Dans le Nouvel Observateur le 10.10.08 Valéry Giscard d’Estaing déclare: « »Quant au soutien à apporter aux banques, je dois dire que je préfère la solution américaine, celle du plan Paulson, qui va racheter aux banques leurs créances ‘pourries’ à la solution britannique, qui consiste à faire entrer l’Etat dans le capital des banques. Il est préférable de laisser opérer les banques elles-mêmes, en les débarrassant provisoirement de ces créances douteuses. ll n’y a pas lieu de déverser des fonds publics pour renflouer les établissements qui ont partiellement exercé une fonction spéculative lorsqu’ils sont à même de supporter les pertes ». Je trouve ce raisonnement très bizarre, car racheter les créances pourries tout en permettant aux mêmes d’acquérir ainsi du bon argent de la part de l’Etat (du « M0 ») c’est un cadeau, ce n’est pas un châtiment, et c’est un pousse-au-crime, d’ailleurs aujourd’hui si les bourses continuent à chuter c’est pour faire la guerre aux gouvernements et essayer de les faire chanter: « Donnez-nous plus d’argent liquide ou nous continuons à faire paniquer les petits porteurs! » On imagine même des banquiers machiavéliques poussant leurs clients à vendre leurs excellentes actions pour les racheter eux-mêmes presque aussitôt à vil prix: c’est presque comme de la vente à découvert.
Il faut comprendre qu’aujourd’hui il y a une sorte de guerre mondiale menée par des gens qui ne sont pas contents du tout de la position de gouvernements comme les gouvernements européens.Ces « vilains capitalistes » (oui, dans mon esprit de grande tolérance j’oppose d’un côté des « méchants capitalistes » et de l’autre « des bons capitalistes », vu le genre de montage auquel certains se sont livré depuis longtemps) ont surfé sur la vague de l’anti-communisme, et celle du libéralisme bêlant qui croyait que tout le monde utiliserait sa liberté pour construire de belles usines et de belles sociétés. En réalité cles « méchants capitalistes » ont fait des montages où cela rapporte plus d’argent de mettre par terre des entreprises, de vendre leurs machines et de vider leurs ouvriers que de construire. Et ils se servent pour cela de l’épargne mal placée de la Chine et d’ailleurs (celle des « bons capitalistes » -enfin, si on ne pense pas aux droits de l’homme…).
Si les gouvernements veulent gagner cette guerre il faut qu’ils se mettent d’accord au moins cinq minutes, je veux dire le nombre de jours qu’il faut pour casser la résistance des « méchants capitalistes » avec la bénédiction des « bons capitalistes » et sans paniquer les petites gens, en sachant que les « méchants capitalistes », eux, vont vouloir se servir de la panique comme d’une masse humaine très concrètement et matériellement projetée contre les gouvernements. Il faut donc espérer que le flegme désabusé de nos concitoyens, associé à un certain sens civique empêchant de retirer tout ce qu’ils ont en billets de banque (c’est très imprudent d’ailleurs, les voleurs vont adorer), va permettre aux gouvernements d’assurer à l’économie assez de liquidités sans se ruiner beaucoup.
J’ajoute que même si les actions ont baissé elles peuvent remonter assez vite ensuite et donc les pertes évoquées actuellement sont à nuancer chez beaucoup de financiers, car d’un côté ils voient leurs actions se déprécier (provisoirement sans doute pour la plupart d’entre elles) mais d’autre part sauf si les banques se font tirer l’oreille pour prêter (Ce qui serait très méchant vu toutes les garanties que leur offrent en ce moment les gouvernements et les banques centrales), ils peuvent emprunter pour acheter en ce moment une foule de bonnes actions (je ne parle pas de morale…) à des prix « irrationnellement » bas comme dirait M. Trichet.
Laisser un commentaire