Tour Eiffel bleueCertains votent à gauche, d’autres à droite, pour des motifs parfois compliqués, parfois par opposition plus que par conviction. Mais au-delà du vote, il ne faudrait pas oublier que gauche et droite sont d’abord une question d’être, et de moralité.

           L’homme de droite croit que le pouvoir n’appartient qu’à quelques-uns, que l’Etat c’est seulement quelques-uns : une minorité raciale, de sang bleu, vert, violet, ou tout ce qu’on veut s’imaginer avoir. Le peuple est l’éternel mineur, lui, à ses yeux d’homme de droite ; les femmes aussi même si elles sont de la famille du soi-disant être supérieur et de ceux qu’il désigne comme ses pairs.

          Celui qui est de droite se croit partie prenante de cette élite  et voter à droite flatte son ego. Il crie haut et fort que la gauche, si elle gagne le vote, est une usurpatrice. Mais ce qu’il est, lui, c’est quelqu’un qui refuse le vote au suffrage universel où touts les humains sont votants, de seul fait qu’ils sont des humains.

         L’homme de gauche pense que naturellement les humains ont un bon fond, et que s’ils sont méchants c’est qu’on les a rendus méchants, depuis l’enfance. C’est donc la société et l’éducation qu’il faut surveiller. D’autant plus que la démocratie comme le dit Montesquieu a besoin de vertu, là où la dictature n’a besoin que de peur.

         Etre de droite c’est cultiver la peur en soi et dans les autres. C’est partager le monde en trois: les protecteurs, les protégés et les ennemis.

          Etre de gauche c’est partager le monde en deux. Les exploiteurs et les exploités. Mais les exploiteurs c’est une classe, non tel ou tel individu qui ne fait que profiter du système.

          Etre de gauche c’est penser que le travail n’engendre pas la misère mais le Paradis sur terre: la nature aime le travail des hommes et se met à produire en abondance et en surabondance quand ils la soignent. Seule une mauvaise politique engendre la misère, au XXIe siècle.

          L’homme de droite se dit que s’il y a des pauvres c’est qu’ils l’ont mérité, et en plus ça l’arrange qu’il y ait des pauvres parce qu’il se plaît bien quand il fait l’aumône et fait chanter les pauvres (ou les riches qui ont peur de devenir pauvres).

          L’homme de gauche est révolté par les dames patronnesses. Il veut tout simplement que tous les pauvres soient riches.

          L’homme de droite cherche le gène de la méchanceté. Pour quoi faire? Pour exterminer.

          L’homme de gauche sait que celui qui cherche le gène de la méchanceté est fondamentalement méchant, non par ses gènes mais par ses intentions.

          L’homme de gauche espère rester toujours de gauche et plaint beaucoup l’homme de droite d’être de droite, même quand l’homme de droite est riche.

Laisser un commentaire