« Mon Dieu, remplis mon âme d’amour pour l’art (médical) et pour toutes les créatures. N’admets pas que la soif du gain et la recherche de la gloire m’influencent dans l’exercice de mon Art, car les ennemis de la vérité et de l’amour des hommes pourraient facilement m’abuser et m’éloigner du noble devoir de faire du bien à tes enfants. Soutiens la force de mon coeur pour qu’il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l’ami et l’ennemi, le bon et le mauvais.
Fais que je ne vois que l’homme dans celui qui souffre. Fais que mon esprit reste clair auprès du lit du malade et qu’il ne soit distrait par aucune chose étrangère afin qu’il ait présent tout ce que l’expérience et la science lui ont enseigné, car grandes et sublimes sont les recherches scientifiques qui ont pour but de conserver la santé et la vie de toutes les créatures.
Fais que mes malades aient confiance en moi et mon Art pour qu’ils suivent mes conseils et mes prescriptions. Eloigne de leur lit les charlatans, l’armée des parents aux mille conseils, et les gardes qui savent toujours tout : car c’est une engeance dangereuse qui, par vanité, fait échouer les meilleures intentions de l’Art et conduit souvent les créatures à la mort. Si les ignorants me blâment et me raillent, fais que l’amour de mon Art, comme une cuirasse, me rende invulnérable, pour que je puisse persévérer dans le vrai, sans égard au prestige, au renom et à l’âge de mes ennemis. Prête-moi, mon Dieu, l’indulgence et la patience auprès des malades entêtés et grossiers.
Fais que je sois modéré en tout, mais insatiable dans mon amour de la science. Eloigne de moi l’idée que je peux tout. Donne-moi la force, la volonté et l’occasion d’élargir de plus en plus mes connaissances. Je peux aujourd’hui découvrir dans mon savoir des choses que je ne soupçonnais pas hier, car l’Art est grand mais l’esprit de l’homme pénètre toujours plus avant. »
(Traduction tirée de : Soulier, Du Serment d’Hippocrate à l’éthique médicale, Thèse médecine, Marseille, 1985)
J’en tirerais bien une prière du professeur, en particulier du professeur de philosophie, à la veille de la rentrée: « Eternel, remplis mon àme d’amour pour la recherche de la vérité et pour toutes les créatures. N’admets pas que la soif du gain et la recherche de la gloire m’influencent dans le contenu de mes cours et mes relations avec élèves et adultes, car les ennemis de la vérité et de l’amour des hommes pourraient facilement m’abuser et m’éloigner du noble devoir de faire du bien à tes enfants. Soutiens la force de mon coeur pour qu’il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l’ami et l’ennemi, le bon et le mauvais.
Fais que je ne voie que l’être humain dans l’élève qui souffre, et que mon esprit reste clair et attentif auprès d’eux et ne soit distrait par aucune préoccupation étrangère afin que j’aie présentes à l’esprit la science et la connaissance de l’humain, car grandes et sublimes sont les recherches de l’homme qui ont pour but de faire grandir l’humain et de faire chanter la vie en toutes les créatures. Fais que mes élèves aient confiance en moi et en mon expérience du métier pour qu’ils suivent mes conseils et fassent leurs devoirs sans tricher. Eloigne d’eux la fascination pour les charlatans, calme l’armée des parents aux mille certitudes, et les conseillers qui savent toujours tout ; car c’est souvent que les gens par vanité font échouer les meilleures intentions des professeurs et conduisent les élèves les plus prometteurs à la paresse. Si les ignorants me blâment et me raillent, fais que l’amour de mon métier comme une cuirasse me rende invulnérable, pour que je puisse persévérer dans le vrai et le bien, sans égard au prestige, au renom et à l’âge de mes ennemis. Prête-moi, Eternel, l’indulgence et la patience auprès des élèves entêtés et grossiers.
Fais que je sois modéré(e) en tout, mais insatiable dans mon amour de la science. Eloigne de moi l’idée que je peux tout. Donne-moi la force, la volonté et l’occasion d’élargir de plus en plus mes connaissances, et de corriger mes erreurs. Je peux aujourd’hui découvrir dans mon savoir des choses que je ne soupçonnais pas hier, car la philosophie , la culture et la science sont grandes, mais l’esprit de l’homme pénètre toujours plus avant. »
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