Un article du journal Le Monde du 20 juin 2020 s’amuse de ce que nous adorions détester les méchants, au lieu d’admirer les bons :

https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2020/06/19/on-se-rejouit-de-le-voir-mordre-la-poussiere-le-sacre-du-mechant_6043438_4497916.html

Dimanche soir et lundi c’est Yom Kippour. On dit dans le traité du Talmud Babli Yoma, consacré à ce jour, (35B), que le premier temple a été détruit parce que les chefs jugeaient moyennant rétribution, que les prêtres enseignaient contre salaire, et que les prophètes faisaient de la divination moyennant finance. Mais tout le monde était persuadé alors que l’Eternel était parmi eux.

Pourquoi le 2e temple fut-il détruit, alors que cette fois on ne s’occupait que de Torah, de mitsvot, et de tsédaqa (Justice pour les pauvres) ? « C’est parce que dans cette époque prévalait la haine sans cause. » Et le Talmud d’ajouter que la haine sans fondement est considérée comme plus grave que les trois crimes d’idolâtrie, d’immoralité et de sang versé pris ensemble, qui avaient entraîné la destruction du premier temple.

Comment est-il possible que quelqu’un qui étudie la Torah, qui veille à pratiquer les mitsvot qui pour la plupart relèvent de la morale, et qui prend soin des pauvres, puisse éprouver une telle haine ? Une explication proposée par le Talmud est l’échange de paroles venimeuses.

Comment entendre encore la voix de de l’Eternel, « qol demama daqa », une voix de fin silence selon le prophète Elie, dans le vacarme des paroles venimeuses et avec au cœur une haine sans cause mais non sans effets ? Il s’agit comme on dit en français de « revenir à soi », de « retrouver ses esprits », de sortir d’une forme d’évanouissement. Il ne faut pas que j’attende que le jour vienne de l’extérieur, il faut se lever, comme selon la coutume des seli’hot, avant l’aube, et du sein de la nuit spirituelle, il faut oser donner de la voix comme le coq pour annoncer le jour, celui où la haine disparaîtra.

Pour cela il faudra éviter que nos propres paroles soient venimeuses, et il faut aussi ôter le venin de celles des autres. Le miel est parfois associé à l’hypocrisie, et c’est bien dommage. Des paroles mielleuses, ou des paroles fielleuses, avons-nous le choix ? Je préfère le miel de la politesse, car elle peut adoucir nos relations et conduire à la véritable amitié, alors que le résultat de la parole fielleuse ressemble à sa cause, la « bile » de la colère.

Il faut apaiser la société. Souhaitons que ce Yom Kippour particulier soit l’occasion d’apaiser nos cœurs et nos paroles.

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