Que faites-vous si vous avez devant vous un enfant-soldat qui vous vise avec une arme ou qui vise votre femme, vos enfants? Vous le laissez faire? Alors que vous vous défendriez si c’était un soldat adulte? Situation dramatique d’enfants terrorisés qui n’ont plus le droit de vivre, apparemment plus de parents ou c’est tout comme car leurs parents soit sont inhumains, soit sont privés de tout droit sur leurs enfants par des chefs de bande inhumains.

Curieusement, si tout le monde a l’air d’accord pour comprendre que des enfants-soldats en Afrique sont des individus très dangereux dont on comprend qu’ils soient tués au combat quand leur adversaire le peut, sans doute parce que … ce sont des noirs, en revanche quand il s’agit d’enfants palestiniens ou afghans, le discours change, sans doute parce que leur adversaire…est juif, ou américain. Là on hurle dès que l’un d’entre eux est tué, ou même on accepte n’importe quelle manipulation par l’image et la mise en scène sans vérifications – ou alors quand il y a des vérifications elles n’intéressent plus personne : le discours devient : »Pourquoi vous acharner de toute façon on sait bien de quoi vous êtes capables ici ou là vous les … (remplacer par le nom du peuple honni). » Cela rappelle la fable du Loup et l’agneau, où le loup à la fin dit « Si ce n’est toi c’est donc ton frère », et La Fontaine dit dès le début pour qu’on lise mieux sa moralité: « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». Voulons-nous que ce soit le plus fort, celui qui fait les enfants soldats et qui crie au meurtre quand l’un d’eux est tué? Celui qui met les enfants sur les cibles militaires et qui crie au crime contre l’humanité et à l’holocauste quand l’enfant meurt à la place des bouchers qui l’ont ainsi placé pour être tué et photographié mort, lui qui aurait dû être photographié vivant avec une famille aimante le jour de son mariage ou de la naissance de ses propres enfants?

Oui, il faut lire pour les Palestiniens aussi cette récapitulation des lois, sinon ailleurs dans le monde on dira « Deux poids deux mesures, l’enfant palestinien qui est utilisé pour la mort c’est bien, mais l’enfant birman ou congolais c’est mal ».

« Les Conventions de Genève de 1949, ses protocoles additionnels de 1977 et la Convention des Nations unies sur les Droits de l’enfant de 1989 jalonnent le cadre légal visant à empêcher l’utilisation des enfants dans les conflits armés. Depuis la fin des années 1990, un véritable arsenal de traités, résolutions et protocoles internationaux s’y est ajouté pour encadrer la protection de l’enfant-soldat. En l’espace de trois ans, quatre instruments clés ont été adoptés :

- le Traité de Rome portant création du Tribunal Pénal International en 1998 et qui range parmi les crimes contre l’humanité le recrutement ou l’utilisation d’enfants de moins de 15 ans dans les conflits armés.

- la Convention internationale du travail n° 182 de 1999, édictée par l’Organisation Internationale du Travail, qui définit comme l’une des pires formes de travail forcé le recrutement des enfants soldats.

- Les différentes résolutions passées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies et condamnant le recrutement et l’utilisation des enfants soldats dans les conflits armés : les résolutions 1261 (1999), 1314 (2000) 1379 (2001), 1460 (2003), 1539 (2004) et surtout 1612 (2005) qui vise à mettre en place un mécanisme de surveillance et de collecte des données sur les enfants associés aux forces militaires et aux groupes armés et la violation de leurs droits.

- Enfin, le Protocole facultatif de la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant qui élargit l’application de la limite minimum des 18 ans pour le recrutement obligatoire et la participation directe des enfants dans les conflits armés. Il est l’un des protocoles les plus ratifiés, signé selon les chiffres d’août 2004 par 155 pays et ratifié par 77 d’entre eux. »

Ceci est extrait d’un long article très triste et très utile de Sandrine PERROT,
Chercheure post-doctorale au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM). C’est sur le site de Montréal « Opérations de paix ».

 

Un exemple: « 

 

« Un drone israélien a filmé le lundi 29 octobre 2007, vers 9h00 du matin,

des hommes en train de préparer puis de tirer sur Israël des obus de mortier

depuis la cour d’une école primaire de garçons dans la ville de Beit

Hanoun, au nord de la bande de Gaza. Les terroristes se sont

immédiatement réfugiés dans l’école après les tirs. » Source

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