C’est une situation étrange cette année que toutes ces élections presque en même temps au Moyen-Orient. En Irak d’abord, puis en Israël, puis bientôt sans doute chez les Palestiniens (le refus de prolonger une trêve chez le Hamas était sans doute lié au refus de procéder aux élections dans l’Autorité palestinienne qui lui auraient été défavorables. Il a espéré qu’une guerre contre Israël lui donnerait de meilleures chances face au Fatah). Il y a aussi en juin les élections en Iran qui rameneront peut-être, comme on peut l’espérer, un homme plus modéré à la présidence, par exemple Katami qui se représente (il n’empêche que le chef suprême dans les institutions iraniennes est le « Guide de la révolution islamique »).

 Parlons d’abord du bilan des élections en Irak.

 Elles sont très importantes et très intéressantes car c’est la première fois que les Sunnites votent (ils avaient boycotté les précédentes élections en 2005). Les Kurdes avient des chances d’être les grands perdants de cette élection. Et en effet leur chef Massoud Barzani défendait les structures autonomes des provinces contre un premier ministre accusé de trop vouloir centraliser le pouvoir au point de devenir un dictateur. En réalité on comprend bien que l’Irak ait besoin de plus d’unité, par réduction progressive de la rébellion mais aussi par intégration plus grande des diverses populations à l’oeuvre d’Etat commune. Les Kurdes ont pu bénéficier du boycott des élections par les  Sunnites pour s’étendre un peu en remportant à l’époque les élections dans la province de Ninive et Mossoul, mais cette année les principales tribus de la région majoritairement sunnite avait fait une alliance d’une quinzaine de partis, la liste Hadba, avec pour candidat Athil al-Nujeifi. Cette province connait une forte présence d’Al Qaida et d’autres groupes d’insurgés et terroristes. Les Kurdes portestent contre la création par le gouvernement de « comités de soutien », composés de membres des tribus qui se sont mises à lutter et résister contre Al Qaida. En effet selon les Kurdes un certain nombre de personnes qui se sont enrôlées dans ces forces d’appui au gouvernement et à l’armée irakienne sont des « criminels impliqués dans Anfal », c’est-à-dire dans la campagne qu’avait lancée il y a vingt ans Saddam Hussein contre la rébellion kurde où plusieurs dizaines de milliers de kurdes furent tués et des villes rasées. Mais le gouvernement irakien a eu beuacoup de chance de voir se rallier ainsi beuacoup de tirbus à sa lutte contre Al Qaida et un certain nombre de chefs de ces tribus ont payé de leur vie cette résistance au terrorisme, mais grâce à ce ralliement al Qaida n’a plus beaucoup d’importance en Irak et ces élctions devraient renforcer la présence de l’Etat et la force du gouvernement provincial, aujourd’hui tenu par Duraid Kachmoula, accusé d’être une marionnette des Kurdes par ses détracteurs.

Les résultats définitifs ne sont pas encore proclamés mais déjà certains chiffres sont significatifs: selon El Watan (2 février 2009)  » La participation la plus élevée a été constatée dans la province sunnite de Salaheddine avec 65%. Signe du retour aux urnes des sunnites, les provinces d’Al-Anbar et de Ninive ont atteint respectivement 40% et 60%, contre 1% et 15% en 2003. En revanche, dans les provinces chiites, la participation n’a pas dépassé les 61% et à Baghdad elle tourne autour de 40%. Si le Premier ministre n’était pas candidat, il semble avoir réussi à s’imposer dans ce scrutin face au tout puissant Conseil supérieur islamique d’Irak (CSII) d’Abdel Aziz Hakim et aux partisans du leader radical chiite, Moqtada Sadr. Sa liste est arrivée en tête dans six des neuf régions chiites les plus peuplées du pays et à Baghdad, selon des résultats partiels. »

En Israël les élections auront lieu demain 10 février au lendemain du « nouvel an des arbres ».

Le paradoxe de l’évolution des idées des Israéliens est que si de plus en plus de gens, et donc la grande majorité des Israéliens, sont maintenant pour la création d’un Etat palestinien regroupant les habitants des territoires de Gaza et de Cisjordanie, le mouvement va même trop loin chez beaucoup, qui votent pour ceux qui voudraient voir partir d’Israël toute la population non-juive, notamment tous les « Arabes ». On voit par là combien Israël souffre de l’acharnement idéologique et économique contre les populations du Nord d’Israël, longtemps très à gauche et sympathisantes des idées communistes et socialistes, qui avaient réussi à convaincre les musulmans à l’époque de ne pas partir et de rester dans l’amitié avec les Juifs. Plus ces nobles idéaux se perdent, plus la société israélienne risque de se dissoudre en minorités tribales sans idéal. On voit déjà comment le mouvement d’extrême-droite de Liebermann Israel Beitenou ( qui veut dire « Israël c’est chez nous ») exploite le tribalisme des russophones pour gonfler ses scores en se présentant comme le parti qui défend les intérêts des « Russes ». On a à côté de cela les partis arabes et puis le parti sépharade Shass, et donc on se retrouve avec trois partis ou disons quatre partis principaux à s’occuper vraiment d’Etat et de bien public plutôt que d’intérêts privés, tribaux, communautaires: le Meretz (un peu populiste parfois dans sa version du « laïque »), les Travaillistes (Avoda), Kadima ( ce qui veut dire « en avant! »), et le Likoud qui cherche à faire penser aux électeurs centristes qu’il est moins proche de l’extrême-droite qu’avant,soit un espoir de 80 sièges pour des gens un peu préoccupés du sort de l’Etat et de la démocratie. Soit un peu plus de la moitié seulement des sièges de députés. Là encore comme en Irak on aurait envie de dire que l’Etat aurait besoin d’un peu moins de tribalisme et d’un peu plus de sens civique.  Certains électeurs de centre-gauche pourraient voter pour Kadima afin d’éc arter Netanyau. La bataille des mots fait rage entre le parti Chass et le parti Israel Betenou car Israel Betenou se vante de ce que désormais la moitié de ses électeurs ne soit pas russophones, signe qu’il attire les voix des électeurs du Chass, peut-être effectivement plus préoccupés d’extrême-droite que de démocratie quand ils oublient leurs intérêts communautaires.

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