Notre époque ne peut éloigner le nazisme sans relire plus attentivement le livre de Klausewitz De la guerre en se méfiant de l’engouement dont il bénéficie avec parfois chez les moins fascistes un oubli de ses réflexions les plus radicales, pour lesquelles d’ailleurs il faudrait examiner le choix des mots dans la langue originale.

L’idée de l’anéantissement de l’ennemi se trouve comme fin de la guerre chez Clausewitz. Il semble qu’il y ait parfois des hésitations sur l’interprétation de cet anéantissement. S’agit-il simplement de l’anéantissement des forces armées de l’ennemi, ou de l’extermination ? En tout cas le livre de Klausewitz est un livre « dangereux » qui exige commentaires et critique, sans admiration aveugle.

L’exploitation de Klausewitz à des fins d’extermination se trouve par exemple chez Ernst Jünger qui, dans son livre La mobilisation totale, dit que même le bébé qui vient de naître est un ennemi et doit être traité en ennemi donc « totalement ».

Le nazisme va prôner l’élimination totale des Juifs pourtant sans armée propre et sans armes, et Carl Schmitt va en faire un ennemi essentiel, Heidegger un ennemi « métaphysique « , chez Schmitt en particulier sur le terrain de son influence supposée en particulier sur le terrain juridique (voir son travail sur Hobbes et son colloque de 1934).

Citations de Clauzewitz dans De la guerre Livre 1er 1e partie chapitre 1 :

§3 « Emploi extrême de la violence » (…) « Il est donc impossible d’introduire dans la philosophie de la guerre un principe de modération sans commettre une absurdité » .(…) « L’invention de la poudre, le développement continu des armes à feu montrent suffisamment qu’en progressant la civilisation n’a absolument pas entravé ou détourné la tendance sur laquelle repose le concept de la guerre, celle d’anéantir l’ennemi. »

« Nous réitérons notre thèse : la guerre est un acte de violence, et l’emploi de celle-ci ne connaît pas de limites. »

Voir comme un avertissement la totalité du §6 du chapitre 1 qui commence ainsi : « Ainsi dans le domaine abstrait du pur concept, la pensée réflexive ne connaît le repos qu’en étant parvenu aux extrêmes, etc »

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