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Nous sommes saisis de bonheur, mais aussi d’admiration devant la libération des otages en Colombie, sans le moindre coup de feu, mais avec des risques énormes pris par le commando de l’armée colombienne.
Il y a un fort décalage entre ce qui paraît le bon sens et ce qui surnage dans les rumeurs, sur internet ou ailleurs, à propos des preneurs d’otages, d’un côté, et à propos des libérateurs d’otages, de l’autre, dans la façon dont on présente l’instant de leur libération des griffes de leurs bourreaux.
Exemple de prise d’otage par un commando: il y a eu comme on s’en souvient le théâtre, et l’école, comme prises d’otages génates de Tchétchènes. Voici quelque chose de plus ancien: en 1996: Extrait d’un article de l’Humanité :
« Les indépendantistes tchétchènes auteurs d’un raid sur la ville de Kizliar, au Daghestan, ont été bloqués toute la journée de mercredi à la frontière avec la Tchétchénie, emportant avec eux près de 160 personnes pour protéger leur fuite.
POUR la plupart des 2.000 à 3.000 civils retenus toute la journée de mardi et jusqu’à l’aube mercredi, le cauchemar est terminé. Pris en otages par un commando d’environ 300 combattants tchétchènes, dans l’hôpital de Kizliar, petite ville du Daghestan située sur la frontière avec la Tchétchénie, ils ont recouvré la liberté mercredi matin, après une intense nuit de négociations.
En fuyant Kizliar dans 11 autobus, les preneurs d’otages ont emmené avec eux 160 otages, en majorité des femmes et des enfants. »
Face à de telles exactions, des opérations commandos ont parfois réussi à libérer les otages: le problème est que les militaires qui les ont effectuées ne souhaitent pas divulguer leur tactique afin notamment de ne pas donner aux futurs preneurs d’otages des moyens de se protéger et de prévoir. Voici notamment un billet d’humeur à propos de la libération des otages du Ponant au large de la Somalie:
Paru dans : « Marine nationale : Exercices – Opérations » et repris ici sur le site appelé « Portail des sous-marins »:
« Libération des otages du Ponant : l’échec d’un mode de (non-)communication
Par Gilles Corlobé
Publié le 12 avril 2008, dernière mise à jour le 12 avril 2008.
La libération des otages du Ponant, et surtout l’arrestation de 6 pirates, sans effusion de sang et en utilisant la force minimale doit être saluée comme elle le mérite. Outre les articles de la presse française, les blogs spécialisés dans la chose maritime, en particulier américains, commentent à l’envi, l’intervention des commandos marine.
Toutefois, il est regrettable qu’un certain nombre d’erreurs aient été commises dans la communication sur cette action.
Je ne vais pas revenir sur celles commises par les journalistes qui utilisent le terme d’“armée” au lieu de marine (certes, des matériels et des personnels d’autres armées sont bien intervenus. Mais il semble bien que l’opération se soit déroulée sous le commandement d’un amiral.) ou qui ne savent pas prononcer correctement le nom d’un navire (“Jean Barte” dans le 20 heures de TF1 !), ni sur l’écart entre l’annonce de la libération et celle de l’arrestation des pirates.
Le véritable manque dans une telle opération est que, semble-t-il, aucune image ou vidéo n’a été prise pendant l’intervention des commandos et l’arrestation des pirates. Certains l’expliquent par la volonté de garder secrètes les techniques d’action de nos commandos. Peut-être.
Cela n’empêche pas de prendre des images et de les flouter au cas où elles devraient être rendus publiques. Car le véritable intérêt de ces images ou de ces films n’est pas d’informer le public au sens journaliste ou de se faire de la publicité (quoi que cela puisse aussi servir à cela), mais de démentir immédiatement les inévitables rumeurs lancées par certains, ce qui n’a pas manqué vendredi.
Profitant du silence des autorités françaises pendant 5 longues heures, un gouverneur somalien a accusé les commandos de s’être comporté comme … l’image qu’on a d’eux et d’avoir tiré dans le tas. Bilan selon lui : 3 morts et 8 blessés graves parmi la population civile.
Avec des images ou un film, même flouté pour protéger les particularités de l’action des commandos qu’on veut garder secrètes, il aurait été facile de démentir des tirs aveugles et des victimes civiles de l’intervention, sans laisser la place à la polémique.
Je souhaiterai souligner une information parue dans une dépêche de Reuters que je n’ai pas vue en français : il semblerait que “Un amiral français a aussi été parachuté en mer et récupéré par les bâtiments français pour aider à conduire l’opération.” J’essayerai lundi d’avoir confirmation. »
A propos de la libération d’Ingrid Betancourt, on voit là aussi mettre en cause la véracité du gouvernement parlant d’une opération commando réussie sans aucun coup de feu. Pourquoi cette volonté de dénigrer les armées quand elles font quelque chose de bien, s’attaquer victorieusement à d’ignobles preneurs d’otages? Et quand par malheur il y a des morts, comme à Beslan, on fait dans la rumeur publique comme si tous les morts étaient dus à l’armée russe et comme si les preneurs d’otages n’avient rien fait pendant ce temps.
Quelle drôle d’époque où dans les démocraties ce sont toujours ceux qui libèrent les otages qui ont tort et ceux qui prennent des otages, c’est-à-dire d’ignobles lâches qui ont raison, à en croire les rumeurs les plus écoutées. Est-ce un syndrôme du catholique toujours à la recherche de son bon larron au milieu des pires fripouilles?
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