L’antisémitisme autrichien du XIX et du XX siècles s’est développé dans un milieu catholique. Adolf Hitler cite dans Mein Kampf deux personnalités antisémites autrichiennes, Schonerer (1843-1921) et Lueger (1844-1910) dont les attitudes ont influencé l’idéologie nazie.
Encore aujourd’hui beaucoup de catholiques refusent aux Juifs le droit d’avoir une lecture littérale, dite « le pchat », c’est-à-dire la lecture simple, la lecture dépouillée, à la base des autres lectures (le remez, le drach et le sod). Ils refusent que les Juifs lisent notamment certains passages comme un souvenir du passé et pas ou pas seulement comme une annonce de l’avenir.
Le Pape actuel peut donner quelques espoirs aux Juifs de pouvoir cohabiter paisiblement même avec les catholiques, dans la mesure par exemple où il a donné sa caution autrefois à un livre intéressant : Comme préfet de la Congrégation du Vatican pour la doctrine, il a écrit l’introduction et a sanctionné la publication d’un document de plus de deux cents pages publié par la Commission Biblique Pontificale sur Les Juifs et leurs Saintes Écritures dans la Bible chrétienne; ce document parle aussi du chemin particulier aux Juifs vers le salut, qui implique une interprétation différente, mais authentique, des Écritures hébraïques. Ce document suppose aussi que le messie juif, lors qu’il apparaîtra, ne sera pas simplement Jésus Christ tel que les chrétiens le comprennent, même s’il aura les traits essentiels du messie chrétien.
Autre réaction pénible des catholiques quand ils apprennent que quelqu’un est juif, ou s’est converti au judaïsme : « Alors comme ça vous êtes le peuple élu ?! » L’air de dire « comme vous êtes méchants de vous croire au-dessus des autres et de manquer d’universalisme ». Il y a là une glorification personnelle des catholiques, le mot « catholikos » voulant dire « universel » : seuls les catholiques auraient le droit de se dire « peuple élu » parce que seuls ils auraient vocation à englober universellement tout le monde : belle preuve de modestie en effet de la part de ces catholiques, qui là encore ne suivent guère les efforts de leur hierarchie et de leurs Papes pour faire respecter les voies religieuses des peuples du monde dans leur diversité, et faire reconnaître la source juive du christianisme.
Que l’intime sentiment d’être aimés de Dieu ait permis aux Juifs de supporter l’insoutenable persécution interminable de peuples affolés de haine du Dieu d’Israël (Des peuples notamment catholiques imprégnés de gnosticisme qui parlaient sans cesse du créateur du ciel et de la terre comme du supposé cruel dieu vengeur de « l’Ancien testament »), cela relève justement de l’intimité qui n’a ni à s’expliquer ni surtout à se prouver auprès de ceux qui ne sont de toute façon ni amis ni bienveillants. Mais citons quelques mots de l’émouvante cérémonie dite du « Tachlikh » qui vient d’avoir lieu comme chaque année au bord des eaux vives le jour de Rosh ha-shana, jour anniversaire de la création du monde et nouvel an juif : « Seigneur notre Dieu, nous avons l’espérance de voir bientôt les hommes se réunir devant toi en un seul faisceau. « Les fils d’Ephraïm, disait le prophète ancien, ne jalouseront plus ceux de Juda ». Il n’y aura dans notre temps plus de haines entre les israélites et les adhérents des autres cultes. La calomnie sera contrainte de fermer sa bouche ; les peuples au milieu desquels nous habitons n’auront pour nous que des sentiments d’amour, et nous les traiterons en amis et en frères. Nous oublierons la longue oppression des siècles passés. Alors nous et tous les opprimés nous passerons de l’esclavage à la liberté, du deuil à la joie, et les temps heureux prédits par tes prophètes viendront bientôt, où le loup sera en paix avec l’agneau, où l’unité de l’Eternel sera reconnue, où enfin la terre sera remplie de la connaissance de l’Eternel, comme le lit de l’Océan est remplie de ses flots. » (Trad. R. Astruc)
Terminons en disant qu’aujourd’hui c’est en milieu catholique que la majorité des enfants juifs trouvent un refuge pour étudier en paix, loin des insultes et des agressions : voilà ce qu’on peut lire dansle dernier « Tribune juive » : la baisse [des signalements d’agressions antisémites dans l’enseignement public] illustre d’abord une diminution des signalements de la part des directeurs d’école : quand la température monte, certains préfèrent casser le thermomètre. Il suffit de signaler une violence sans préciser sa nature raciste ou discriminatoire ». La publication en août 2006 par l’hebdomadaire Le Point de l’intégralité des données collectées, établissement par établissement, via le logiciel Signa, aurait poussé de nombreux proviseurs et principaux à ne plus faire les signalements pour ne pas être « stigmatisés ». Enfin et surtout, remarque Georges Bensoussan, « les chiffres baissent pour une très mauvaise raison : dans certains collèges publics, il n’y a plus d’élèves juifs ». En mars dernier un sondage du Fonds social juif unifié révélait que 63 % des élèves juifs étaient scolarisés dans le secteur privé. « Il y a dix ans la proportion était de 20 %, quasi exclusivement dans le privé juif. La majorité des élèves juifs du privé vont dans l’enseignement catholique. Ils se retrouvent entre eux pour éviter les coups, pas pour étudier la Torah. Cette réalité est un drame pour la société française. » » Retenons pour notre sujet l’aspect positif : aujourd’hui les plus pieux d’entre les catholiques, les plus à l’écoute du Pape et des prêtres de la hiérarchie, sont en général de vrais amis pour les Juifs.
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