Le Dalaï Lama en Normandie le 14 août 2008Nous sommes allés assez nombreux dans ce tout petit hameau de cent habitants rencontrer le Dalaï Lama. Il est venu consacrer un terrain destiné à la construction d’un nouveau temple. Puis nous avons eu droit à un sermon. C’est très frustrant à la télévision de ne jamais entendre vraiment la voix de ceux qui s’expriment dans une langue étrangère, car la voix du traducteur masque les intonations de leur voix. Ici son traducteur Matthieu Ricart attendait bine évidemment qu’il ait fini de parler avant de traduire.
Le Dalaï Lama parle dans la stupaJ’ai parfois eu des mouvements d’humeur sur ce’ qui me parvenait de la sagesse d’extrême-orient sur deux points essentiellement. Tout d’abord je disais: c’est bien beau de dire que la sagesse est dans le détachement, mais ces sages, ils ne seraient pas là bien sages et bien vivants si dans leur enfance il n’y avait pas eu une mère pour les aimer d’un attachement que certains jugeraient très déraisonnable, pour se lever la nuit pleine d’une inquiétude peu rationnelle souvent, et donc j’ai vu au contraire que le Dalaï Lama insistait beaucoup sur la nécessité d’aimer autrui, et il disait justement: « N’a vons-nous pas tous eu une mère? », justement pour montrer qu’il ne faut pas renoncer à aimer de façon altruiste.
Le deuxième point qui me dérange est la question morale concernant la réincarnation: certains philosophes de l’Inde ont théorisé une leçon de pédagogie plus ou moins faite pour impressionner, en disant: celui qui subit un malheur dans cette existence est en fait un coupable qui subit le châtiment de ce qu’il a fait de mal dans une autre existence. Je trouve révoltant qu’on dise que celui qui subit le mal est le coupable. Or sur cepoint du bien et du mal j’ai aimé la leçon très simple et très sobre du Dalaï Lama enjoignant tout simplement de faire le bien, en chaque situation. En effet je vois bien que je dois chercher, dans des situations parfois douloureuses, ou je serais victime d’une injustice par exemple, comment tirer partie même de cette situation pour faire le bien et transformer le mal en bien.
Les camemberts offerts au Dalaï Lama dans cette région d'origineLe Dalaï Lama a terminé en disant qu’il était bien de manger aussi, qu’il était temps, et je me souviens de quelques journées de zen, où l’on nous disait quelque chose de proche d’un Essai de Montaigne où celui-ci dit ,comme leçon de sagesse: « Quand je mange, je mange, quand je danse, je danse, quand je dors, je dors »
le Stupa de l'Illumination à Aubry-le-PanthouEnsuite, comme on nous le recommandait, j’ai fait le tour du stupa de l’Illumination, par la gauche. Avec un peu de bonne volonté, on ressent l’impression étrange de contribuer à donner un tour de vis au monde, peut-être à le faire changer de cercle de vie.

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