D’un certain point de vue dans le Coran tout le monde est pauvre. Mais d’un autre point de vue nul ne devrait s’inquiéter de la pauvreté, puisque la piété pousse chacun à donner aux pauvres à la fois par devoir et en plus par générosité. Cependant il existe une peur de la pauvreté qui pousse à mal faire. C’est pourquoi le Coran dit que c’est le diable qui fait un chantage à la pauvreté : « Satan vous menace de la pauvreté » (Sourate 2 (« La vache ») v. 271).

Il faut respecter les pauvres, la preuve en est par exemple que le premier roi des fils d’Israël, Tabout (Saül), n’était pas riche et pourtant il avait été désigné par Dieu pour avoir l’autorité royale : seuls les impies disaient : « Il n’a pas même l’avantage des richesses » (Sourate 2 (« La vache »), v. 248).

            Seul Dieu est riche, tout homme est indigent car Dieu possède tout et l’homme rien. Un homme pieux doit donc se vivre tout naturellement, à la mesure de sa foi en Dieu, comme indigent. Et ce qu’il « possède » en apparence lui est seulement confié pour en faire bon usage (Sourate 57 (« Le fer »), v. 7 : « Dépensez de ce dont Il vous a donné la lieutenance »). On comprend que certains hommes pieux se soient fait désigner du terme de « fakir » qui signifie « pauvre ». « O hommes, vous êtes des indigents ayant besoin de Allah, et c’est Allah, Lui, qui se dispense de tout et Il est le Digne de louange » (Sourate 35 (« Le créateur »), v. 15.

            Un exercice spirituel important, qui montre aussi le respect où l’on tient l’homme pauvre en face de soi, consiste à donner aux pauvres non pas ce qu’on a de moins bien, de superflu à nos propres yeux, mais ce à qui nous tenons le plus. Ce don est essentiel à l’accès à la vraie piété : « Vous n’atteindrez la vraie piété que si vous faites largesse de ce que vous chérissez. Tout ce dont vous faites largesse, Allah le sait certainement bien » (Sourate 3 (« La famille de ‘Imran »), v. 92. «  Vous n’atteindrez à la vertu parfaite que lorsque vous aurez fait l’aumône de ce que vous chérissez le plus » (Sourate 3, v. 86).

            Celui qui sait prendre ses distances d’avec les biens matériels sort de l’éphémère et accède au permanent, à l’éternel. Et cela va avec la constance dans la fidélité à Dieu. : « Tout ce que vous possédez s’épuisera, tandis que ce qui est auprès d’Allah durera. Et nous récompenserons ceux qui ont été constants en fonction du meilleur de ce qu’ils faisaient » (Sourate 16 (« Les abeilles »)v. 96).

            Cette constance de celui qui résiste à la menace de la pauvreté est présentée comme utile à la permanence de la religion : d’une part celui qui place sa richesse dans le spirituel et la relation avec Dieu résiste à tous les pouvoirs qui voudraient le dominer : « Il n’y a aucun pouvoir sur ceux qui croient et placent leur confiance en leur seigneur » (Sourate 16, (« Les abeilles ») v. 99). D’autre part il est vain d’espérer démoraliser et disperser ceux que l’on veut appauvrir délibérément : « Ce sont eux qui disent : « Ne dépensez point pour ceux qui sont auprès du Messager d’Allah, afin qu’ils se dispersent ». Or c’est à Allah qu’appartiennent les trésors des cieux et de la terre, mais les hypocrites ne comprennent pas. » (Sourate 63 (« Les hypocrites »), v.7).

            Deux défauts simples à éviter en matière de richesse et de pauvreté : ne pas vouloir dépenser trop, par exemple en donnant avec ostentation, et ne pas dépenser trop peu : « Il n’aime pas les avares qui […] cachent soigneusement les biens qu’Allah leur a accordés» (Sourate 3, v.41), et « Il n’aime pas ceux qui font l’aumône avec ostentation » (Sourate 3, v. 42). La bonne attitude est le juste milieu : Font preuve de discernement ceux « qui lorsqu’ils dépensent ne sont ni prodigues ni avares mais se tiennent au juste milieu » (Sourate 25 (« Le discernement ») v. 67).

Une réponse

  1. Avatar de Lise Meridor

    Merci pour ces deux articles sur le thème de la pauvreté…J’attends la suite avec impatience. La pauvreté dans le christianisme 🙂

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