Le terroriste attire l’attention sur lui, et sur son message. Par la peur, il détourne les hommes et les femmes de la culture: théâtres, concerts, cinémas, voyages lointains, etc.. Il jette à la rue les enfants dont la famille meurt et en fait de futurs terroristes, eux que le terrorisme a privés de parents et de toit, des proies faciles, car ses « écoles » paraissent la structure qui manque au « gosse de la rue ». Le terrorisme absorbe dans les médias à peu près toute la catégorie désignée comme « les événements », et par là même il mange l’histoire et l’historicité de l’homme. Le terroriste parvient à dicter le timing et la mise en scène du terrorisme aux médias (ainsi, il faudrait éviter, quoi qu’on pense de la peine de mort, le terme « exécution » pour parler des gestes d’égorgement de lâches assassins, car il confère subtilement une valeur juridique et judiciaire à ce qui est aux antipodes de la justice et de l’humain). Le Web opère un véritable matraquage avec en 2006 pas moins de 4800 sites harcelant leur lecteur de haine, victimisant la deuxième génération de l’immigration et la conviant au flirt avec la mort au lieu et place de toute famille: la mort comme la vraie mère, la vraie soeur, la vraie fille, telle est la chorégraphie macabre de leurs envoûtements. Le refus de faire souche. Une femme en France ne disait-elle pas à la télévision ce mot aux sonorités ambigües: les « souchiens » [« sous-chiens » parce qu’ayant une famille?]?
Moralité : il faudrait faire partout un effort de « désattention«
Mais les mouvements terroristes prospèrent aussi en cas de détresse économique ou même de simple perte de confiance interhumaine dans les échanges, sur l’idée que la religiosité présente des garanties utiles pour le commerce:
« Les réseaux marchands taleban remplissent une fonction financière cruciale d’acheminement de l’argent des immigrés vers leur terre d’origine et leur maisonnée. Ils procurent à ceux-ci un sentiment de confiance qui est décisif compte tenu de l’instabilité de leur propre situation, de l’insuffisance du système bancaire dans les campagnes dont ils sont souvent originaires, de leur souci de préserver la discrétion deleurs transactions et de la fréquence des vols et des escroqueries. Ils apportent aussiaux opérateurs commerciaux des garanties morales précieuses dans le contexte de concurrence acharnée et de volatilité inhérent à la situation d’immigration. »
(Extrait de l’article « Qui a peur du Mollah Omar?« , de Fariba Adelkhah, Critique internationale n°12, p. 22-28, qui essaie, avec par ailleurs une vision bien trop complaisante de Ben Laden, de présenter l’univers mental des expatriés musulmans au sein du monde musulman prospère ( que finalement nous Européens nous sommes aussi, et l’Irak aussi).
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