Qui portera le chapeau?On lit dans l’éditorial du site de l’OCDE, à propos du plan de redressement des Etats-Unis : « En mettant fin à la réduction du levier financier par les établissements financiers – mouvement qui se déroulait à une vitesse alarmante au moyen de passations par pertes et profits et d’une contraction du crédit – le plan de sauvetage systémique contribue à stabiliser les économies américaine et mondiale. »

Quant aux Européens, ils ont fait ce qu’ils ont pu pour garantir la confiance  mais notamment c’est aux Etats que nous sommes destinés à faire confiance quand on lit dans le Journal Le Monde  du 4 octobre 2008 ceci : «les membres du G4 ont appelé à la tenue d’un sommet international « le plus tôt possible » pour revoir les règles du capitalisme financier. Sur un thème qui lui est cher, le président français a tracé les lignes directrices de « cette refondation » : instauration d’un système de surveillance tous les acteurs des marchés financiers, y compris les agences de notation, les banques d’investissements et les hedge funds ; changement du système de rémunération des opérateurs de marchés, et des dirigeants ; révision des normes comptables et prudentielles pour éviter la création de bulles spéculatives ou les crises de liquidité ; renforcement du contrôle politique sur les différentes institutions internationales ; enfin mise en place d’une task force entre les superviseurs, les banques centrales et le ministère des finances. »

 Partout les Etats ont compris qu’il fallait réinjecter des liquidités. En effet d’ordinaire il y a un effet multiplicateur qui veut que les banques centrales ne soient pas les seules à créer de la monnaie (les liquidités) mais que les autres banques à leur tour créent de la monnaie par le crédit, avec un effet multiplicateur. Cependant ces derniers temps elles ont passé par pertes et profits de plus en plus de créances, ce qui équivaut à une réduction drastique de la monnaie disponible. Il est à craindre de plus que les particuliers sous le coup de la panique se mettent à retirer en masse de l’argent liquide, au risque de restreindre encore plus drastiquement la monnaie disponible, car retirer du circuit de l’argent liquide a aussi en quelque sorte un effet diviseur de la monnaie disponible, puisque cela annule la possibilité du multiplicateur évoqué plus haut.

Les Etats vont sans doute s’engager à surveiller plus étroitement la création monétaire et ce serait heureux, y compris pour la grande pauvreté, car bien des pays en voie de développement souffrent de l’anarchie financière générale, et d’une aide dispensée de façon aléatoire et imprévisible.

Finalement, puisque l’Etat américain rachète des créances douteuses, on va savoir s’il a le don alchimique, pour transformer du plomb en or et de la monnaie de singe en espèces sonnantes et trébuchantes… A mon avis, il va plutôt chercher à refourguer à d’autres, après relookage, ses brillantes acquisitions à venir!

Pour ceux qui voudraient en savoir plus on peut lire des informations sur la création monétaire par les banques sur ce site au nom peut-être mal choisi: les faux monnayeurs. Il faut remarquer cependant qu’on aurait tort de se scandaliser de la création monétaire faite par les banques, car après tout pourquoi des privilèges régaliens quand il n’y a plus ni rois ni royalistes mais des démocraties? Et puis aussi, la fameurse monnaie M0, les « espèces sonnantes et trébuchantes », ce n’est plus du sonnant et du trébuchant, ce n’est plus gagé sur l’or, ni sur le dollar, ni sur rien. C’est gagé sur la confiance. Et je dirais que la confiance est est-elle même obtenue par le travail et les justes régulations. L’autorité  n’est pas à confondre avec la peur que l’on inspire, mais elle dépend de la capacité des autres à éprouver du respect et de la confiance. Et à oublier les vieux réflexes idiots et haineux qui consistent à chercher un coupable à lyncher, n’importe qui.

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