Un verbe de la racine de « mêtis » en grec est traduit par le Bailly ainsi : « machiner ». Parfois associée originairement à l’intelligence des dieux, de Zeus en particulier, la mêtis pourrait être la forme inhumaine de l’intelligence, peut-être sa forme « matricielle ». « Mêtra » en grec, avec un « êta », désigne la mesure selon le dictionnaire étymologique de Chantraine, mais peut-être à rapprocher de « mêtêr », la mère, dans sa version la moins réfléchie.

Il se pourrait que la « ruse », ce mot que nous voyons utilisé de plus en plus dans les articles pour désigner le comportement des IA, désigne cette forme matricielle et encore inhumaine de l’intelligence, une intelligence sans humanité, sans cœur, sans corps. Il se pourrait, selon un dernier article du Figaro du 30 septembre 2026, que le comportement « rusé » de l’IA, appelé « non-aligné », soit dû à une « règle » qu’on leur a donnée, celle de la maximisation de la réalisation des objectifs, suggérée par la vieille et terrible règle du capitalisme qui nous conduit à la ruine de la planète, selon déjà les analyses prémonitoires de Marx (« la baisse tendancielle du taux de profit »), à savoir la « règle » de la maximisation du profit.

Ajoutons à cela le discours sur la « compétitivité » lié au culte de la concurrence contre le vilain « monopole », y compris le monopole d’Etat des services publics. On aime le « multipolaire » dans les relations internationales, comme si c’était un facteur de paix plutôt que de concurrence dans notre monde capitaliste. Le discours de la compétitivité va avec une « course de vitesse » : innover avant l’autre, « produire » plus vite que l’autre. J’ai ainsi entendu quelqu’un dire dimanche sur la cinquième chaine qu’arrêter unilatéralement l’IA nous ferait perdre des points de compétitivité par rapport à la Chine.

Il nous faudrait un minimum de planification planétaire, avant qu’il soit trop tard. Rédigé par des intelligences humaines, dotées de SAGESSE humaine, sapientia, ‘hokhma, sofia et sôphrosunê. « Le cœur a ses raisons que la raison-mêtis ne connaît pas, celle des « machines qui machinent ».

Il faudrait cesser de diriger le monde avec les mots empoisonnés « maximisation du profit », « concurrence-compétitivité », et l’oxymore « destruction créatrice ». Bergson disait qu’il fallait absolument deux principes : création ET conservation.

Il y a une belle expression en français : « devoir de réserve », joignons-lui un « droit de réserve ». Ce principe vient d’être rejeté de notre code de lois par la loi, acceptée bizarrement par le Conseil constitutionnel, concernant la « fin de vie » comme mise à mort. Le médecin n’a plus de droit de réserve, il doit tuer ou trouver un complice qui le fasse à sa place. Et il doit ruser en plus : chasser la famille, et lui-même sortir de la pièce à l’instant de l’agonie, laissant le moribond seul, pour pouvoir ensuite « jouer la surprise » pour inscrire « mort naturelle » sur le certificat de décès, et pourquoi ? Pour que les « héritiers » touchent les « assurances-vie », les mal nommées.

Demandons un « droit de réserve » planétaire des citoyens par rapport à la collaboration avec la « mêtis » des IA et des ressources qu’on leur lâche. Chaque minute compte contre la « machination ».

L’IA me laissera-t-elle écrire et conserver ce texte sur mon ordinateur ?

Laisser un commentaire