Quand on regarde les 613 commandements tels que définis par Maïmonide, on y voit l’importance capitale de la morale. En effet d’un certain point de vue on dit qu’il n’y a pas de petit commandement et dans ce cas ils sont tous égaux: cette idée est sans doute destinée à nous faite envisager cette structuration de la vie juive en classant et en comptant ces commandements. On voit alors l’importance capitale de la morale, celle, dirais-je, que tout homme de coeur même non juif devrait s’attacher à pratiquer. Les Juifs me paraissent en moyenne plus moraux et exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes que les non-juifs, sans doute parce qu’en dehors du secours, si l’on y croit, de la présence divine, un Juif peut éventuellement être davantage enclin à respecter qu’à enfreindre la morale par le contexte éducatif et rituel juif l’aidant à faire attention et à structurer son comportement de façon à éviter les tentations et l’impulsivité.
Il y a dans les 613 Commandements selon Maïmonide, par un décompte qui donne plutôt un ordre de grandeur, 191 commandements de morale. On peut y adjoindre la croyance en un Dieu unique et le rejet de l’idolâtrie (sacrifices au dieu Moloch, statues), et de la magie : 5 commandements positifs et 56 négatifs ce qui fait 61. Nous arrivons alors à un total de 252 commandements.
Les règles alimentaires (cacherout) c’est seulement 35 commandements. Les règles d’impureté rituelle 17, dont seuls restent 6 commandements (pratiqués surtout par les Juifs orthodoxes).
Et les commandements devenus inapplicables, ceux du sanctuaire (or le Temple est détruit depuis l’an 70 de notre ère), et du naziréat, 188, plus 4 règles sur les esclaves (nul ne peut vouloir qu’il y ait des esclaves afin de pratiquer ces règles!), et 4 sur les lépreux (il n’y a quasiment plus de lèpre dans les monde, et sans doute aucun cas chez les Juifs), cela fait 196. Restent quelques règles diverses dont 48 commandements rituels.
Ce qui veut dire que dans la vie juive, depuis la destruction du Temple (et d’ailleurs Maïmonide pense que l’homme raisonnable ne voudra plus jamais faire de sacrifices d’animaux, la prière étant là, selon les textes bibliques eux-mêmes, pour les remplacer avantageusement (1)), sur la totalité des commandements restant applicables, de l’ordre de 400, 250 environ sont de l’ordre de la morale, et une quarantaine d’ordre juridique.Cela fait deux tiers des commandements applicables.
Si surprenant que cela paraisse à première vue, ce qui sépare le plus orthodoxe du plus libéral des Juifs ne représente que 35 préceptes de cacherout (règles alimentaires et sur l’abattage des animaux), et 6 préceptes d’impureté rituelle. (9 préceptes de cacherout risquent peu d’ailleurs d’être violés dans la vie actuelle). Soit 7 à 10% des commandements applicables.
En revanche un homme très moral et croyant en un Dieu unique créateur du ciel et de la terre pourrait respecter sans le savoir (donc du point de vue juif religieux sans en avoir le mérite..) 62% des commandements pour schématiser (car certains sont liés à des rituels juifs, en fait, mais interprétables en termes de morale générale, comme laisser les coins du champ aux pauvres). Et l’athée, qui n’est pas idolâtre et ne croit pas à la magie, presque autant.
(1)Voir Maïmonide Guide des égarés III,32, par exemple il prête à l’Eternel ces paroles: « Vous continuez à vous rendre au Temple et à offrir des sacrifices, qui ne sont pas le but qu’on avait principalement en vue« . Amos 5:21-24, Osée 6:6, Isaïe 1:11-17
Répondre à coirault-neuburger Annuler la réponse.