Pourquoi faut-il lutter pour la persistance et le développement d’un judaïsme libéral en France ?
Parce que nous avons besoin de rabbins libéraux qui prennent des décisions en leur âme et conscience, et gardent la tête haute, au lieu que les Juifs de la communauté aient besoin d’avoir recours à de la corruption pour trouver on ne sait qui pour résoudre leurs problèmes. Mais certains n’aiment pas que les rabbins libéraux connaissent leurs secrets et restent incorruptibles.
Nous avons besoin d’un judaïsme libéral en France parce que ce sont des communautés libres de toutes les entraves que des esprits sectaires mettent sans cesse pour entraver les conversions et tout ce qu’elles permettent de libre choix du conjoint dont nous voulons partager la vie, avec des enfants dont nous souhaitons faire des Juifs fidèles à la tradition juive et au peuple juif.
Nous avons besoin des Juifs libéraux et de leurs amis pour dire haut et fort qu’il n’est pas possible de vouer pour l’éternité les Palestiniens à un statut de non-citoyenneté, de non-Etat, de non-liberté de circulation. La religion juive libérale se souvient, elle, que « guer » en hébreu veut dire d’abord et toujours « l’étranger », et que la Bible nous dit clairement d’aimer l’étranger qui réside chez nous comme nous-même. Et elle nous dit aussi (paracha « emor ») que l’étranger aura chez nous les mêmes droits que nous (Lévitique 24,21). Si nous voulons que l’Etat d’Israël ait une majorité de citoyens juifs il faut donc accepter que se crée un Etat palestinien pour que nul être humain ne soit maltraité et privé des droits civiques.
Nous avons besoin de Juifs libéraux pour nous dire que les femmes sont aussi dotées d’esprit que les hommes, qu’elles ont tout autant de sagesse et de raison. Qu’il est insupportable d’entendre des gens compter le minyane en sautant par-dessus la tête des femmes présentes en leur disant « toi tu ne comptes pas », pour leur interdire en plus de dire le kaddich pour leur père ou leur mère décédés. Les enfants doivent pouvoir être éduqués dans la tradition juive par des mères et des sœurs instruites et pas seulement par leurs pères ou leurs frères au souci éducatif parfois incertain. D’ailleurs les femmes libérales savent très bien, elles, qu’il ne suffit pas d’être mère juive pour avoir rempli tous ses devoirs de femme vertueuse et de mère respectable, à la différence de certaines femmes qui se disant orthodoxes croient pouvoir tout se permettre parce que leurs enfants seront juifs par leur mère, mais voyous par leur mère aussi, sinon par le ou les pères que leur mère leur aura imposés.
Nous avons besoin que beaucoup de Juifs viennent défendre partout où c’est possible, par leurs prières, par leur présence, par leur voix, les enfants qui pleurent parce qu’on les chasse, les femmes à qui l’on dit qu’elles pourront épouser leur fiancé dans cinq ans si tout va bien, les veuves et les orphelins qui veulent enterrer leur famille dignement, les veuves à qui l’on dit qu’elles doivent attendre que le jeune frère de leur mari mort soit assez grand pour dire qu’il ne veut pas les épouser, les femmes divorcées qui veulent se remarier et les hommes divorcés qui ne veulent pas être grugés par un « guet » les privant de leurs biens et de leurs enfants, etc. Il faut défendre contre les entreprises d’infiltration, de subversion et de détournement, les lieux de culte des Juifs libéraux et leurs communautés.
Nous avons besoin d’hommes et de femmes du monde juif libéral pour prendre soin de leurs frères humains malades du SIDA, et au passage rendons hommage à ces courageux rabbins libéraux qui ont su, en ne ménageant ni leur temps ni leurs forces, aller voir les jeunes et moins jeunes malades du SIDA dès les années 1980, en méprisant la réprobation de ceux qui ont accaparé le terme « orthodoxe » qui ne veut dire en réalité qu’une chose : « déviance par rapport à la tradition juive et à sa richesse de vie, d’humanité, de générosité et d’humilité face au prochain affaibli».
Il faut en finir, au niveau même des institutions de la République, avec cet argent de l’Etat donné à des esprits sectaires qui ne cessent de vouloir chasser de leurs synagogues ceux et celles qui ont choisi de vivre en harmonie avec la cité, et de ne pas céder aux propagandes extrémistes si violentes soient-elles, ou si mielleuses soient-elles.
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