Les élections récentes au CFCM montrent que les plus extrémistes perdent de leur influence, même s’ils restent assez présents en Ile de France et dans le Nord Pas-de-Calais.
Lors des élections antérieures, les résultats étaient : Sur les 41 membres élus du Conseil français du culte musulman (désignés en avril 2003 par 4 042 grands électeurs seulement), 13 sièges pour l’UOIF, 16 sièges pour la Fédération nationale des musulmans de France (pro-marocaine), et seulement 6 sièges pour les proches de Dalil Boubakeur à la Mosquée de Paris (sous influence algérienne). Les Turcs, les indépendants et les Réunionnais se partageaient les 6 derniers postes.
Aujourd’hui, lors des élections qui viennent d’avoir lieu, la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF, proche du Maroc) a remporté 19 des 43 sièges, gagnant ainsi trois sièges. De son côté, la Grande Mosquée de Paris (GMP, proche de l’Algérie) a gagné quatre sièges et donc a 10 sièges, et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans) a 10 sièges et a donc perdu trois sièges. Par ailleurs, le Comité de coordination des musulmans turcs de France obtient un siège, et a donc perdu un siège. La liste d’union des mosquées de l’île de la Réunion se maintient avec deux sièges. Les indépendants conduits par la mosquée Al-Islah de Marseille gardent également leur siège.
C’est plutôt une bonne nouvelle pour ceux qui espèrent que pratique religieuse puisse ne plus jamais ou presque rimer avec violence et oppression des femmes, et il y a du travail pour cela non seulement chez les Musulmans, mais aussi chez les Juifs et chez les chrétiens, sans parler des pratiques barbares concernant les femmes dans le monde polythéiste aussi, par exemple en Inde ou les veuves en particulier sont maltraitées, et ou le sort des femmes est peu enviable, ou enfin des milliers d’hommes sont voués à ne jamais trouver de femmes en raison des infanticides et des avortements visant des filles.
On se ferait une idée plus précise de la volonté des Musulmans de France si l’élection se faisait par personne plutôt que par mètre carré de lieu de culte. L’UOIF en particulier sait faire appel à de riches particuliers dans les Emirats soucieux de donner leur part règlementaire d’aumône mais peu soucieux apparemment de savoir à qui ils donnent cet argent. Pourtant il y a en France beaucoup de misère encore, en particulier dans nombre de foyers monoparentaux et parmi les personnes âgées, et de toute façon il faudra bien arriver à ce que les Musulmans français financent eux-mêmes leur vie religieuse sans faire appel à l’étranger et donc risquer de perdre leur indépendance. De plus cette histoire des mètres carrés pour les élections risque de fausser l’évaluation rationnelle des besoins réels des musulmans localement en matière de mosquées. Va-t-on arriver à ce que des musulmans se précipitent pour construire une mosquée avant tout pour occuper le terrain en tant qu’association, alors que cela risque de faire que certains musulmans, moins argentés et plus modérés, soient obligés de faire des kilomètres s’ils veulent trouver une mosquée dont les mètres carrés ne soient pas nécessairement islamistes? Or cela peut décourager la pratique religieuse, déjà seulement dix pour cent des musulmans de France disent aller une fois par semaine à la mosquée.
La Grande Mosquée de Paris, dont le recteur Dalil Boubakeur est l’actuel président du CFCM, et la Grande mosquée de Lyon n’ont pas participé à cette élection de dimanche dernier.
Au total, ont voté quelque 4.900 délégués représentant 1.035 mosquées de France.
Les musulmans de France se répartissent ainsi:
Plus de 1,5 million d’Algériens. Premiers arrivés sur le sol français, ils sont majoritaires en France et sont installés surtout dans les grands bassins industriels. Plus touchés que les autres par la sécularisation, ils ont souvent un rapport distancié à l’islam.
1 million de Marocains. Il s’agit d’une population en majorité d’origine berbère, ouvrière et rurale, très pratiquante. Présents sur tout le territoire, ils gèrent la majorité des lieux de culte. 40 % des imams et la majorité des 25 000 pèlerins qui se rendent chaque année à La Mecque sont marocains.
Plus de 400 000 Tunisiens. Éclatés sur le plan géographique et socioprofessionnel, ils sont concentrés dans les villes.
Près de 340 000 Africains subsahéliens, principalement d’origine sénégalaise et malienne. Leur nombre s’accroît de manière significative en raison d’un fort taux de natalité. Ils pratiquent un islam très traditionnel.
313 000 Turcs. Une population récente sur le sol français, mais en progression démographique forte. Quelle que soit la tendance à laquelle ils se rattachent, ils se différencient par un très fort sentiment ethnique et national.
100 000 originaires des Comores, surtout à Marseille.
70 000 originaires d’Asie.
Il faut ajouter à ces groupes les musulmans d’outre-mer (70 000 Réunionnais, 193 000 habitants de Mayotte), ainsi que les Français convertis et les étrangers musulmans en situation irrégulière. (Source Ined 1999.)
Plusieurs sondages récents ont montré que la pratique religieuse (principalement fréquentation de la mosquée et jeûne du ramadan) est plus forte chez les immigrés récents. 43% des musulmans nés en France se disent non pratiquants.
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