Vous connaissez peut-être cette histoire : « Un jour la police est venue et elle a arrêté les Juifs et les coiffeurs. » Celui qui entend l’histoire pour la 1e fois constate avec effarement qu’il a pensé : « Pourquoi les coiffeurs ? »

En effet on s’habitue, sournoisement, à ce que les Juifs soient jetés en prison ou tués juste parce qu’ils sont juifs.

Tout le monde pense connaître l’histoire de Jonas et du poisson, mais qui se demande : « Pourquoi les marins jettent-ils le petit Juif à l’eau en pleine tempête ? »

On peut répondre : la tempête se calme donc c’était bien. Ou pire, on peut dire : « C’est lui qui l’a voulu ».

Mais un crime reste un crime. Il dormait au fond du bateau, on est allé l’arracher au sommeil en le sommant de prier son dieu aux côtés des goys qui prient ce qu’ils appellent « leurs dieux ». Ensuite on a tiré au sort (goral, qui fait penser à Pourim, et à Kippour par contraste), comme si le sort pouvait dire à cause de qui c’est la tempête. Le sort (pas Dieu qui se tait à ce moment de l’histoire) a désigné comme par hasard le petit Juif Jonas comme coupable idéal. Et on le jette à l’eau pour calmer le ou les dieux qui ne sont pas de la religion des marins goys.

On peut conclure : happy end, la tempête se calme, ils ont eu raison de le jeter vers la mort inévitable (avec une petite prière…).

Mais de quel point de vue pourrait-on sérieusement dire que Jonas est légitimement balancé au fond de l’eau ? N’est-ce pas un geste parfaitement criminel et idolâtre de sacrifice humain que l’Eternel lui-même n’a jamais prescrit ?

De même qu’Isaac est sauvé des mains d’Abraham par une intervention divine in extremis, de même ici l’Eternel s’oppose au sacrifice humain de Jonas par un geste immensément miraculeux : un poisson femelle géant vient avaler Jonas, et Jonas va chanter la bonté de l’Eternel et le prier d’une prière aussi touchante que la prière de ‘Hanna que nous lisons comme haphtara le 1er jour de Roch Hachana.

Bref, ne nous habituons pas à la contrainte dite religieuse et au meurtre des innocents, qu’ils soient juifs ou non juifs, telle est une des leçons de Kippour.

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