Le Rabbin Williams de la Synagogue de la rue Copernic à PAris (ULIF)  Il paraît que les Juifs libéraux n’ont pas leur mot à dire ni leur bulletin de vote à donner pour les élections proches du Grand Rabbin de France. Il paraît. Pourtant il y a l’histoire…

« Salomon Ullmann est né en 1806 à Saverne, en Alsace.

Il est formé à l’Ecole préparatoire au Rabbinat que dirige le rabbin Lazard Libermann, son oncle. Il complète sa formation auprès de Moïse Bloch, un savant talmudiste, à Strasbourg où s’installe sa famille en 1818. Elève intelligent, doté d’une grande curiosité intellectuelle, il progresse vite, mais pauvre, il est contraint de recopier à la main sa première grammaire hébraïque car il manque des moyens financiers pour l’acquérir. Il entre à l’Ecole centrale rabbinique de Metz en 1830, sans avoir acquis des connaissances dans les sciences profanes. En 1832, il obtient son baccalauréat. Il est nommé à Lauterbourg en 1834 dont il devient une figure éminente et active malgré sa santé précaire. Grand Rabbin de Nancy en 1844, il est ensuite élu Grand Rabbin de France en 1853. Une fonction qu’il exerce jusqu’à sa mort. Il organise la Conférence centrale des Grands Rabbins de France du 15 au 25 mai 1856. A la majorité de sept voix contre deux, des réformes sont votées afin d’adapter le judaïsme à l’esprit du temps : révision de certaines prières tel les piyoutim (poèmes liturgiques), possibilité doctrinale d’introduire l’orgue dans les synagogues et de permettre à un non-israélite de jouer chabbat de l’orgue et lors de fêtes juives, modification de la cérémonie de la bar mitzva (événement qui marque la majorité religieuse du jeune juif âgé de treize ans), surveillance des cho‘hatim (sacrificateurs rituels) et du contenu des livres destinés aux enfants.Cet érudit est expert en philosophies et littératures juives, françaises et étrangères. En témoignent son Recueil d’instruction religieuse et morale à l’usage des écoles israélites (1859), ses grammaires hébraïques et ses traductions.

C’est un homme cultivé, ouvert et fédérateur qui disparaît en 1865. »

Source : http://judaisme.sdv.fr//histoire/rabbins/ullmann.htm

Résumons: Salomon Ullmann (1806–1865) fut un Grand Rabbin réformateur. Formé à l’Ecole rabbinique, il devient Grand Rabbin de France en 1853. A ce titre, en 1856, il initie des réformes du judaïsme afin de l’adapter à son époque.

Pour mieux connaître le libéralisme, qui est si important dans le monde et qui est souvent méconnu et calomnié en France, voici une table ronde de décembre 2007.

(Le centenaire de l’ULIF (1907-2007)
Table-ronde: origines et histoire du judaïsme libéral en Europe (80 mn)
Michael Williams, Stephen Berkowitz, Dominique Bourel, Catherine Poujol, Alexandre Adler,
L’Union Libérale Israélite de France – Paris, décembre 2007)

 Liste des conférenciers de la Table ronde (80 mns) au siège de l’ULIF, en décembre 2007:

Michael Williams est le rabbin de la synagogue de l’Union Libérale Israélite de France depuis 1976. D’origine anglaise, il a fait des études d’histoire à l’université d’Oxford dont il est diplômé avant de reprendre des études juives au Leo Baeck College à Londres.

Stephen Berkowitz est rabbin au Mouvement libéral juif de France aux côtés de Daniel Fahri et Célia Surget. Né à New York, il a suivi des études rabbiniques au collège reconstructionist de Philadelphie et a été ordonné rabbin en 1986.

Dominique Bourel est directeur de recherche au CNRS, et chargé de conférence à l’École pratique des Hautes Études. Spécialiste du judaïsme allemand, il est l’auteur d’ouvrages consacrés à Martin Buber et Moïse Mendelssohn.

Catherine Poujol est professeur d’histoire et de civilisation de l’Asie Centrale à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Elle a publié plusieurs ouvrages sur l’Asie Centrale.

Alexandre Adler est historien et journaliste, spécialiste de géopolitique internationale. Il est membre du comité éditorial du Figaro et chroniqueur sur France Culture.

Pour en savoir plus sur le judaïsme libéral et réformé voir par exemple ce site en anglais : reform judaism 

En France:

 L’ULIF,

le MJLF,

Kehilat Gesher,

la CJL,

Adath Shalom,

etc.

5 réponses

  1. Avatar de Judaisme

    Et Bernheim ?

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  2. Avatar de Samuel
    Samuel

    Gilles Bernheim n’a rien d’un Juif réformé ou libéral..Il est Juif orthodoxe, mais ça ne diminue en rien ce qu’il est en tant qu’homme. Je suis Juif libéral, je suis dans deux communautés libérales. Nous avons du respect pour le Grand Rabbin Gilles Bernheim même si ce dernier n’est pas en accord avec notre mode de pensée…Nous ne sommes pas reconnus par le Grand Rabbinat de France en étant libéraux, mais nous sommes le mouvement qui rassemble le plus de Juifs sur tout le globe..
    De toute manière, nous y arriverons, le consistoire central israélite de France sera bien obligé de s’adapter à l’attente des Juifs Français désireux de vivre un Judaïsme conforme à leur temps c’est à dire à la modernité.

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  3. Avatar de POUJOL Catherine
    POUJOL Catherine

    Vous avez fait erreur dans mon cv je suis chercheur au CIERL à l’université libre de Bruxelles

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  4. Avatar de F.M.Clément
    F.M.Clément

    Il est à noter, et cela me semble important afin de compléter votre article, que la réforme du judaïsme en France est née sous l’impulsion de James Darmesteter, professeur au Collège de France, vers la fin du XIXe siècle. Il était impossible pour les Juifs réformateurs Français de copier le modèle allemand et de se réclamer ouvertement, voire de revendiquer, dans un premier temps en tout cas, les idées du rabbin Allemand Moïse Mendelssohn. La défaite de la France face à la Prusse en 1870 et la politique revancharde des républicains justifie, d’une part, cette attitude. L’Affaire Dreyfus, qui incite à trouver une solution permettant de montrer aux montées antisémites que les Juifs de France font parties intégrantes de la République, justifie d’autre part la volonté d’intellectuels et d’élus à la représentation nationale, de confession juive de réformer le judaïsme. C’est au sein du « Cercle Libéral » que ces intellectuels tentent de réformer le judaïsme Français au travers d’une réflexion positiviste que partageaient d’ailleurs les républicains opportunistes au pouvoir. Les transformations adoptées ne sont alors pas aussi radicales que celles adoptées dans le modèle allemand. À tel point que les libéraux demeurent dans un premier temps au sein des structures officielles du judaïsme. Les réunions des libéraux se tiennent d’ailleurs à la synagogue de la Victoire, avec l’accord du grand rabbin Zadoc Kahn. C’est lorsque que les libéraux ont manifesté leur volonté de suivre les offices dans une synagogue distincte que la tutelle consistoriale leur a été retirée. Les lois laïques de 1905 et 1907 ont ouvert le champ à la fondation d’une entité indépendante du Consistoire central. Ce fut l’ULIF, fondée en 1907, qui initia le schisme entre judaïsme consistorial et judaïsme libéral en France. Donc, loin de rejeter cette volonté de voir le judaïsme évoluer dans son approche pratique, le Consistoire l’a d’abord entretenu si ce n’est même encouragé comme vous l’avez souligné à travers votre article et comme je le rapporte ci-dessus. Aujourd’hui la querelle entre les deux « mouvements » n’a plus réellement lieue d’être si ce n’est sur un plan strictement « pratique ». Au contraire, ils devraient se rapprocher et construire ensemble une communauté Juive unie si ce n’est dans sa conception dans la pratique de la religion, que ce soit dans l’adhésion commune à des croyances et des traditions communes.

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  5. Avatar de coirault-neuburger

    Merci beaucoup de ce commentaire. Je pense que les relations seraient d’autant plus apaisées si en Israël aussi il y a avait laïcité et constitution d’un état civil laïque

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