Le onze septembre a servi de prétexte à des pratiques dites d’exception qui se transforment en routine liberticide, à rapprocher peut-être toutes proportions gardées de la loi dite Hadopi qui mutiplie les mouchards chargés de pister et même d’interdire de net (comme si l’on était en Chine?) les individus lambda.
En particulier en France les incarcérations se prolongent ici ou là, sans besoin de procès, sans qu’il s’agisse de garde à vue, simplement parce que des gens non pas ont fait quelque chose mais sont quelque chose. Et ce qu’ils sont n’a en général pas grand rapport avec les noms dont on les affuble pour faire peur – et donc faire « bien » voter : « ultra gauche » ou « anarcho-autonomes », etc. On pourrait se dire que ceux qui sont rouges-bruns, ce ne sont pas eux, mais les policiers qui utilisent une pseudo-législation légalisant l’arbitraire, et désignent des supposés « coupables » sans estimer avoir de preuves à donner, sans doute parce qu’ils n’en ont pas et pour cause. Innocence et délit d’opinion.
On peut lire par exemple sur le site « Infokiosques.net » ceci sur le nombre de personnes ainsi détenues parfois pendant ou depuis un an.
« Bruno, Ivan, Isa, Farid, Juan et Damien ont été successivement incarcéré-e-s, mis-es en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », réunie au sein d’un groupe inventé par la police : la « MAAF (Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne) ». Certains d’entre eux sont accusés de « transport et détention de produits incendiaires ou explosifs », d’autres de « tentative de destruction de biens ».
Bruno et Ivan ont fait quatre mois et demi de prison (en préventive, de mi-janvier à début juin 2008) et ont par la suite été placés sous contrôle judiciaire. Farid a fait un peu plus de quatre mois de prison, en préventive également, de mi-janvier à fin mai 2008, et a été réincarcéré le 11 mars 2009 pour avoir enfreint le contrôle judiciaire, puis libéré le 7 mai 2009 avec un contrôle judiciaire plus strict encore. Bruno a décidé, début juillet 2008, de se soustraire à ce contrôle et est toujours en fuite. Ivan a pris une décision similaire, en mars 2009. Isa, également incarcérée en janvier 2008, a été libérée sous contrôle judiciaire le 10 février 2009, après plus d’un an de prison. Son frère, Juan, a été incarcéré en juin 2008. Il se trouve actuellement à la prison de Bois-d’Arcy. Damien, emprisonné à Villepinte à la mi-août 2008, a été libéré, sous contrôle judiciaire, le 27 mars 2009. Pour toutes ces personnes, aucune date de procès n’est fixée. Voir notamment le texte À propos des arrestations de soi disant terroristes.
Le 11 novembre 2008, des arrestations et perquisitions ont eu lieu à la suite d’une enquête sur des sabotages prétendument commis par la « mouvance anarcho-autonome ». Dix personnes ont été placées en garde-à-vue « antiterroriste » pendant plusieurs jours : une première est sortie libre et sans poursuites judiciaires, quatre sont sorties et sont sous contrôle judiciaire. Cinq autres personnes ont été incarcérées, en « détention provisoire ». Le 2 décembre 2008, trois de ces personnes (Benjamin, Gabrielle et Manon) ont été libérées, sous contrôle judiciaire, par la cour d’appel de Paris. Enfin, Yildune a été libérée (sous contrôle judiciaire également) le 16 janvier 2009 et Julien reste emprisonné à la Santé (Paris). «
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