Le G7 vient de promettre des garanties pour les prêts interbancaires. Ceci est très intéressant si l’on réfléchit notamment au mécanisme de compensation interbancaire.
On sait que les banques créent de la monnaie à partir de ce que leur donnent les banques centrales et les particuliers ou les sociétés. Elles utilisent donc notamment les dépôts à cet effet, pour accorder des crédits notamment.
Quand je fais un chèque, il ne faut pas croire que ma banque le convertit d’abord en billets de banque avant de donner l’argent à la banque de la personne à qui j’ai fait le chèque. Les banques économisent au maximum leurs réserves de liquidités.
C’est pourquoi a été inventé un système qui permet l’annulation en quelque sorte de la somme que je verse, sans pour autant que la personne à qui je fais le chèque soit lésée.
En effet, chaque banque chaque jour fait le bilan des chèques de ses clients. Et elles échangent leurs chèques. Supposons qu’à l’instant T l’ensemble des chèques venant du Crédit Lyonnais adressés à des comptes de la Société générale vale 100 millions d’euros et que l’ensemble des chèques venant de la Société Générale adressés à des comptes du Crédit Lyonnais vale 100 millions plus un euros, alors le seul échange d’argent liquide entre les deux banques sera de un euro donné par la Société générale au Crédit Lyonnais. Et donc dans ce cas s’il n’y avait pas des contraintes légales supplémentaires, notamment en termes d’exigence d’un fonds de réserve pour chaque banque, il suffirait que la Société Générale n’ait gardé comme argent liquide dans ses coffres qu’un euro, et le Crédit Lyonnais pas d’euros du tout.
Le mécanisme peut être assez compliqué, car il y a beaucoup de banques qui travaillent au même moment. L’argent qu’elles doivent verser à des moments déterminés correspond au solde, à ce qui reste en quelque sorte comme chèques non annulables.
Bien sûr, on peut aussi imaginer que les banques, pour ne pas tirer sur leurs liquidités, se consentent entre elles des prêts, un peu comme un joueur de poker obtiendrait de son créancier des délais de paiement. Il se peut aussi qu’une banque puisse dissimuler un certain temps à une autre banque qu’elle a des problèmes de liquidités en obtenant d’ailleurs des prêts à répétition pour payer les compensations. Or il se peut qu’à un moment de crise notamment trop de ses clients veuillent retirer de l’argent liquide de leurs comptes.
Dans ce dernier cas on peut penser que cette banque-là devrait pouvoir se confier à un gouvernementqui resterait discret, pour obtenir exceptionnellement une avance de liquidités car elle n’a pas forcément eu une mauvaise gestion de ses affaires, elle a pu être simplement victime d’une campagne de dénigrement.
Voilà un extrait d’un cours sur les finances:
 « Le pouvoir de création monétaire est limité. A n’importe quel moment, le détenteur de monnaie scripturale peut demander à être remboursé en monnaie centrale (billets). Si la banque crée trop de monnaie, elle a des problèmes pour en assurer la convertibilité .  Les risques de fuite auxquels elle doit faire face sont de trois ordres :
    les fuites en billets liées aux habitudes des usagers (achats en liquide …), lesquels vont retirer de la monnaie fiduciaire auprès des DAB (distributeurs automatiques de billets).
    les fuites en réserves : la Banque Centrale impose aux banques de second rang (banques commerciales) des réserves obligatoires, c’est à dire des comptes non rémunérés en monnaie centrale à la banque centrale. Toute banque se doit donc de conserver une étroite proportion entre sa réserve de monnaie centrale et sa création monétaire afin d’éviter tout risque d’illiquidité et donc d’assumer dans la mesure du possible un phénomène de  » défiance  » ou de  » run « . Ce critère de solvabilité a été renforcé par la réglementation Cooke adoptée le 11 juillet 1988 (qui redéfinit une norme minimale de capitaux de base ou de fonds propres – 8 % des actifs pondérés en fonction du risque -).
     la compensation interbancaire : L’argent créé par les banques commerciales ne restera pas sur les dépôts à vue de ses clients, il servira en partie à effectuer des chèques, des virements vers d’autres banques. L’argent que se devront les banques entre elles nécessitera le recours à la monnaie banque centrale.
Comment s’effectuent les opérations de compensation entre banques et pourquoi leur pouvoir de création monétaire se trouve-t-il limité ?
D’abord les banques annulent un maximum de leurs dettes et créances réciproques (chèques émis par chacune d’elles, remis à ses concurrentes par ses clients).
On procède aux échanges bilatéraux (entre établissements pris deux à deux), puis à un arbitrage multilatéral (si A doit 100 à B qui doit 100 à C qui doit 100 à A, on annule les chèques). Les dettes non compensées sont honorées en monnaie banque centrale (billets). »
Voici aussi un extrait d’un règlement algérien: « Compensation des chèques et autres
instruments de paiement de masse
Règlement de la Banque d’Algérie n°05-06 du au 15 décembre 2005 »
« f) Gestion de la compensation
Art.32.- Tous les jours ouvrés, le système ATCI
apparie et effectue le calcul de la compensation
multilatérale de l’ensemble des valeurs qui ont été
traitées et qui n’ont pas été annulées par le participant
remettant ni rejetées par le participant destinataire
dans les délais réglementaires.
Art.33.- Une fois la compensation multilatérale
effectuée, le système envoie une information aux
participants portant sur leurs soldes conformément
aux modalités prévues dans le « Guide utilisateur ».
Ensuite, le CPI annonce la fermeture de la journée
d’échange.
Art.34.- Au cours de la journée d’échange, le système
calcule les soldes bilatéraux débiteurs de chaque
participant et les en informe. Lorsqu’un solde
bilatéral atteint la somme maximale prédéfinie, le
centre de pré-compensation interbancaire informe
le participant concerné qu’il ne peut plus effectuer
de remises susceptibles d’augmenter son solde débiteur
tant que celui-ci reste à son niveau maximal. »

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