sculpture naturelle une tĂȘte d\'ail    On nous raconte en ce moment que la hausse des prix des productions agricoles destinĂ©es Ă  l’alimentation est nuisible aux pauvres. Pourtant cela devrait ĂȘtre le contraire: les denrĂ©es alimentaires sont scandaleusement sous-payĂ©es aux agriculteurs dans le monde et ce sont les pays oĂč l’agriculture emploie le plus de monde qui sont les plus pauvres, les paysans sont les plus pauvres. Ce qu’il faudrait ce serait donner de l’aide Ă  leurs clients, afin que ceux-ci achĂštent mĂȘme au prix fort ce dont ils ont besoin pour se nourrir, plutĂŽt que de donner directement des denrĂ©es alimentaires venues de pays riches, comme l’Europe ou les Etats-Unis, au risque comme depuis des annĂ©es de mettre les paysans africains dans la situation oĂč ils ont intĂ©rĂȘt Ă  abandonner leurs cultures pour se joindre au peuple des mendiants des villes et recevoir l’aide alimentaire. Certes, ilfaudrait redĂ©velopper les cultures de produits alimentaires plus fondamentaux que le cafĂ© et le chocolat. Mais alors il faudrait aussi que ces pays n’aient plus Ă  exporter autant de cafĂ© et de cacao pour rembourser l’Ă©norme dette qui leur reste vis-Ă -vis du reste du monde. Et donc il faudrait les aider Ă  rembourser autrement, ou Ă  ne pas rembourser du tout. Il faudrait ramener les mendiants vers les campagnes, pour qu’ils reprennent l’agriculture, mais n’est-ce pas trop tard? Car ce qu’il faut c’est des agriculteurs et agricultrices formĂ©s Ă  des techniques agricoles permettant de bien gĂ©rer une agriculture vivriĂšre, sous peine de rĂ©gression encore plus grande de l’agriculture des pays pauvres; et de rĂ©gression de la fertilitĂ© des sols.

Un article trĂšs intĂ©ressant sur la spiruline, une algue trĂšs nutritive et faible consommatrice d’eau: voir le tableau fourni dans l’article:

L’article par ailleurs prĂ©occupĂ© des OGM nous parle ainsi de la spiruline:

« RedĂ©couverte en 1960, elle dispose d’un intĂ©rĂȘt nutritionnel exceptionnel, au point que le Conseil des Nations-Unies a dĂ©veloppĂ© une institution pour la promotion de sa culture et de son utilisation pour lutter contre la malnutrition sĂ©vĂšre : l’IIMSAM. CultivĂ©e sur tous les continents, la Chine en est le premier producteur au monde. Au Tchad, les galettes traditionnelles de Spiruline s’appellent DihĂ© et sont considĂ©rĂ©es par la FAO comme une des sources de la bonne santĂ© de la population locale (Aspects nutritionnels de la Spiruline, Antenna Technologies). Le marchĂ© porteur de cet algue dans le secteur des complĂ©ments alimentaires, y compris dans les pays du Nord, a conduit des entreprises de biotechnologies Ă  exploiter ses ressources en la modifiant avec des technologies propriĂ©taires, mais la spiruline possĂšde naturellement des qualitĂ©s en faisant un outil sĂ©rieux de lutte contre la malnutrition, dont le coĂ»t est infĂ©rieur Ă  7 dollars US le kilo .

En sa qualitĂ© de micro-algue naturelle, elle est une source d’élĂ©ments hautement assimilables, dont le fer, et constitue un apport protĂ©ique trĂšs satisfaisant pour les enfants et nourrissons. Aussi, 10 g de spiruline couvrent 100% des apports journaliers recommandĂ©s en fer pour un adulte, et elle contient deux fois plus de protĂ©ines que le soja et trois fois plus que la viande de boeuf. Elle est aussi trĂšs riche en vitamines (A. BI, B2, B12, E), mais aussi en calcium, phosphore, magnĂ©sium et contient de l’acide gamma-linolĂ©ique (biologiquement utile et rare dans l’alimentation courante). La culture de la spiruline est facile car elle se fait dans des bassins ensoleillĂ©s de quelques dĂ©cimĂštres de profondeur, dans une eau alcaline (pH proche de 10) et maintenue Ă  une tempĂ©rature comprise entre 30 et 35 °C. La production de spiruline atteint 20 grammes par mĂštre carrĂ© par jour. AprĂšs filtration, Ă©gouttage, lavage, puis sĂ©chage, on obtient une fine poudre verte, que l’on peut incorporer dans l’alimentation.

10 grammes par jour de Spiruline, avec une céréale et de la vitamine C, suffit pour combattre la malnutrition.

La spiruline dispose aussi du plus fort rendement en protĂ©ines par hectare comparativement Ă  d’autres cultures alimentaires traditionnelles. »

Voici quelques chiffres sur l’agriculture et la famine:

« Il y a urgence Ă  rĂ©pondre aux besoins immĂ©diats. Rappelons que l’aide au dĂ©veloppement de l’Union EuropĂ©enne s’est rĂ©duite en 2007, et que celle de la France est descendue de 0,47 % du PIB en 2006 Ă  0,39 % en 2007. Nicolas Sarkozy peut alors proposer de doubler la seule aide alimentaire : on est loin du compte. Quant au PAM (le programme alimentaire des Nations Unies), il lui faudrait dĂ©jĂ  500 millions de dollars de plus pour continuer Ă  nourrir les 90 millions de personnes en sous alimentation grave et permanente, qu’il aide dĂ©jĂ , Ă  cause du surenchĂ©rissement des prix. Il lui faudrait 3,5 milliards de dollars supplĂ©mentaires par an pour nourrir les 100 millions d’habitants du globe qui s’ajoutent aux prĂ©cĂ©dents et quand bien mĂȘme, cela ne suffirait pas Ă  enrayer la croissance exponentielle de la famine.

Mais, au-delĂ , il faut donc redonner Ă  l’agriculture une place stratĂ©gique dans l’économie, avec un objectif clair : permettre aux pays en dĂ©veloppement d’aller vers l’autosubsistance. C’est une vĂ©ritable rĂ©volution verte qu’il faut ainsi conduire en Afrique, en donnant la prioritĂ© absolue Ă  la culture vivriĂšre, familiale, et de subsistance. Il faut aussi accroĂźtre la recherche pour trouver des produits adaptĂ©s Ă  chaque terre, Ă  chaque climat, et rĂ©pondant aux modes de nutrition de la population. L’aide au dĂ©veloppement devrait Ă  la fois financer les agriculteurs pour qu’ils aient accĂšs aux semences et aux engrais (qu’on aimerait Ă©cologiques), organiser des formations, et la diffusion des techniques agricoles appropriĂ©es, financer les infrastructures.

N’oublions pas que l’agriculture au-delĂ  de l’urgence nĂ©cessaire de l’alimentation de la population, est aussi un facteur clĂ© pour la croissance. La Chine et l’Inde ont montrĂ© que l’enrichissement (d’ailleurs trĂšs relatif) des agriculteurs a permis le dĂ©veloppement de ces pays. Il convient aussi de travailler sur le stockage et la transformation des produits pour que la valeur ajoutĂ©e reste dans les pays en accompagnant la crĂ©ation d’industries agroalimentaires. »

(P. 40-41 de la contribution pour le congrÚs de Reims 2008 du Parti socialiste Une vision pour espérer, une volonté pour transformer ).

Certains voient un scandale dans la production de biocarburants, pourtant dĂ©fendue par certains pays dont le BrĂ©sil et les Etats-Unis, on ne peut que dire combien il est utilie de diversifier les recherches visant Ă  rĂ©server le pĂ©trole Ă  certains usages non Ă©nergĂ©tiques et Ă  produire des moteurs et de l’Ă©nergie par toutes sortes de moyens aussi peu polluants que possible en termes notamment d’Ă©mission de gaz Ă  effet de serre et de ressources en eau. On voit mal en quoi les surfaces cultivĂ©es pourraient contribuer Ă  la famine, dans la mesure oĂč les pays qui sont les plus gros producteurs d’Ă©thanol ne sont pas vouĂ©s Ă  susciter des famines vu l’Ă©tendue de leur territoire et leur richesse. En revanche il faudrait redĂ©velopper les agicultures destinĂ©es Ă  l’alimentation dans chaque pays, sans pour autant en revenir Ă  l’agriculture vivriĂšre dont il faut rappeler qu’elle est de trĂšs faible rendement, de trĂšs faible productivitĂ©, et tend souvent Ă  Ă©puiser le sol si elle ne s’accompagne pas de toutes les ressources de la science agronomique moderne.

Une réponse

  1. Avatar de Aurélien

    « En revanche il faudrait redĂ©velopper les agicultures destinĂ©es Ă  l’alimentation dans chaque pays, sans pour autant en revenir Ă  l’agriculture vivriĂšre dont il faut rappeler qu’elle est de trĂšs faible rendement, de trĂšs faible productivitĂ©, et tend souvent Ă  Ă©puiser le sol si elle ne s’accompagne pas de toutes les ressources de la science agronomique moderne. »

    Malheureusement, Martine Aubry a l’air complĂštement dĂ©sinformĂ©e ou intoxiquĂ©e par certains discours, sans doute d’industriels, en ce qui concerne les questions agricoles. D’autre part, clairement, les « bio »carburants (agrocarburants) reprĂ©sentent Ă  grande Ă©chelle des consommations d’eau importantes, et il s’agit donc d’une tromperie de dire que les agrocarburants ne posent pas de problĂšmes de ressources en eau. La solution Ă©nergĂ©tique ne passe donc clairement pas par la combustion organique de masse, qui ne peut ĂȘtre qu’un appoint local pour certains professionnels, comme par exemple les agriculteurs.

    D’autres solutions agronomiques et beaucoup moins spĂ©cifiques Ă  la malnutrition, mais Ă  l’agriculture de maniĂšre gĂ©nĂ©rale: la technique du Bois RĂ©al FragmentĂ©, de pair avec une politique de reboisement, et de gestion collectivisĂ©e locale de l’Ă©lagage-broyage des arbres:

    http://anti-ogm.info/?p=183

    J’aime

Votre commentaire