Qu’en est-il réellement de l’évolution de la culture du pavot et de la production d’héroïne avant et après la guerre contre les Talibans et l’installation du nouveau gouvernement?
Je lis un rapport de l’ONU de 1998, puis je lis un article de 2007. Voici l’extrait du rapport de l’ONU tout d’abord:
Fiche d’information no 2
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Assemblée générale des Nations Unies New York, 8-10 juin 1998 |
STATISTIQUES CLÉS: PRODUCTION, TRAFIC ET CONSOMMATION ILLICITES DE STUPÉFIANTS
A. Production:
Opiacés
Estimation de la culture mondiale du pavot à opium et de la production mondiale d’opium *
| 1990 | 1991 | 1992 | 1993 | 1994 | 1995 | 1996 | 1997 |
1 267,754 286,368 265,216 289,355 283,049 266,478 271,999 265,741
2 3,830 4,314 4,140 4,693 5,519 4,486 4,389 4,861
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1=Culture en hectares
2=Production en tonnes d’opium
Sources: PNUCID, questionnaires destinés aux rapports annuels; estimations du PNUCID
[…]
S’agissant des surfaces cultivées, le PNUCID estime qu’un peu moins de 270 000 hectares étaient consacrés à la culture du pavot à opium en 1997, à peu près autant qu’en 1990. L’augmentation de la culture et de la production ces dix dernières années est le fait de l’Afghanistan et du Myanmar, l’Afghanistan étant la source principale de cette augmentation dans les années 90. A eux deux, ces pays ont représenté environ 80% des superficies consacrées à la culture du pavot à opium et environ 90% de la production illicite d’opium en 1996 et 1997.
Voici ensuite un extrait d’un article de mai 2007 (de tendance assez anti-américaine):
« Les Nations Unies ont annoncé que la culture de pavot en Afghanistan a augmenté. Les surfaces cultivées ont augmenté de 59% en 2006. On estime que la production de l’opium a augmenté de 49% par rapport à 2005.
Les médias occidentaux blâment en choeur les Talibans et les seigneurs de guerre. Selon des responsables occidentaux, « le trafic est contrôlé par 25 trafiquants, dont trois ministres du gouvernement » (Karzaï) (Guardian, op. cit.).
Par une ironie amère, la présence militaire des USA a servi à reconstituer plutôt qu’à supprimer le trafic de drogue, qui a été multiplié par 21 depuis l’invasion menée par les USA en 2001.
Ce que les médias omettent de rappeler est que le gouvernement taliban avait été pour beaucoup été dans la mise en œuvre du programme réussi d’éradication de la drogue, avec l’appui et la collaboration de l’ONU, en 2000-2001.
Mis en application en 2000-2001, le programme d’éradication des Talibans a provoqué une diminution de 94 pour cent de la culture de pavot. En 2001, selon des chiffres de l’ONU, la production d’opium était tombée à 185 tonnes. Juste après l’invasion US d’octobre 2001, la production s’est accrue considérablement, regagnant ses niveaux historiques.
Le Bureau des Nations Unies sur les Drogues et la Criminalité (UNODC), basé à Vienne, estime que la récolte 2006 sera de l’ordre de 6100 tonnes, soit 33 fois le niveau de production atteint en 2001 sous le gouvernement taliban (3200 % d’augmentation en 5 ans).
Les cultures ont occupé en 2006 165 000 hectares, contre 104 000 en 2005 et 7606 en 2001 sous les Talibans.
Un trafic de plusieurs milliards de dollarsSelon l’ONU, l’Afghanistan fournit en 2006 environ 92 pour cent de l’offre mondiale d’opium, qui est employé pour préparer l’héroïne.L’ONU estime qu’en 2006, la contribution du trafic de drogue à l’économie afghane est de l’ordre de 2.7 milliards de dollars. «
source: article de Michel chossudovski de 2007
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