
Une émission très intéressante sut la chaîne Public Sénat: l’émission Face à faces de Jean-Marie Colombani où il interviewe Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France.
dimanche 04/10/2009 à 20h30
lundi 05/10/2009 à 05h15
lundi 05/10/2009 à 09h30.
On voit que certains regrettent que le Président Obama ne montre pas davantage la puissance des Etats-Unis. Cependant il faut bien comprendre que le Président Obama a été élu sur le programme des Démocrates, qui voulaient rompre avec la politique républicaine désireuse d’un monde unipolaire où seuls les Etats-Unis décideraient de la politique du monde. Les Démocrates ont ainsi argumenté: en faisant comme sous George Bush junior les Etats-Unis se font détester de presque tout le monde.
Donc le Président Obama donne leur chance aux différents pays du monde pour qu’ils deviennent acteurs de la politique internationale à égalité (ou presque?…) avec les Etats-Unis. Le problème c’est que l’Europe reste très faible sur cette scène, en raison de son peu d’unité politique. Il ne faut donc pas s’étonner si des pays qui sur certains points sont plus unis, comme les pays arabes, se fassent mieux entendre aujourd’hui. En même temps, l’on voit mieux du coup apparaître la crainte de ces pays arabes par rapport à l’Iran, de telle sorte qu’ils souhaiteraient presque que l’Etat d’Israël bombarde les sites nucléaires iraniens. De même selon Elie Barnavi la Russie, pourtant soucieuse de faire davantage de place à la parole des officiels iraniens, trouve son voisin inquiétant et serait plus compréhensive à l’égard d’Israël sur cette question.
Il faut croire à la vertu du dialogue, et du monologue même, sur les scènes internationales. Celui qui n’a pas assez la parole en est profondément mortifié et risque, quand il en a le pouvoir, de compenser par des passages à l’acte violent.
L’Iran doit avoir sa place dans les dialogues internationaux, en tant qu’Etat dont personne ne souhaite la disparition. Les Iraniens ont leur fierté nationale qui ne saurait se réduire à la personne d’un président iranien qu’il soit peu ou beaucoup soutenu par son opinion publique intérieure. Et aucun pays n’a envie de se voir sans défense face au risque d’incursion de pays étrangers. Mais là où l’Iran se trompe c’est que personne ne souhaite envahir ce pays, qui n’est par sa population et sa vie politique ni l’Irak de Saddam Hussein, ni l’Afghanistan des Talibans trafiquants d’héroïne. Au contraire tout le monde aurait envie de parier sur son développement économique et sur sa participation accrue, avec sa grande tradition culturelle, aux manifestations culturelles dans le monde entier. Quand s’arrêtera alors sa crainte folle furieuse des Juifs? Crainte qui est auto-réalisante car si l’on menace de rayer les Juifs de la carte par des bombes nucléaires, on s’expose évidemment à des bombardements sur ses sites nucléaires.
Sur Obama et la prise ne compte d’un monde mutipolaire, voici un article intéressant tiré du site Doc stoc, dont je retiens cet extrait :
» Sur la scène internationale, Obama met en oeuvre l’option du «grand marchandage» (Grand Bargain), avec les pays voisins de l’Afghanistan pour stabiliser la région ; avec la Russie pour tenter de régler le dossier nucléaire iranien; avec la Syrie pour en faire une force stabilisatrice en Irak et dans la région du Moyen-Orient ; – l’équilibre des pouvoirs, principe fondateur de la pensée politique et de la Constitution américaines, qui vise à préserver la République contre tout abus du pouvoir exécutif, législatif ou judiciaire. Face à la montée en puissance de la Chine, de la Russie et de l’Inde (lesquelles réclament le statut de grandes puissances), B. Obama développe une vision de l’ordre international plus en phase avec la réalité multipolaire, en reconnaissant la «relativité» de la puissance américaine et la nécessité pour les Etats-Unis de revenir à une posture moins «arrogante» sur la scène internationale : la stabilité du monde ne pouvant être tributaire d’une seule puissance, l’Amérique doit exercer son leadership sans imposer son hégémonie sur les autres puissances. La grande stratégie d’Obama consiste donc à repenser la puissance américaine à l’aune de la nouvelle multipolarité. Cela implique un changement dans la rhétorique et les méthodes de politique étrangère ; une nouvelle lecture du système international ; une resocialisation des Etats-Unis au sein des institutions internationales et des alliances ; un renouement avec leurs alliés «traditionnels» et l’ouverture à des partenaires devenus «nécessaires». »
L’article est d’ Alexandra de Hoop Scheffer qui est politiste spécialiste de la politique étrangère américaine et enseignante à Sciences Po Paris. Elle achève une thèse doctorale sur l’intervention américaine en Irak au CERI
et est l’auteur de Hamlet en Irak, CNRS éditions, 2007.
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