Hier il était intéressant de voir le contraste entre deux couvertures de journaux : l’une était celle du Figaro, journal de droite français, qui titrait à peu près : « polémique en Grande Bretagne sur l’engagement de la Grande Bretagne dans la guerre en Afghanistan », ce qui laise sous-entendre que les Anglais sont hostiles à cet engagement. Mais le même jour le Guardian, journal britannique de gauche, faisait sa Une sur le soutien massif des Britanniques à l’engagement militaire en Afghanistan, comme le confirmait le sondage exclusif dont il faisait état.
Le journal marocain Le Matin disait dans une dépêche datée du 13 juillet que les insurgés talibans étaient « en déroute », tout en plaçant l’expression entre guillemets.
Il faut comprendre qu’en Afghanistan les troupes françaises ne sont pas simplement là pour intervenir à l’étranger et se mêler des affaires des autres, mais pour empêcher que des terroristes professionnels aient toute liberté de mouvement quelque part dans le monde pour obtenir des quantités considérables d’argent (par l’héroïne) et des armements hyper-dangereux du type de ceux qu’une armée d’un Etat peut obtenir, et cela pour tuer aveuglément des civils désarmés n’importe où. On a même pu craindre récemment qu’ils finissent par occuper la capitale d’un pays, le Pakistan, qui possède l’arme nucléaire. Même la Russie a fini par faciliter les choses aux Etats-Unis en matière de transports de troupes et de matériel..
Cependant on comprend que certains en Afghanistan qui servent souvent de bouclier humain à des Talibans qui se fondent constamment au sein de la population civile et donnent un peu d’argent, très peu par rapport à ce que le trafic leur rapporte, aux paysans producteurs d’opium, voient d’un mauvais œil des troupes étrangères et souvent non musulmanes. Et donc, au fur et à mesure que les armées progressent dans la reconquête de zones dominées par les Talibans et le trafic d’héroïne, il est nécessaire de fournir à la population des services utiles. Ce n’est pas de la propagande dont on doit se moquer. Il est nécessaire d’éviter que la guerre ne plonge davantage dans la misère la population que lorsqu’elle est soumise à la dictature des Talibans.
On lit ceci dans le journal Ouest France :
« « Gagner les esprits et les coeurs ». C’est la nouvelle consigne donnée aux soldats de l’Otan en Afghanistan. Il était temps. L’accumulation des victimes civiles s’ajoutant à un comportement des forces à la limite de la paranoïa – tout Afghan est perçu comme un danger en puissance – était en train de les transformer en une armée d’occupation. La nouvelle administration Obama veut mettre fin aux bombardements aveugles. Et tendre systématiquement la main à la population.
Sur le terrain, cela passe par des actions dites « civilo-militaires ». Distribution de nourriture, de vêtements. Et mise en oeuvre de projets plus ambitieux comme la construction de ponts, d’écoles ou de commissariats de police. L’aide médicale est l’un des aspects de cette nouvelle stratégie. »
Les taliban se vantent eux-mêmes de se servir de la population civile: ils ont affirmé, par la voix d’un porte-parole nommé Yousuf Ahmadi, “Nous ne combattons pas de manière frontale. Nos hommes sont parmis la population” .Ce dernier avait auparavant annoncé le lancement par les insurgés de l’opération “Filet de fer” pour repousser l’offensive américaine et afghane. Ceci est tiré d’un article qui décrit également la stratégie des Talibans: lancer deux ou trois « fausses » attaques avant de se lancer d’ailleurs pour la véritable attaque.
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