Un scandale vient d’éclater à propos de la traduction d’un poème qui fut très apprécié lors de l’investiture du Président Biden. Quelqu’un en Hollande a protesté parce que la traductrice de ce poème d’Amanda Gorman n’était pas noire. L’idée serait qu’une « blanche » ne pourrait comprendre l’ « expérience et l’identité de femme noire » (Janice Deul). André Markowicz, traducteur de Dostoïevski, qui cite ces propos dans une tribune du Journal Le Monde datée du 11 mars 2021, dit que ça lui rappelle les propos de certains qui disaient qu’un Juif ne pouvait comprendre « l’âme russe ». On se rappelle que les Nazis se sont vantés de pouvoir mettre un terme au « métissage culturel » en exterminant méthodiquement les Juifs censés en être à l’origine. La traduction est un passage, mais on peut aussi se dire que toute compréhension de la parole d’autrui est traduction dans notre tête. Et notre identité a du mal à se soutenir sans la bienveillante interpellation de notre prochain.
Dans son livre Sula (E.F. Pierre Alien, 10/18, Christian Bourgeois, 1992 (1973), p. 36), Toni Morrison fait dire à une petite fille, Nel : « Je suis moi, chuchota-t-elle. Moi ». Et elle ajoute : « Nel ne savait pas très bien ce qu’elle disait, mais d’un autre côté elle le savait très bien. Je suis moi. Je ne suis pas leur fille. Je ne suis pas Nel. Je suis moi. Moi. » Chaque fois qu’elle disait le mot moi montait en elle comme une joie, comme une peur […]. »
Nous pourrions être tentés d’appeler « trahison » la construction au cours d’une vie d’un individu, trop facilement réduit par certains groupuscules, par ailleurs très éloignés du marxisme, à l’ensemble de ses rapports sociaux, comme s’il y avait passivité, comme s’il y avait cohérence, et comme si chacun ne « faisait pas des histoires ».
Dans une interview du 14 août 2020 dans Madame Figaro, le Rabbin Delphine Horvilleur dit à ses « fidèles » et aux autres : « Les générations nouvelles ont toujours trahi, et la fidélité même naît de cela : d’un mélange de continuité et de rupture. »
En lisant le témoignage de Morten Storm recueilli par des journalistes de CNN Agent au cœur d’Al-Qaïda – le témoignage saisissant d’un agent double (E.F. Eva Vilar, Pocket, Cherche Midi, 2016), on peut avoir une réaction première catastrophée et se dire : en fait, cet homme a trahi tout le monde. Il a commencé par passer beaucoup de temps loin d’un père violent, parti quand il avait quatre ans, et d’une mère aimante et « bien élevée », en restant dehors « de l’aube au crépuscule ». Il dit ceci de des photos de son enfance (p. 40) : « un enfant dont l’incertitude se lit sur son visage. La méfiance qui se reflète dans mes yeux […]. Mais j’étais également plein d’une énergie débridée. » A treize ans premier vol à main armée. Il est incontrôlable à l’école. Il fait de la boxe et s’en sert pour régler certains comptes dehors à coups de poing, en se présentant en général comme s’il était un noble défenseur des victimes. Il se retrouve à dix-sept ans en prison pour mineurs. A la sortie il entre dans une bande, les Bandidos, dont il se lasse. Ayant lu un livre sur le prophète de l’Islam, il se convertit à l’Islam et quitte les Bandidos au risque de trahir : « Certains n’arrivaient pas à accepter que j’aie quitté le gang et me soupçonnaient même de vouloir rejoindre les Hells Angels » (p. 67-68). Il se radicalise très vite en se pensant de plus en plus vertueux. Il passe de « maître » en « maître », avec des propagandistes de la terreur et des terroristes. Il réussit à dissimuler aux autorités danoises (il est danois) et yéménites ses projets de « dévouement » à la cause islamiste. Il dit fréquemment son admiration pour la beauté de tel ou tel terroriste, ou pour le charisme de tel ou tel propagandiste (on sent qu’il est encore tenté de le penser en 2015). Il appelle son premier enfant Oussama, en hommage à Ben Laden. Son maître préféré est Awlaki au Yemen, terrain de rivalité de différents courants jihadistes. Le 5 novembre 2009 un militaire musulman américain tue dans la base de Fort Hood 13 personnes et en blesse 30. Awlaki prétend sur son site internet que « Nidal Hassan est un héros » et que « de plus en plus les musulmans américains se voient acculés à une position dans laquelle ils n’ont plus d’autre choix que de trahir l’Islam ou trahir leur pays » (cité p. 322). On voit comment l’accusation de trahison peut être maniée pour faire sauter toutes les barrières de la morale et de l’intégrité. Plus tard Morten Storm s’est lassé de l’islamisme et de l’Islam et a décidé de travailler pour les services secrets danois, britanniques, et la CIA. Il continue à donner toutes les apparences du dévouement aux divers groupes jihadistes. C’est-à-dire qu’il joue les gens « normaux » pour passer les frontières, et joue les messagers loyaux des jihadistes en leur fournissant du matériel et des recrues. En un sens il les sert, avec l’argent des services secrets occidentaux, en un autre sens il les espionne et aide à détecter leurs déplacements. Pourtant, il écrit : « Cela peut paraître absurde et terriblement paradoxal, mais dans le cadre de mon travail d’agent double, je m’efforçais de dire la vérité autant que possible » (p.461). Sa raison est qu’il est difficile de se souvenir de ses mensonges de façon à les prolonger de façon cohérente. Il commence à se quereller avec la CIA : « Mon désir de prouver à la CIA qu’elle s’était trompée à mon sujet ne devait pas me pousser à faire des choix stupides » (p.468). Difficile de ne pas se tromper à son sujet ! Ce qu’il veut dire c’est qu’il se met à prendre des initiatives de plus en plus dangereuses pour prouver qu’il est le meilleur.
Pourtant, le rôle qu’il joue auprès des islamistes, mais aussi auprès de sa famille (sauf sa mère), lui pèse de plus en plus : « Même chez moi (en Angleterre ou au Danemark), je ne tombais pas le masque du militant islamiste bien connu sous le nom de Murad Storm. A Londres ou Copenhague, Luton ou Aarhus, Birmingham ou Odense, il y avait bien trop de jihadistes pour que je me permette d’être tout à fait moi-même. Au début, il m’avait été facile de jouer ce rôle, mais plus je m’éloignais de mon passé de fondamentaliste convaincu, plus il m’était difficile de poser comme jihadiste avec un tant soit peu de conviction » (p. 531). Il y a cette nostalgie d’être « tout à fait soi » que finalement tout le monde peut connaître parfois en société dans la « Comédie humaine ». Il est difficile pour bien des gens de vivre leur « identité » hors de toute conviction absolue, ce n’est pas seulement la question du rôle qui frappe chez cet espion, c’est son attirance passée pour une conviction sans nuages, et un désir d’être reconnu qui lui avait fait laisser tomber peu à peu toutes ses réticences à contribuer à l’assassinat de civils. Son inconfort affirmé pour la supposée immoralité de ses employeurs des services secrets va avec une admiration pour la supposée pureté des assassins islamistes et de leurs mentors. On a l’impression qu’il se raccroche très fortement à l’argent des récompenses pour compenser le sentiment de trahison à l’égard par exemple d’Awlaki, si souvent cité dans le livre, et… dont il a voulu désespérément être reconnu comme l’organisateur de la mort.
Il se libérait de son ou ses rôles dans la campagne ou dans certains coins du monde en buvant une bière, mais « ce mode de vie m’avait fait frôler la dépression » (p. 530), sans qu’on sache très bien si c’était parce qu’il ne se sentait plus un islamiste sincère ou parce qu’il n’avait plus confiance dans la CIA.
Il finit par trahir à nouveau, cette fois-ci les services secrets, en publiant dans les journaux (le Jyllands Posten) son histoire et son amertume. « Le fait d’avoir révélé la vérité avait également ses bons côtés, en tout premier lieu, celui de laver ma réputation auprès de ceux qui avaient été mes amis avant que je ne disparaisse dans le monde de l’islamisme » (p.546) : sa trahison (dans les journaux) de sa trahison (dans la CIA et autres services secrets) de sa trahison (islamiste) de ses amis est présentée comme une réconciliation, et une réconciliation avec la vérité. Un de ses amis de sa jeunesse, ayant accepté son repentir, lui dit : « J’avais l’impression de ne plus savoir qui tu étais » (p. 547). Mais à quel moment cet homme est-il vraiment lui-même ? Quand il raconte son histoire, en 2015, il est encore celui qui admire ses « maîtres » islamistes, toute en regrettant de n’avoir pas été suffisamment reconnu comme ayant rendu possible leur mise à mort, et qui trouve bien immoraux les membres des services secrets des différents pays qu’il a loyalement servis jusqu’à se « révolter » dans la presse. L’homme à la triple identité.
Les troubles de cet espion sont-ils si singuliers, ou notre vie politique ne nous met-elle pas sans cesse au défi du bluff, de la trahison, et du changement d’identité ?
Willian Boyd, dans Newstatesman (21 octobre 2015), écrit : “Les tropes de l’espionnage – la duplicité, la trahison, le déguisement, la clandestinité, les données secrètes, le bluff, le double bluff, l’ignorance, la perplexité, le changement d’identité – ne sont rien de plus que les tropes de la vie de chaque être humain » cette phrase est citée en exergue de Spies of Nowhere, titre français Espions de nulle part, de Matti Friedman (trad. Anne Rabinovitch, Ed. Liana Levi, 2020). Dans ce livre, dans le 3e chapitre, l’auteur remarque à juste titre : « Le renseignement a besoin d’espaces flous entre les parties, et ces espaces disparaissent. » De nos jours, l’effort de communautaristes manipulateurs pour détruire tous les espaces flous est grave pour tous ceux qui voudraient connaître l’autre, et pour tous les Etats qui voudraient un renseignement fiable et diversifié pour ne pas passer à côté d’une grave menace. Chaque communauté risque d’être opaque aux autres et éventuellement, faut de retour, opaque à elle-même. Sans parler des difficultés que l’on connaît pour les individus membres de sectes à se sauver ailleurs.
Ce que le chapitre 6 du livre dit des espions pose le problème de l’identité pour tout le monde, et du soupçon à l’égard de tout le monde : « Leur objectif était-il vraiment de passer pour des Arabes ? » Ou bien l’étaient-ils déjà ? Feignaient-ils d’être des Arabes, étaient-ils des personnes qui ne l’étaient pas mais faisaient semblant de l’être ? Ils se faisaient appeler des Mista’arim, ces constructeurs de l’Etat d’Israël et de ses services de renseignement. Au chapitre 8, on nous rappelle que John Le Carré fait dire, dans L’espion qui venait du froid, à propos de son personnage Alec Leamas, de façon proche de Balzac parlant sur son lit de mort, qu’il s’est identifié avec ce qu’il avait inventé, « et c’est seulement en de rares occasions qu’il se permettait – comme ce soir en allant se coucher – le luxe dangereux de reconnaître le mensonge énorme qu’il vivait. »
Il y aurait donc une façon d’être quand même un, par le personnage que l’on joue à presque tous les instants avec succès grâce au lieu d’origine où l’on a vécu, et qui entretemps d’ailleurs a changé politiquement, ou parfois grâce au statut de « converti » soucieux de bien faire comme le surprenant Storm.
Une identité, c’est très difficile à « jouer », car c’est fait de « milliers de petites allusions […]. Un Croate peut prétendre être un Russe au Venezuela, mais ne convaincra personne en Russie (Ibid. Chapitre 10, « Kim »), mais le livre ajoute en citant Ben-Nahum que dans le cas des Juifs « l’usurpation d’identité n’est pas une doctrine militaire utilisée par des généraux sophistiqués dans le but de vaincre mais la méthode de survie d’un peuple errant persécuté qui a dissimulé son origine pour rester en vie. » On ne sait pas trop où il prend cette idée car d’une part un Juif est sincèrement du pays dont il a la nationalité, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, où il risque parfois militairement sa vie en toute loyauté malgré les calomnies de l’Affaire Dreyfus, et d’autre part ce sont les antisémites qui l’accusent d’usurpation d’identité. Cependant on a bien en mémoire ce récit du Livre d’Esther célébré dans les plaisanteries et les rires à la fête de Pourim, qui montre une reine sauvant le peuple juif de l’extermination après avoir longtemps caché son identité juive. Se cacher devient aujourd’hui de plus en plus difficile en cas de persécution, en raison de tous les fichages numériques installés sous n’importe quel prétexte et dont on voit déjà les résultats dans des dictatures comme la Chine dite « populaire ». La pluralité d’identités ne devient quasiment plus possible sauf à mettre le trouble dans les fichages eux-mêmes et leurs possibilités dites d’ « identification ».
Finalement, sans les espions, et les services d’espionnage, n’y aurait-il plus que des identités sectaires ? Mais pour jouer ainsi sur l’identité, il faut avoir un don, une aptitude au théâtre. La « section syrienne » qui avait aidé les Britanniques contre les nazis entra ensuite dans la clandestinité lorsque les Britanniques voulurent après la guerre la démanteler.
Cependant cette situation d’identité jouée, au milieu de gens prêts à massacrer tous les Juifs, provoquait des sentiments pénibles : (chap. 11) « La solitude et la tension nerveuse provoquées par le mensonge constant avaient failli plus d’une fois le faire craquer. » L’un d’entre eux, Yakuba, employé dans le port de Haïfa, s’effondra un jour : « Il y avait des jours où je me disais : peut-être que toute l’histoire sur le Palmach, et mon enfance à Jérusalem, peut-être que ce n’et qu’un rêve. Peut-être que je suis vraiment un Hourani » (Ibid.).
A Beyrouth en 1948 une rumeur disait qu’on pouvait reconnaître un espion (jawasis) « à une marque dans son dos ou à l’intérieur de sa bouche, une étoile de David sur une dent de sagesse par exemple » (chap. 12). On voit ressurgir 3 ans après la chute d’Hitler les vieux fantasmes de marquage des Juifs.
La douleur était grande chez ces espions juifs de ne pouvoir rejoindre les Juifs résidant au Liban, ou ailleurs, car il fallait protéger ceux-ci de représailles si les espions étaient pris. On croyait encore à la possibilité pour les Juifs de résider dans les pays arabes cette année-là…
Cette séparation forcée provoqua parfois des rencontres douloureuses où malgré la nostalgie l’espion gardait son identité de façade.
L’espion d’Al-Qaïda dont nous avons vu l’itinéraire compliqué n’est pas comme le bateau de Thésée, il change, mais les morceaux de ses identités passées restent là pour juger son présent comme son passé. Chaque étape lui apparaît finalement comme utile à la cause qu’il souhaite défendre, en l’appelant une ou deux fois « l’humanisme », alors même que son histoire est semée de morts. Sa vie peut encore lui apparaître comme un progrès en 2015.
Pour d’autres la question de la survie se joue autrement. Pour les noirs afro-américains que décrit le roman Sula (op.cit.), l’auteur, Toni Morrison, écrit que s’ils ne se suicidaient pas, c’est que « c’était indigne d’eux » (p. 100) : « Ce qu’on prenait du dehors pour de la fainéantise, de la négligence, ou même de la générosité, n’était qu’une façon d’admettre la légitimité de forces autres que celle du mal » (Ibid.). La personnalité se forge ici différemment de l’activisme face au mal. Il est vrai qu’ils ne peuvent compter sur l’activisme des blancs : « Ils ne croyaient pas les médecins capables de guérir – aucun ne l’avait jamais fait, pour eux » (Ibid.). « Pour eux » … La mort est abordée différemment ici, non pas accidentelle mais intentionnelle. Face à elle la colère l’emporte sur le désespoir, la volonté de survivre sur le suicide, et le lecteur est tenté de dire que la vie apparaît comme un miracle chez le plus nonchalant en apparence des acteurs de ce drame.
Dans Sula, la vox populi finit par expliquer ainsi qui est Sula : un démon (p. 128). Alors, de façon surprenante, « ayant identifié la source de leurs malheurs, ils se sentirent libres de s’aimer et de se protéger les uns les autres. Tous se mirent à chérir épouses ou maris, à veiller sur leurs enfants, à réparer leurs maisons et plus généralement à se liguer contre le démon parmi eux » (p. 129). Sula les cimente, et sa disparition va disloquer la société. On n’est pas vraiment dans le partage ami/ennemi de la politique selon le nazi Carl Schmitt : les voisins ne veulent pas chasser Sula, « dans leur monde, les aberrations étaient aussi naturelles que la grâce » (ibid.). Dieu lui-même par un de ses aspects expliquait Sula. « Aucune créature n’était assez impie pour qu’ils veuillent l’anéantir » (Ibid.). Ce qui expliquait pour l’auteur l’extrême singularité de Sula, c’est que « sa vie était une perpétuelle expérience » (p. 130). « La première expérience lui avait appris qu’on ne peut compter sur personne ; la seconde, qu’il n’existait pas non plus de soi sur qui compter ». Pas de « soi » sur qui compter. On est loin de la révélation qui frappe son amie Nel au début du roman, quand grisée elle répète « Moi » comme une révélation. P. 130 il est écrit du point de vue de Sula : « Elle n’avait pas d’ego », et en même temps « elle n’avait aucune espèce d’ambition ». Et donc elle n’avait pas besoin « d’avoir la moindre cohérence ».
D’ailleurs ceux et celles qui parlent de l’esclavage parlent d’un corps morcelé, éclaté en fonctions d’usage par les maîtres esclavagistes. Dans Beloved, autre roman de Toni Morrison, Baby Suggs lave son corps par morceaux (p. 93, Bew York, Alfred A. Knopf, 1987). Il ne possède pas le langage pour définir : « Schoolteacher beat him anyway to show him that definitions belonged to the definers, not the defined” (p. 190), “le professeur le battait de toute façon pour lui montrer que les définitions appartenaient aux définisseurs, pas aux définis. » Même après la libération, les anciens esclaves se vivent encore comme dépossédés d’eux-mêmes et entrent dans une espèce d’errance. La tentation est celle de l’oubli de soi et de ses ascendants, le clivage de soi. A cela s’ajoute la haine persistante des blancs pour les noirs qui mine les noirs jusqu’à la haine de soi.
L’identité du nom connaît plusieurs étapes : le nom du lignage est effacé par le trafic d’esclaves, puis le nom du maître est rejeté comme scandaleux (d’ailleurs souvent le maître ne nomme pas l’esclave qu’il appelle), alors il y a la place des sobriquets, puis du nom témoin, comme le X de Malcom X (Voir « Hidden Name », de Ralph Ellison, p. 148 de Shadow and Act, London, Secker § Warburg, 1967). La prise en charge du nom européen peut finalement trouver sa place comme triomphe sur l’adversité. Ce nom va être redéfini par un homme et une femme libres et fiers, et noirs. Qui va dire qui je suis à ma place ? Notre époque justement, en 2020-2021, est celle ou chacune, chacun, est amenée ou amené à refuser le silence sur soi-même et à refuser d’être l’objet seulement, objet du discours de l’autre. Le risque est cependant, pour le coup, d’une société « atomisée », explosée, non pas en individus, mais en « dividus », faute de place à côté de soi et avec soi du visage et de la parole de l’autre.
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