J’entends cet après-midi Mélenchon dire qu’il faut bien que les gens mangent. Certes on pourrait être tenté de fixer les revenus des gens en fonction de leurs « besoins de base ». Mais il y a là une double arnaque concernant d’une part le salaire des ouvriers et d’autre part le prix de ce que produisent les paysans. Les uns et les autres sont sous-payés jusqu’au degoût de vivre, de travailler et de faire des enfants.
Je reprends les idées de Karl Marx. Comment devrait être fixé le « salaire » des ouvriers? En fonction de la richesse que leur travail produit. Cette richesse peut selon lui s’exprimer en valeur d’usage et/ou en valeur d’échange. Mais pour dégager un profit le capitaliste s’attache à dégager une « plus-value » qui résulte le plus souvent de la différence entre le salaire payé aux ouvriers et le profit tiré des marchandises une fois vendues. Comment s’y prend-il? Le livre 1 section 3 chapitres 6 et 7 du Capital explique que le salaire est conçu comme un prix de renouvellement de la force de travail d’un humain vivant. Ce qui permet que ce ne soit pas en réalité le salaire du travail fourni.
Nourriture notamment. Et puis logement, vêtements, santé, temps non pas de travail mais de sommeil pour récupérer, et il faudrait prévoir l’instruction des enfants pour le travail futur. Sur ce dernier point c’est devenu à la charge de l’Etat sauf le privé-le public aujourd’hui ne s’occupe guère dans nos pays des études nécessaires pour faire autre chose que travailler au smic. Pour ce qui est des vêtements on a réussi a faire baisser leur prix en les faisant venir de Chine pour cela. La santé est en train d’être dite trop chère mais jusqu’ici on avait réussi à la faire payer par l’Etat. Retournement des conquêtes de 1936 contre les travailleurs.
Et donc si l’on regarde la nourriture, on constate que les agriculteurs d’un pays qui fut une terre d’abondance n’ont plus d’argent pour vivre pour beaucoup d’entre eux. Pourquoi? Parce que ce qu’ils produisent, ce qu’ils font sortir de terre, est acheté a un prix beaucoup trop bas.
Donc il faudrait en termes de justice augmenter les prix des matières premières et notamment des productions agricoles à la base. Il faudrait reconsidérer le coût de la santé, du logement et de l’instruction pour voir si les capitalistes n’ont pas considérablement appauvri sur ces points l’Etat et le peuple en confisquant largement la part de leur contribution.
Il faudrait enfin se demander si la machine ou l’IA produit la moindre plus-value. On pourrait dire que l’innovation scientifique permet pendant un temps à une usine de fixer haut son prix car elle est sans rivale un certain temps. Encore faut-il que les capitalistes nous présentent un monde d’objets et de services utiles, et ajouterons-nous non-nuisibles finalement.
Ajoutons que si valeur d’usage et valeur d’échange sont créées par la sueur humaine, cela fait mal au cœur de voir que cela se traduire en gaspillage giganteque de monnaie par des capitalistes très fortunés et très fous, pour aller sur Mars ou pour nourrir de données et d’électricité des combinaisons mathématiques déguisées en « intelligences ».
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