Alain, de son vrai nom Emile Chartier, qui eut une grande influence sur sa génération, et fut souvent invoqué dans les hautes sphères ministérielles de la philosophie française, fut un homme qui après avoir participé, ce qui était une bonne idée, à la lutte des dreyfusards, se moqua ensuite quelque peu du sort des Juifs. En effet, parti pour être pacifiste il se voulut un bref moment antifasciste, mais pour se glisser très vite dans les pantoufles des partisans de la collaboration.
Une biographie bien pensante sur le site « athéisme.free.fr » nous « informe » : « Jusqu’à la fin des années 30, son œuvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée des fascismes. » En réalité Alain entra dans le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, ou CVIA, en 1934, mais il ne fit pas comme ceux qui comprenaient qu’il fallait faire la guerre à Hitler. Je cite Wikipedia : « Au congrès de juin 1936 une minorité menée par Paul Langevin quitte la direction du CVIA » Précisons que c’était pour lutter contre Hitler plutôt que pour la paix avec Hitler. Après Munich « la tendance pacifiste réaliste (Paul Rivet et Pierre Gérôme) quitte à son tour le CVIA ». Comprenez que ces vrais antifascistes ont décidé alors de tout faire contre Hitler.
« Ne restent donc plus que les pacifistes extrêmes. » Entendez qu’ils ont sombré dans l’extrême-droite. « A l’extrême, certains anciens membres du CVIA se retrouveront dans la collaboration « républicaine » avec l’Allemagne (collaborer pour obtenir en échange la paix et le rétablissement de la République) au sein de la Ligue de la pensée française. » Ce triste aboutissement qu’est la création de la Ligue de la pensée française en 1942. Cette création est contemporaine de la publication du livre Vigiles de l’esprit, qui met en avant-propos le texte que tant de gens aiment bien, discours de 1904 plein de « fines allusions », discours de distribution des prix, « Les Marchands de sommeil ».Le sens du texte est renouvelé en 1942 par le contexte historique. Mais en quel sens lire les « fines allusions » ? Où y voir la moindre fine allusion à la nécessité d’honorer les résistants et d’entrer dans la résistance ?
Que fit Alain avec son petit groupe de partisans de la collaboration entre 1938 et la création de la Ligue de la pensée française ? Mystère. Le pauvre est paralysé en 1936 et passera le reste de sa vie en fauteuil roulant, ce qui ne lui permit peut-être pas d’être désormais très actif politiquement. Mais entrer dans une nouvelle organisation collaborationniste est un acte politique.
Je lis dans Wikipedia : « La Ligue de la pensée française a été créée le 30 novembre 1942 dans la mouvance du Rassemblement populaire de Marcel Déat ». « Ses membres estiment que la France doit collaborer avec l’Allemagne pour obtenir en retour le rétablissement des institutions laïques et républicaines ainsi qu’une bonne place dans l’Europe nouvelle. C’est soutenir la ligne de Pierre Laval. »
« Fondateur : René Château (ENS, élève d’Alain, […] membre du CVIA. Après 1940 : RNP » (Parti de Marcel Déat). « Dirigeant de la France socialiste ».Il avait pris pour pseudonyme Jean-Pierre Abel, et publia sous ce nom pour se plaindre, en 1948, le récit de sa détention lorsqu’il avait été arrêté pour collaboration en 1944 (L’Âge de Caïn). Cet ouvrage compte parmi le répertoire des textes dont se revendiquent aujourd’hui les négationnistes.
. Alain resta fidèle en amitié: en 1947 René Château a le culot d’écrire: Introduction à la politique (Publications Chateaubriand, 1947), et Alain en fit la préface, pas dégoûté.
Autres membres : « Alain (ENS, philosophe radical-socialiste, cofondateur du CVIA), Robert Denoël » (des éditions Denoël, très engagé dans la collaboration et dans l’édition des texte collaborateurs, abattu par la résistance en 1945), « Robert Jospin, SFIO, pacifiste », personnalité du monde littéraire en 1938 mais déconsidéré en 1945. Sources de l’article de Wikipedia : Par exemple Partis et mouvements de la Collaboration par Pierre Philippe Lambert et Gérard Le Marec, 1993.
Il y a des gens qui croient aimer la République en fermant les yeux sur les crimes nazis, cela ne les empêche pas de se moquer des « marchands de sommeil » faiseurs de système.
Ce que je pourrais dire c’est que le texte charmant par certains côtés « Marchands de sommeil » exprime une conception opportuniste de la vérité qui va bien avec l’intoxication de la presse de 1942.
Je cite un passage de ce morceau de bravoure en 1904 mais pas très brave comme avant-propos en 1942 : « La vérité est momentanée, pour nous, hommes, qui avons la vue courte. Elle est d’une situation, d’un instant ; il faut la voir, la dire, la faire à ce moment-là, non avant, ni après, en ridicules maximes ; non pour plusieurs fois, car rien n’est plusieurs fois. C’est là que j’attends le sage, au détour du chemin. » Mais quel chemin a-t-il pris lui ?
Voilà hélas une citation de son journal: « « »Pour ma part j’espère que l’Allemagne vaincra ; car il ne faut pas que le général de Gaulle l’emporte chez nous. Il est remarquable que la guerre revient à une guerre juive, c’est-à-dire une guerre qui aura des milliards et aussi des Judas Macchabée. » (Alain, Journal III, B. N. p. 122)
En relisant des Propos je lis dans « contre les nouveautés » (Pleïade p.
1301, 1936) : »Il n’a fallu qu’un jeu de miroirs pour qu’Einstein remplace
soudain toutes nos idées par quelques formules qui n’ont point de sens.
L’espace courbé et le temps local font carnaval. Je connais un vieux cerveau
qui s’est fait injecter ces nouveaux produits; il a maintenant l’air tout
jeunet, à faire peur. On annonce mieux; car un mouton assez pelé du troupeau
des psychologues prépare un lexique homme-singe. » Et un peu plus loin:
« Nous cherchons l’égalité non pas dans les années-lumières et les manèges
d’atomes où le bon sens se noie, mais dans l’antique arithmétique d’Archimède et
de Galilée, devant qui tous les hommes sont égaux. » Refuser Einstein en
1936, qui le faisait encore? Vous connaissez la réponse.
En revanche il aime bien Hitler: on connaît la belle formule de « l’homme
debout ». Dans le Propos intitulé… « Un grand patriote », certes Alain trouve
un peu belliqueux Hitler… Mais il écrit: (p.1308) « Hitler, l’homme qui
rassemble un peuple, le remet debout, et le persuade de ne rien craindre,
c’est exactement ce que l’on nomme un grand patriote et un grand homme, dans
tous les temps et dans tous les pays. Nos patriotes en font l’aveu; mais,
comme ils garde les yeux fermés, ils ne vont pas loin. Quoi de plus fou,
quand on a reconnu le frère et le semblable, qui de plus fou que de vouloir
aussitôt détruire ce brillant modèle de l’homme? ». C’est dit: « brillant modèle
de l’homme », « notre semblable ».
Comme il est futé d’avoir fait préfacé le livre de la Pléïade par un Juif
alibi, André Maurois.
Détails de la biographie d’Einstein : on remarque notamment en 1920 à
Berlin des meetings POLITIQUES organisés contre la théorie de la relativité.
: 1905: Publication coup sur coup dans les « Annalen der Physik » de
plusieurs articles, notamment Mémoire sur l’électrodynamique des corps en
mouvement à la base de la _Relativité restreinte_
(http://www.nicolasderauglaudre.net/philosophie/Einstein/relativite1.html) , et un sur l’hypothèse des
quanta de lumière. 1907 : Planck, puis Born, Minkowski, inscrivent la
relativité dans leur enseignement de Physique. 1908 : Devient professeur à
l’Université de Berne, puis à l’EPZ de Zurich. Doctor Honoris Causa de l’Université
de Genève. Célébrité. 1910 : Naissance de son second fils, Edouard. 1911
: Une année à Prague, puis retour en 1912 à Zurich. 1913 : Einstein est
élu membre de l’Académie des Sciences de Prusse. 1914 : Einstein s’installe
à Berlin. Séparation avec Mileva. 1915 : Achèvement de la Relativité
Générale, et travaux sur la _Mécanique quantique_
(http://www.nicolasderauglaudre.net/philosophie/Einstein/quanta1.html) . 1919 : Divorce avec Mileva.
Einstein épouse sa cousine Elsa : ils auront 2 enfants, Ilse et Margot.
Observation par des astronomes anglais et par Eddington de la déviation des
rayons lumineux, à la suite d’une éclipse de Soleil. 1920 : Meetings
POLITIQUES organisés à Berlin contre la théorie de la Relativité. Confrontation
d’Einstein avec des scientifiques allemands. 1921 : Voyage aux USA. 1922 :
Voyages en France et au Japon. Prix Nobel de Physique.
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