Sud). Les villes g renforcent le poids des régions précédentes, Johannesburg (6) est la seule et unique ville africaine du classement des villes globales proprement dites, c’est à dire avec une note supérieure à 4. On peut remarquer que les villes mondiales sont fortement regroupées par régions et il y a quelques villes dispersées dans le monde mais qui n’ont pas une « mondialité » forte. Les villes globales s’insèrent pleinement dans le nouvel espace d’échelle mondial, dont l’émergence constitue la mondialisation. La ville est fondée sur « la coprésence d’ un maximum de réalités sociales ». Pour J.Lévy, la mondialisation est facteur de « topogénèse », c’est à dire créateur de lieux, d’ailleurs S.Sassen dit bien que ces villes sont nées de la mondialisation. Il y a eu des transferts d’activités, d’où la « topogénèse ». Les lieux issus de la mondialisation se sont considérablement rapprochés, il y a eu un changement d’échelle. Les villes concentraient tout en leur sein, elles ont délocalisées, et se sont rapprochées entre elles grâce aux nouvelles technologies notamment, qui ont permis de réduire les distances. Ainsi, les villes mondiales sont en relation constante, c’est une de leur caractéristique. Une hiérarchie statique est-elle alors complètement appropriée ? Certes, elle a des qualités et montre des points caractéristiques des villes mondiales, mais il faut voir qu’elles ne sont rien si elles ne sont pas replacées dans un réseau. Les villes globalesen réseau :Hiérarchiser les villes globalesselon leurs connexions auxdifférents fluxS’il est courant de mesurer les flux entre les pays, la mesure des flux inter-cités l’est beaucoup moins. Il est donc nécessaire d’élaborer des approches nouvelles pour appréhender les différentes dimensions de cet espace de flux encore peu exploré. Il s’agit de passer de l’étude comparative de similitudes et de différences internes à l’étude des relations entre cités, dans la continuation de la perspective nouvelle apportée par M.Castells. 1. Les flux informationnelsIl s’agit de mettre en valeur les liens économiques d’une cité. L’on se base pour cela sur les informations financières et commerciales quotidiennes rapportées par les journaux . On choisit tout d’abord 6 principaux journaux de 6 grandes villes étasuniennes. Puis on répertorie les articles des pages principales en les répartissant selon la ville à laquelle ils se réfèrent.
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Sur les flux commerciaux ET en particulier le problème de l’agriculture,
voir le rapport 2008 de l’OCDE

Laisser un commentaire