Où l’on découvre que les foules dépolitisées et radicalisées sont devenues très hostiles et jalouses en ce qui concerne les journalistes. Bêtes au point de ne plus avoir le moindre attachement aux valeurs qui maintiennent encore un peu d’humanité. Pour ne pas commencer par le pire je vous donne un des commentaires d’abord, puis l’article contre les journalistes qui se font tabasser ensuite. On n’est pas très loin dans l’article de cautionner finalement les actions hyperviolentes en URSS contre les journalistes ! J’ai mis un passage en gras.
Le commentaire d’abord, d’un certain Guillaume, le 15 octobre :§ « Selon vous, si le CRS voit une caméra ou une carte de presse, il doit pas taper ? »Tout à fait. Ça s’appelle le droit d’informer. Le journaliste témoin devrait pouvoir témoigner librement. C’est une règle qui est même respectée en temps de guerre (Liban, Balkans, etc.). Au moins jusque dans les années 2000. Depuis, c’est un peu le foutoir. C’est devenu une mode de taper les journalistes (verbalement ou physiquement).L’exemple du journaliste de C+ est différent car on voit qu’il cherche manifestement à provoquer la réaction des CRS devant la caméra. Je viens d’ailleurs de regarder plusieurs vidéos de MOAS Press ; on dirait qu’ils cherchent régulièrement et à tout prix l’affrontement avec les forces de l’ordre. C’est puéril et discréditant. C’est un buisness, mais c’est de la télé-réalité, pas du journalisme. C’est hors sujet. D’ailleurs, je pense que c’est un buzz absolument inutile, basé sur un non évènement et qui fait plus de publicité à MOAS Press qu’autre chose. Mais ça marche, j’y participe aussi.« On s’en fout que le gars qui se soit fait matraquer ait une caméra ou une carte de presse. C’est pas le problème. »Dans ce cas c’est vous qui avez un problème de perception des symboles.« Le problème est qu’un (des) gars se soit (sont) fait matraqué, et que les médias s’en foutent puisqu’il(s) n’a(ont) pas de carte de presse… »Vous retournez le problème selon le thème qui vous arrange. C’est hors sujet. Mais c’est une question qui se pose effectivement dans un second temps : pourquoi ça ne pose de problème à personne que les CRS s’acharnent sur un citoyen ? Pourquoi cette banalisation ? Pourquoi opérer un nivellement par le bas en réclamant que les journalistes puissent se faire bastonner comme les autres, et ne pas penser le contraire : opérer un nivellement par le haut et réclamer que les citoyens aient la possibilité de ne pas se faire bastonner, comme les journalistes ?Vous préférez quoi : tous dans la merde, ou tous soudés ? Nivellement par le bas ou par le haut ?Nous sommes 37390 journalistes à posséder la carte de presse en 2010, plus un nombre considérable de journalistes à ne pas la posséder. Etes-vous prêt à fourrer TOUS les journalistes, ainsi que l’ensemble d’une profession, réduite péjorativement à sa « corporation », dans le même sac qu’UN seul type qui fait l’imbécile devant une caméra ? Ou même parce qu’une trentaine de types faignants et/ou pas engagés trustent les canaux audiovisuels et papier ?Indice : Tous les jours, vous n’avez devant les yeux qu’une minorité de stars de la profession qui ne la représente pas ou mal (par égoïsme, arrivisme, que sais-je encore). Je vous remercie d’arrêter là vos fantasmes : le journalisme, c’est un métier qui sert quotidiennement à l’immense majorité d’entre nous à payer son loyer et à remplir son frigo. Point.
La seule différence (et je n’en suis ni fier ni honteux), c’est que le journaliste est un témoin. Et qu’on peut légitimement se poser des questions quand les forces de l’ordre d’un pays l’empêche de témoigner ; en d’autres termes : empêche ce témoin de rendre compte d’une situation aux citoyens non présents sur place.Je trouve assez étonnant que les récipiendaires de l’information tapent gaiement sur leurs fournisseurs quand ceux-ci sont empêchés de faire leur travail. J’avoue que ça ne me viendrait pas à l’esprit de me réjouir des difficultés d’approvisionnement en farine de mon boulanger. Mais bon, je dois être un peu bête.Maintenant, que vous pensiez que tous les boulangers du monde sont des pourris quand vous vous faites arnaquer par un seul boulanger, c’est un problème de tournure d’esprit, pas un enjeu de société.Le pire dans tout ça, c’est l’immense contre-sens qui est fait dans cette affaire : Un type manifeste, il sort sa carte de presse sans être en service, fait le guignol devant une caméra et obtient ce qu’il veut (du buzz), tout le monde en convient, mais on fait quand-même haro sur la profession (des types en service donc) et tout le monde est content, personne ne relève la contradiction. »
Et maintenant l’article « journalistophobe » :
Dans la Revue en ligne Article XI :
Les joyeux drilles des compagnies républicaines de sécurité devraient pourtant le savoir : on peut matraquer n’importe qui – femme, enfant ou passant quelconque – , mais il ne faut surtout pas toucher aux journalistes. Au risque de susciter, sinon, une réaction outragée du reste des porteurs de carte de presse, affligés d’être traités comme le tout-venant. Cas pratique.
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