Pour voir une video sur la marche de samedi pour Hakim: http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoafIlGl.html »>Video</a

Pour voir une video montrant la marche pour Adrien:

http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/sannois-plus-de-500-personnes-a-la-marche-pour-adrien-17-01-2010-781163.php

 L’année dernière nous marchions dans les rues de Levallois pour Cécile, jeune fille tuée dans un attentat en Egypte, beaucoup de ses camarades avaient été blessés. J’en connais qui sont encore blessés. Samedi l’on marchait pour Hakim, sauvagement poignardé dans son lycée. Et puis il aurait fallu marcher dimanche pour Adrien, roué de coups jusqu’à ce que mort s’ensuive par une bande de sadiques armés de sabres et autres saloperies. On y pense, à tous, chaque fois qu’on marche et qu’on essaie de se souder, de porter en nous, parmi nous, ce qui reste du mourant, outre sa dépouille. On y croit, on veut y croire, les massacreurs n’auront pas le dernier mot. Eux s’effaceront mais leur victime restera là, dans nos coeurs. Mais bien sûr, on l’a cette tentation de trouver les lâches assassins et de les passer à tabac très longtemps. Mais nous savons trop aussi que ce genre de pulsion pousse souvent à taper des innocents à la place des coupables. La société a délégué des juges institutionnels et cela évite de nouveaux lynchages d’innocents.

Mais il faut dire aussi que le cri de la mère d’Adrien nous touche tous quand elle veut se battre contre l’amalgame qui est fait entre tous ces jeunes de banlieue pleins de nobles idées et traités souvent avec méfiance et mépris, et leurs tortionnaires qui les massacrent et les rackettent  et cherchent à mettre la pagaille dans leurs établissements scolaires pour y installer leurs mafieux trafics de drogues.

Qu’on soit jeune ou vieux, on doit bien penser quand même à ce que c’est de tuer un jeune, quelqu’un qui a à peine vécu, à peine trouvé le temps d’être amoureux, et qui n’a pas eu le temps d’avoir des enfants.

Et les autres, ceux qui survivent? La mère d’Adrien, blessée elle aussi à mort, crie de toute sa passion: « Yamina, submergée de colère, a crié sa rage contre l’amalgame trop souvent fait entre les jeunes et ceux qui ont tué son fils, ou d’autres «racailles» «qui se lèvent à 15 heures et foutent le bordel de 15h30 à minuit». Elle a aussi dénoncé l’insécurité grandissante dans les banlieues. «Ils avaient des sabres ! A dix, vingt, ils l’ont battu à mort, pourquoi, pourquoi» » (Le Parisien de ce jour)

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