Dans le Talmud, Traité Meguila (11a), il est question d’un peuple qui a bien cherché son sort. « Rech Laqich introduisait la lecture [d’Esther] avec le verset suivant: « Un lion rugissant, et un ours grondant, voilà à quoi ressemble un méchant [régnant] sur un peuple-dépourvu » (דל) (Proverbes 28, 15). […] « Sur un peuple-dépourvu » : c’est Israël, car ils étaient dépourvus de mitzvot ». Rabbi Eleazar introduisait la lecture avec le vers suivant : « A cause de la paresse le plafond s’effondrera, et à cause de l’oisiveté des mains la maison tombera » (Ecclésiaste 10, 18). « A cause de la paresse des Juifs » : parce qu’ils ne se sont pas engagés dans l’étude, nous ferons que, celui qui hait le Saint béni soit-il, il soit pauvre (מך). Et מך ne veut rien dire d’autre que pauvre (עני). Comme il est dit : « Et s’il est trop pauvre (מך) pour ton assignation. » (Lévitique 27, 8 ). »
Ce court extrait du Talmud nous dit deux choses:
Un peuple qui ne respecte pas la morale (« dépourvu de mitzvot » veut dire que ce peuple néglige de respecter les règles de la morale, et pas seulement les préceptes de ce qu’on appelle aujourd’hui la religion) héritera d’un chef ou d’un gouvernement barbares, tyranniques, qu’il les ait élus ou pas.
Ce peuple par sa méchanceté sera condamné à la pauvreté, au dénuement.
Il est étonnant que l’Eternel qui travaille tellement dans la Torah à éliminer la pauvreté de la société idéale qu’il souhaite pour son peuple puisse être ici considéré comme voulant la pauvreté, même pour son peuple de prédilection. Nul individu ne peut croire que s’il néglige la morale son immoralité n’aura que peu de conséquences: si chacun pense cela pour lui c’est au niveau d’un peuple entier que quelque chose va se perdre. Et ce qui se fera d’abord c’est le passage de la démocratie à la tyrannie la plus abjecte. Et c’est seulement alors qu’intervient selon le texte la providence divine, car il serait beaucoup trop dangereux qu’en plus d’être un peuple immoral dirigé par un tyran ce peuple soit riche et puissant au point d’une part de risquer de corrompre d’autres peuples autour de lui (comme l’Irak de Saddam Hussein tenta de le faire), et d’autre part d’utiliser sa richesse pour se surarmer et devenir hyper-dangereux militairement (comme l’Iran veut le faire).
Que l’on croie ou non à la providence divine, on ne peut qu’approuver une force ou un ensemble de forces qui arriveraient à ramener à la pauvreté un peuple aussi mal parti, afin qu’il bénéficie alors de toute l’aide et la compassion que la Bible enjoint d’avoir à l’égard du pauvre (ani ou evion). C’est un peu ce qui arriva à l’Allemagne nazie, réduite à la grande pauvreté par l’offensive des alliés puis bénficiant de la compassion et se ressourçant dans la moralité, jusqu’à être aujourd’hui ce grand peuple démocratique et moral jouissant d’une grande richesse, et cherchant la paix partout dans le monde.
Mais quel Etat et quel pays pourra s’installer dans le rôle de juge d’un peuple? C’est bien difficile.
Répondre à bois au brésil » Pauvreté : certes la Bible est pleine de compassion pour les … Annuler la réponse.