Les profs, les élèves: trop de pressions, trop de persécutions impunies, et ce ministère qui persiste à dire: « elle avait des problèmes perso »! Indécence et intimidation.

Message des enseignants du Lycée Jean Moulin de Béziers:

 

«Notre collègue du lycée Jean-Moulins à Béziers qui s’est immolée est  décédée. Nous sommes tous bouleversés voire traumatisés. Nous sommes en AG  depuis 2 jours et avons refusé d’accueillir les élèves en classe, et décidé  une grève illimitée jusqu’à ce que les responsabilités soient établies».

 

Voici notre programme :

Lundi 17, matin 8h AG, après-midi marche blanche silencieuse avec un bandeau  noir à Béziers

Mardi matin AG, 14H départ pour une manifestation académique au rectorat de  Montpellier

Mercredi 19 : obsèques ?

Jeudi 10hdébrayage, commémoration de ce drame dans tous les établissements  de France.

 

Nous souhaitons une mobilisation générale pour que la souffrance au travail  cesse et que de tels drames ne se renouvellent plus.

 

PS : Lise à dit en s’enflammant : « je le fais pour Vous »

Luc Chatel a menti, elle n’était pas suivie médicalement, ni fragile, mais  consciencieuse, compétente, aimant son travail et courageuse.

Nous comptons sur Vous tous.

Merci de diffuser ce mail à toutes vos connaissances afin d’alerter  l’opinion, pour que l’éducation nationale ne devienne pas France-telecom…

Merci ».

 

Le communiqué FO en date du 14 (le décès de la collègue n’est pas encore

connu) :

 

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Après la tentative de suicide d’une collègue au lycée Jean Moulin de

Béziers la FNEC FP-FO demande la réunion du Comité Central d’Hygiène et  Sécurité .

La FNEC FP-FO partage l’émotion des personnels après la tentative de  suicide de notre collègue dans la cour du lycée. Il apporte tout son  soutien aux personnels.

 

Selon les informations disponibles, la dégradation du climat scolaire  dans cet établissement, traduite par des problèmes de discipline de plus  en plus nombreux, était un fait largement connu. Cela avait motivé les  demandes récentes adressées par les enseignants à l’administration pour  qu’elle prenne des mesures qui permettent le rétablissement d’un climat  scolaire serein.

 

La FNEC FP-FO souligne que la responsabilité de la dégradation de la  situation dans cet établissement comme dans des centaines d’autres ne  saurait relever de la responsabilité des enseignants qui sont confrontés  à une dégradation générale de leurs conditions de travail, notamment  avec les suppressions massives de postes d’enseignants comme de  surveillants et de CPE, à l’augmentation des effectifs dans les classes  et à la désorganisation croissante des établissements.

 

C’est un fait : aujourd’hui les désordres, incivilités, actes de

violence sont quotidiens dans les établissements scolaires. Tout ceci  est la conséquence de la Révision Générale des Politiques Publiques, qui  affaiblit toujours plus le service public d’enseignement, et dont Force  Ouvrière demande l’abandon. Plus de 60 000 postes ont été supprimés  depuis 2007.

 

En conséquence la FNEC FP-FO souligne qu’il est pour le moins  tendancieux de présenter le geste de notre collègue comme résultant de  son seul état psychologique individuel ou du seul fait qu’elle aurait eu  de mauvais rapports avec les élèves.

 

Le drame survenu à Béziers n’est malheureusement pas le seul : un  directeur d’école a mis fin à ses jours en juillet, une professeur des  écoles a fait de même comme deux enseignants en juin et une jeune  professeur des écoles stagiaire, en août dernier, qui n’a pas supporté  son licenciement réalisé dans des conditions inadmissibles.

 

La FNEC FP-FO a tiré la sonnette d’alarme à de multiples reprises ces  derniers mois et a écrit au Ministre de l’Education Nationale pour  réclamer la tenue rapide d’un CCHS sur les risques psycho-sociaux. C’est  aussi le rôle des CHS locaux de réaliser les enquêtes, d’établir l’arbre  des causes pour tous ces décès.

 

La situation risque fort d’empirer avec les entretiens professionnels  associés à la mise en place de l’évaluation projetés par le ministre qui  ne peuvent qu’engendrer déstabilisation, stress, remises en cause personnelles…

 

Force Ouvrière demande que les moyens soient donnés aux personnels  d’effectuer leurs missions définies par leur statut national. Il faut  empêcher que ne se développe à l’Education Nationale une situation à la France Telecom.

 

Aujourd’hui il faut cesser de nier l’évidence et prendre des mesures  pour protéger les personnels : arrêt des entretiens professionnels  dégradants, soutien des personnels dans le cadre de l’article 11 du  statut général de la fonction publique, rétablissement de la formation  professionnelle initiale, arrêt des classes surchargées, postes de  surveillants en nombre suffisant, telles sont quelques solutions que la

FNEC FP-FO entend défendre auprès du Ministre.

La FNEC FP-FO renouvelle sa demande de réunion rapide du CCHS sur les  risques psycho-sociaux pour que les mesures d’urgence soient prises.

vendredi 14 octobre 2011 »

 

 

 

 

 

Communiqué de Sud 34777Montpellier, le samedi 15 octobre 2011

Communiqué :

« Le syndicat SUD-Education de l’Hérault souhaite faire part de la vive  émotion suscitée dans l’ensemble de la profession par le suicide de notre collègue dans la  cour du Lycée Jean Moulin deBéziers.

SUD adresse d’abord ses condoléances et sa compassion aux proches et à  la famille de notre collègue.

Notre syndicat se tient aussi aux côtés des personnels et des élèves de  l’établissement et de la ville profondément marqués par ce drame.

SUD-Education ne tolère pas les propos du ministre Luc Chatel sur la  fragilité psychologique de notre collègue. Lorsqu’un drame de cette nature survient, c’est toujours vers  la vie personnelle des intéressés que se tournent le regard des patrons (à Orange, chez Renault, à la SNCF, …).

Début septembre, Luc Chatel en visite à Béziers s’était « félicité de la  qualité de la rentrée à Béziers ». Des enseignants, syndiqués, avaient voulu le rencontrer pour lui signifier  une réalité bien différente, en particulier à Jean Moulin. Luc Chatel n’a pas daigné les recevoir. Un  mépris du ministre qui prend une signification douloureuse aujourd’hui.

Non, notre collègue n’était pas fragile professionnellement !

Pas plus ni moins que la plupart des enseignants confrontés à la  pression croissante de la hiérarchie, à la dégradation des conditions de travail, aux détériorations successives du  système éducatif, à une destruction programmée de nos métiers avec la suppression de la  formation initiale et continue.

Comme l’indique le Parquet de Béziers, le choix qu’elle a fait et le  lieu de son suicide montrent bien une réelle souffrance liée à l’exercice de son métier.

Son acte est symboliquement très fort et doit interpeller nos  responsables sur les souffrances au travail de toute une profession.

SUD-Education demande qu’une enquête administrative soit diligentée sur  place. C’est une des missions de l’Inspection Générale de l’Administration de l’Education Nationale.

SUD-Education s’associe et apporte son soutien aux initiatives qui  seront prises au niveau local et

départemental par les collègues de l’établissement..

SUD- Education 34 demande à la Fédération Nationale SUD-Education de  s’associer et d’appeler aux mobilisations nationales qui seront proposées par ces collègues. »

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