Les journaux français, toujours en train de mettre de l’huile sur le feu dans les relations entre les Français et les Israéliens, nous présentent une vision tendancieuse des réactions des Israéliens avant et pendant ce voyage du Pape Benoît XVI au Moyen-Orient et notamment en Israël. Pourtant un Israélien plaisantait récemment, en voyant dans son pays toute l’excitation à propos de la venue du Pape, en disant quand même on a l’air plus enthousiaste ici à propos de la venue du Pape que si l’on était à Rome ! Le journal Le Monde aujourd’hui nous parlait de ces rabbins qui font la tête en Israël, mais voici ce que dit le journal Haaretz sur les tendances politiques des boudeurs : “Benedict will not be meeting with Hamas representatives and their proxy within Israel, the Islamic Movement, has already announced that it will boycott the visit, citing his dismissive comments regarding the Prophet Muhammad in
Regensburg three years ago. There are also Jewish boycotters, mainly religious ultra right-wingers such as MK Michael Ben-Ari and Safed Chief Rabbi Shmuel Eliyahu, both of whom apparently are incensed by what they see as Holocaust denial in the
Vatican. The notion that the Pope will meet with Peres, Palestinian President Mahmoud Abbas and the Chief Rabbis, wave his papal staff, and as a result, the levels of Muslim-Jewish hatred will be dramatically reduced is fanciful, even by Peres’ standards.” En gros il y a le Hamas, ces democrats de gauche bien connus… et il y a l’extrême-droite religieuse, comme MK Michael Ben-Ari et le Grand Rabbin de Safed Shmuel Eliyahu. Mais le Pape a vu ou verra le Président Peres, le Président Abbas, et les Grands Rabbins d’Israël.
En parlant samedi depuis le Mont Nebo, où l’Eternel fit venir Moïse pour lui faire voir la Terre promise, le Pape Benoît XVI a dit des paroles importantes et rassurantes quant aux relations entre catholiques et Juifs:« La tradition antique de pèlerinage vers les lieux saint nous rappelle aussi le lien irréfragable entre l’église et le peuple juif », a dit le Pape. « Depuis le commencement, l’église dans ces terres a commémoré dans sa liturgie les grandes figures des patriarches et des prophètes, comme le signe qu’elle se rend compte en profondeur de l’unité des deux testaments ».
« The ancient tradition of pilgrimage to the holy places also reminds us of the inseparable bond between the church and the Jewish people, » said Benedict. « From the beginning, the church in these lands has commemorated in her liturgy the great figures of the patriarchs and prophets, as a sign of her profound appreciation of the unity of the two testaments. »^
C’est sans doute pour marquer une étape supplémentaire dans son effort de paix que le Pape, qui avait dit vendredi: « Un dialogue trilatéral doit progresser. Il est très important pour la paix et aussi pour permettre à chacun de vivre bien sa foi, » (« A trilateral dialogue must move forward. It is very important for peace and also to allow each person to live his or her faith well, »),a enlevé aujourd’hui mardi ses chaussures pour entrer dans le Dôme du Rocher, ce qu’il n’avait pas fait vendredi en entrant dans la mosquée en Jordanie.
Lundi le Pape est allé à Yad Vashem. Ce qui est plutôt bien si l’on se souvient que les plus conservateurs de son église sont furieux contre ce musée à cause des commentaires qui y sont fait sur Pie XII et ne voulaient certes pas que Benoît XVI mette les pieds dans cet endroit pourtant très important pour les Israéliens, qui y observent les signes de compassion sur le visage de tous les chefs d’Etat qui viennent les voir. Il a peut-être déçu certains en ne prononçant pas de phrases de regrets au nom de l’église mais il faut rappeler que cela avait été fait déjà par le Pape Jean Paul II en particulier dans la prière qu’il avait glissée dans le Kotel (dit par les chrétiens « Mur des Lamentations »). Et ce que l’on pouvait attendre vu un passé récent a été dit : le Pape a dénoncé le négationnisme et dit : « Que les noms des victimes ne périssent jamais et que leur souffrance ne soit jamais niée, minimisée ni oubliée. » (« May the names of the victims never perish and may their suffering never be denied, belittled or forgotten. »)
Il faut dire que les Israéliens étaient pour beaucoup très excités et joyeux de voir le Pape venir en Israël : c’est toujours une promesse de bonne entente et pour un tout petit peuple en nombre, le peuple juif, il est rassurant de voir venir en esprit d’amitié un éminent représentant de ce peuple chrétien qui, au lieu d’agresser les Juifs comme autrefois, pense plutôt aujourd’hui à les protéger et à les aider à faire vivre leur Etat.Et puis la visite du Pape est la promesse de la venue de beaucoup de pélerins et de touristes chrétiens en terre d’Israël. 30000 personnes au moins assistent aujourd’hui à la messe au Mont des Oliviers. Lorsque le Pape Jean Paul II était venu, en 2000, il y avait eu 750000 pèlerins chrétiens en Israël (et dans les territoires) cette année-là.Enfin si le Pape contribue à une meilleure entente entre musulmans et chrétiens, cela peut permettre aux chrétiens de contribuer avec davantage de sincérité à la paix au Moyen-Orient.
Laisser un commentaire