Voici un extrait d’un article consacré au fondateur des Frères musulmans et à son fidèle disciple post mortem, Tariq Ramadan. J’invite à lire la totalité de l’article tiré de Prochoix. L’extrait suivant décrit la doctrine de la conquête du pouvoir par étape prôné par ce fondateur des Frères Musulmans.
« Ramadan appelle les musulmans européens à faire preuve d’intelligence pour appliquer la « méthodologie » de son grand-père, notamment sa stratégie de conquête par étapes. Une partie de son cours sur la « pensée musulmane contemporaine », édité sous la forme d’une cassette aux éditions Tawhid, insiste sur le respect du rythme imposé par son grand-père : « Le programme des Frères musulmans est constitué d’étapes parfaitement circonscrites et clairement définies. Nous savons parfaitement ce que nous voulons et quels sont les moyens dont nous devons user pour y parvenir. Regardez les trois étapes, elles sont connues : dimension profondément ancrée dans la méthodologie qui part du social d’abord.
Il dit : « 1. Nous voulons d’abord l’être humain musulman, c’est-à-dire l’individu dans ses pensées et sa foi, dans sa moralité et ses sentiments, dans son action et ses agissements. Telle est notre formation individuelle. « 2. Nous voulons, après cela, la famille musulmane, dans ses pensées et sa foi, dans sa moralité et ses sentiments, dans son action et ses agissements, et nous pensons ici autant à la femme qu’à l’homme. Telle est notre formation familiale. « 3. Nous voulons, après cela, le peuple musulman dans ces mêmes domaines, et c’est pourquoi nous cherchons à ce que notre message parvienne à l’intérieur de toutes les demeures, que notre voix soit entendue en tout lieu, que notre pensée se répande et investisse les régions, les hameaux, les villes, les chefs-lieux, les capitales et les métropoles. »
Cette première partie du programme, trois points sur les sept qu’il compte, fait déjà froid dans le dos. Pourtant, le simple fait de vouloir endoctriner l’ensemble du peuple avant d’établir un gouvernement islamique suffit à Tariq Ramadan pour y voir un modèle d’ouverture d’esprit et de démocratie. Toujours dans son cours destiné à initier à la pensée de Hassan al-Banna, il explique : « Il est intéressant de noter que ce n’est qu’après ces trois étapes qu’al-Banna parle de « gouvernement islamique » qui, dans la réforme de son organisation, est le prolongement naturel du processus de renaissance initié au niveau de l’individu. Le gouvernement n’est donc pas une simple structure qui s’impose à la société, il est l’aboutissement d’un processus de Réforme qui doit, à un moment de son évolution, s’organiser en trouvant un modèle de gestion politique fidèle à son élan. Nous sommes loin ici de toute pensée formaliste. » Nous voilà rassurés. Il ne s’agit pas de « formalisme » mais d’un « élan ». Mais où nous conduit cet élan ? Conscient qu’il ne faut pas brusquer les étapes et son auditoire, Ramadan ne fait qu’une allusion extrêmement rapide à la suite des réjouissances, à savoir l’instauration d’un empire islamique. Voici les quatre autres points prévus par le programme de Banna que Tariq Ramadan omet de détailler :
« 4. Nous voulons, ensuite, un gouvernement musulman qui mènera, par le peuple, les gens sur la guidée de l’islam, comme l’ont fait auparavant les compagnons du Prophète, paix sur lui, Abou Bakr et Omar. C’est pour cela également que nous ne reconnaissons aucune organisation gouvernementale ne reposant pas sur des fondements islamiques, et ne s’inspirant pas de ces fondements. C’est pour cela également que nous ne reconnaissons pas les partis politiques, ni toutes ces figures traditionnelles avec lesquelles les négateurs et les ennemis de l’islam nous ont contraints à gouverner et à contribuer à leur développement. Nous allons donc oeuvrer pour la renaissance du gouvernement islamique, sous tous ses aspects, et à la mise en place d’un gouvernement islamique sur les bases de cette organisation.
« 5. Nous voulons, ensuite, rassembler toutes les parties de cette patrie islamique, que la politique occidentale s’est évertuée à séparer, et que les convoitises européennes ont égarées et enfermées à l’intérieur de frontières. Nous rejetons donc tous ces accords internationaux qui transforment cette patrie islamique en un ensemble de petits pouvoirs, faibles et déchirés, dont l’absorption sera très simple pour tous ceux qui voudront usurper leurs droits. Et nous ne nous tairons pas devant l’entrave faite aux libertés de ces peuples, que des tiers ont accaparées injustement. Donc l’Egypte, la Syrie, le Hidjaz, le Yémen, la Tripolitaine, la Tunisie, l’Algérie, Marrakech, et tout empan de terre où il y a un musulman qui prononce « Il n’y a pas de divinité si ce n’est Dieu lui-même », tout cela constitue notre grande patrie, que nous nous efforcerons de libérer, de soustraire à cette emprise, de délivrer de cette tyrannie, et d’en rassembler l’ensemble des parties. Si le Reich allemand s’impose comme protecteur de tous ceux dont le sang allemand coule dans les veines, eh bien la foi musulmane impose à chaque musulman ayant la capacité de se considérer comme protecteur de toute personne ayant été imprégnée de l’apprentissage coranique. Il est donc interdit, dans la coutume islamique, que le facteur ethnique soit supérieur au lien opéré par le facteur « foi ». Et la croyance représente tout en islam. D’ailleurs, la foi ne se réduit-elle pas à l’amour et à la haine ?
« 6. Nous voulons, ensuite, que le drapeau de l’islam flotte de nouveau, au vent et bien haut, dans toutes les contrées qui ont eu la chance d’accueillir l’islam pendant un certain temps, et où la voix du muezzin a retenti par les takbirs et les tahlils. Puis la malchance a voulu que les lumières de l’islam se retirent de ces contrées, qui sont retombées dans la mécréance. Donc l’Andalousie, la Sicile, les Balkans, les côtes italiennes ainsi que les îles méditerranéennes sont toutes des colonies méditerranéennes musulmanes, et il faut qu’elles reviennent au sein de l’islam. Il faut également que la Méditerranée et la mer Rouge redeviennent des mers musulmanes, comme elles l’étaient auparavant, quand bien même Mussolini s’arroge le droit de reconstruire l’Empire romain. Ce soi-disant Empire d’antan ne s’est constitué que sur des bases de cupidité et de désirs passionnels. Il est donc de notre droit de reconstruire l’Empire islamique, qui s’est établi par la justice et l’égalité, et qui a répandu la lumière de la guidée parmi les gens.
« 7. Nous voulons, après cela et avec cela, exposer notre message islamique au monde entier, atteindre les gens dans leur totalité, répandre à tous les horizons terrestres, et y soumettre tous les tyrans jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de désordre, et que la religion soit entièrement vouée à Dieu. Ce jour venu, les croyants se réjouiront du secours divin, Il secourt qui Il veut, et c’est Lui le Puissant et le Miséricordieux ». Faut-il vraiment commenter cette Epître aux jeunes par laquelle Hassan al-Banna invite à prendre modèle sur le nazisme et à étendre l’impérialisme islamique sur tout pays comptant ne serait-ce qu’un musulman ?
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